Ibidem, l. II, p
3. Sur celte question qui ne dura qu'un instant, etdontles adversaires de la Révolution ont trop abusé, voir Guillaume. {IHd.y t. II. p. 32 et suivantes.)
tion fit ses trois lois d'enseignement : celles de Tan II, de Tan III, de Tan IV, lois contradictoires et variables selon que la liberté d'instruire y était prise en un sens ou dans l'autre, et, par leur contradiction mâme, fatales à Tinstmction nationale*
Dans les décrets de la Convention, comme dans les travaux préparatoires des Assemblées précédentes, le double courant de préoccupations budgétaires ou théoriques qui, avec Mirabeau ou Condorcet, avecBouquier et Lakanal, détourna la Révolution de la législation souhaitée par la nation, ce fut toujours la liberté d'enseignement. Alors cette hberté triompha au temps du Directoire, sans que la France Teût demandée, et les écoles de l'ancien régime qu'elle avait condamnées bientôt se reconstituèrent contre les rares maisons d'enseignement qu'elle avait obtenues à grand'peine d'assemblées décidément rebelles à ses vœux.
C'est un triste tableau, en vérité, que celui de
l'instruction [>ublique aux dernières années de la
Révolution. Les traits dont il se compose sont
partout, dans les rapports et les discours des
députés Barbé-Marbois et Chazal S Chollet et Lu-
1 . Barbé-Marbois, rapport aux Anciens, Moniteur. (3 avril 1795, t. XIV, p. 773.) — Motion de Chazal, 8 octobre 1797. {IMd.y t. XVII, p. 67.)
60 LA LIBERTâ D*ENSBIGNBMBNT
minais. Heurta at-LamemlIe et Sauthonax; dans les circulaires ministérielles de Letourneux elles messages du Directoire^, enfin dans les rapports des préfets de Tan IX^ et même dans la correspondance des évêques^
Les écoles primaires, dont TÉlat s'est désintéressé, n*ont ni maîtres, ni locaux, ni élèves : les départements et les familles les ont abandonnées, et l'industrie particulière qui en demeure chargée fournit un personnel sans savoir, que la cupidité seule recrute. Voilà les bienfaits de celte liberté d'enseignement par laquelle, selon le mot de Bonaparte, « on lève une boutique d*enseignement, comme on lève une boutique de draps i. LesEcoles centrales entretenues par TÉtat, mais mal, sans maîtres préparés à leur tâche, ont grand'peine à soutenir la concurrence des pensions qui ne valent guère mieux, mais dont les chefs emploient pour réussir auprès d*une bourgeoisie portée vers la
1. Arrêtés du Dirccloire des 7 brumaire et 17 pluviôse an VI. (27 nov, 1797 et 5 février 1798.) — Circulaire de Letourneux du 24 mars 1798. {MoniUur du à germinal an VI.) — Message du Directoire du 24 oclor)re 1798. (Voir A. Duruy, l'Instruction publique et la Révolution,) - Gréard, Législation de renseignement primaire depuis 1789, 1. 1^, p. 147 et suivantes.
2. Voir Buisson, Dictionnaire de Pédagogie : Statistique des Préfets.