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exclus des collèges royaux^ et des séminaires dont les élèves De devaient jamais dépasser vingt mille pour les besoins du sacerdoce; les congrégations non autorisées chassées des écoles primaires. c( C'est le commencement de la persécution », s'écriaient les feuilles religieuses ^ < La Révolution triomphe. »
Ce ne fut pas l'avis du pape Léon XII qui ordonna la soumission aux Évéques^. La première campagne de Lamennais se fût terminée sur celte défaite, si, contre la Royauté, contre l'Église de France et le pape lui-même, il n'eût trouvé la ressource plutôt imprévue d^une alliance décisive, celle des libéraux les plus avancés, ennemis tacites ou déclarés des Bourbons, hostiles aussi à Talliance de la monarchie et de TÉglise, de la gauche^ en un mot.
Depuis les Ceot- Jours, les hommes delà gauche demeurés fidèles à la tradition et aux programmes de la Révolution avaient réclamé à Kapoléon libéral l'exécution du vœu formé par la nation en 1789, une éducation publique qui ne fût pas réduite aux lycées, une instruction élé-
i. La Gaulle de France, 18 juin 1828 — rAtni delà Religion, 18 Juin 1828. — La Quotidienne, 25 Juin 1828. 2. Correspondance de Lamennais, 1. 1, p. 474.
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mentaire commune et nécessaire à tous les citoyens dans un pays libre ^ Ministre de Tintérieur, Carnot n'avait pu obtenir de l'Empire à la Teille de Waterloo qu^il organisât l'instruction primaire : du moins avait-il fait décider, le 27 avril 1815, une sorte d'école d'essai, ébauche d'école normale, qui pût servir à préparer des maîtres primaires. Des nécessités de budget obligeaient ce gouvernement libéral, comme la Constituante, à recourir à l'industrie privée, à l'initiative des communes encore pour subvenir aux besoins de la nation. Mais il connaissait les inconvénients de ce régime et essayait de les corriger. Le retour des Bourbons, avec eux un budget monarchique plus fermé que jamais à l'instruction primaire engagèrent davantage les démocrates dans cette voie : Tindustrie, Tinitiative privée étaient désormais leur ressource unique. Carnot, de Laborde, Larochefoucauld-Liancourt, de Lasteyrie constituèrent la Société pour Vins^ truction élémentaire. l\^ imaginèrent d'emprunter renseignement mutuel aux méthodes lancastériennes, pour réduire au minimum les « 25 millions qu'il aurait fallu dépenser pour instruire
1. Brouapd, Histoire de VInstruction primaire^ p. 7. — Carnot^ dans le Dictionnaire de pédagogie de Buisson.
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3 millions d'hommes » et, à défaut de maîtres poar se procurer des moniteurs à bon marché.
Comme au début de la Révolution» la question financière allait déterminer la doctrine. C'était bien le cas de répéter, avec Talleyrand, que les taxes imposées, les droits exercés par une Université monarchique sur toutes les écoles, que la faveur accordée par Tordonuance de 1816 aux écoles congréganistes, quand l'État ne faisait rien pour Tinstruction primaire, étaient c des privilèges absurdes et odieux *. De quel droit la puissance publique, laissant à l'industrie privée la charge des écoles, venait-elle en réclamer les profits, gêner certaines initiatives, favoriser les autres? C'était bien le moins que les particuliers, apportant à la nation ce qu^elle attendait et n'obtenait point de TÉtat, fussent libres de leurs efforts et de leurs ressources.
Dès 1817, les journaux libéraux se prirent à critiquer (Dunoyer dans le Censeur européen, B. Constant dans le Mercure de France)^ le monppole universitaire, la surveillance catholique des Comités cantonaux et des autorités sur les écoles privées *. Ils invoquèrent tour à tour les
1 . Le Censeur européen^ t. VI, p. 50 à 120.— B. Constant, Delà Juridiction universitaire, octobre 1816, p. 56.
\M LA UBSKTÉ D*KICSBIONBliKNT
arguments des Constituants et de Condorcet, les bien&its de la concurrence, les droits des pères de famille, la liberté des opinions. A mesore que leur oeavre souffrit davantage de l'infloence de la Congrégation, pendant dix années et surfont an temps de Villèle, leur impatience grandit contre les abns du monopole universitaire. « La loi qui tuera ce monopole disait un journal pourtant modéré , les DébatSy sera la première accueillie par le suffrage universel » (27 juin 1828). Le Globe réclamait en bloc la suppression du monopole, du privilège et de toute autorisation préventive, la liberté absolue de renseignement ^.
L'ordonnance Martignac, quoique hostile aux jésuites, ne désarma point leurs colères ; leurs plaintes ne cessèrent point. Si le cabinet libéral de 1828 favorisait moins les écoles religieuses, s'il accordait plus d'autorisations aux écoles laïques, si par la loi de 1826 il les soumettait à une surveillance moins dure que celle des Comités cantonaux, aux Conseils d'arrondissements moins dépendants de rÉglise, si enfin, il protégeait les institutions libres contre des retraits arbitraires
i . Débats, 27 juin 1828. — Globe, 21 juin 1828.