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CHAPITRE III

LES CONCORDATS SCOLAIRES OUiZOT, THIBRS ET FALLOUX.

Lorsque la liberté de l'enseignement reparait, après trente- cinq ans, dans une loi française, dans\ la Charte de juillet, le parti catholique, qui l'avait réclamée depuis 1815, n'y fut pour rien. Les principaux auteurs de la Charte réformée môme les vainqueurs, comme Royer-Collard s'appelait lui et ses amis, de Broglie, Guizot, Augustin Périer, Villemain, Delessert n'avaient point inscrit d'abord dans leur projet cette réforme trop contraire à leur politique. Elle fut l'œuvre d'un député du groupe LafQtte, de Bérard, qui depuis le 6 août en fit une de ses principales revendications, s'y attacha, et l'obtint par le concours de ses amis libéraux et républicains, Manuel, Salverte, B. Constant, Dupont de l'Eure *. La résis-

1. Bérard, Souvenirs historiques sur la Révolution de 4850. Paris, 1834, p. 219. — De Sarrans, Lafayette et la Révolution de 48S0. 2 vol., 1833. — A. Fabre, la Révolution de 4850, — Duvergier de Hauranne, Histoire du Gouvernement parlement taire, t. X. — Weill, Les Républicains et V Enseignement sous la Monarchie de Juillet. (Revue Int., 16 janvier 1899.)

tance des doctrinaires fut telle qae d'ailleurs le principe ne fut inscrit ni dans le droit public des Français, ni dans le corps même de la Charte, mais ajouté à l'acte constitutionnel comme un engagement complémentaire de la royauté ^

Cet engagement, tant de fois rappelé à Louis- Philippe par les adversaires de l'Université, n'a presque jamais, au cours des polémiques et des crises, été rappelé exactement, à dessein peutêtre : omission singulièrement utile, celle qui faisait croire à la France et lui fait croire encore que, retrouvant les titres de la Révolution de 1789, le législateur avait inscrit au même rang la liberté de la presse et la liberté de renseignement ! On a trop oublié de dire que la Charte de 1830 avait promis une « loi sur l'instruction publique et la liberté d'enseignement »•

Qu'attendait-on de cette loi, qu'attendait la gauche surtout du nouveau roi, qui la faisait espérer dans le plus bref délai ? Dès le 16 octobre 1830, elle l'a dit : c Des mesures propres à hâter les progrès et l'amélioration de l'instruction élémentaire dans toutes les communes de France, l'emploi de meilleures mé-

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