ArcA. Parlem., lie série, t. LXVI, p. 234 et
3. Une Commission alors fut nommée par ordonnance du 3 février 1831 pour examiner les lois et décrets concernant Plnstruction publique (Gréard, 1, 391). .
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par certaines vues politiques, le programme imposé en 1830 à la monarchie par les députés de la gauche.
Pour ces députés, fidèles à la première et principale tradition de la Révolution française, l'œuvre à réaliser, prescrite par la Charte, ce n'était pas, en matière d'enseignement, d'abord la liberté, mais Tinstruction nationale, une instruction vraiment publique par sa nature et par son objet. Comme les Constituants, ils rentraient en communion d'idées avec la nation ; ils retrouvaient ses vœux négligés parles réfrimes monarchiques^ Ils savaient aussi la difficulté de constituer le budget nécessaire : ils le demandaient aux communes, aux départements, à l'État. Ils escomptaient enfin, comme Talleyrand, les initiatives particulières, fondations, donations ou legs, action des Sociétés d'instruction populaire qui depuis 1828 s'étaient développées : la Société d'instruction primaire du Rhône, la Société établie à Angers pour l'enseignement mutuel, la Société fondée en 1829 pour l'encouragement de l'instruction primaire parmi les protestants, les Sociétés catholiques également.
Et alors, ils supprimèrent par une conséquence logique que Talleyrand avait fortement marquée
les entraves dont un État, faisant appel aux parti* culiers, ne pouvait plus charger leurs écoles, l'autorisation et la taxe surtout. Ils proclamaient la liberté moins comme un principe que comme un moyen de développer l'école et d'éclairer la nation, de réduire à 2 millions une dépense d'État qui s'élève aujourd'hui à près de 150 millions. Leur pensée a été réalisée dans ces 24,000 écoles communales qui en 1847 couvraient le territoi re français pourvu en 1830 de 9,000 écoles seulement, dans ces Écoles normales portées de 1830 à 1836 de 14 à 74, dans le personnel des maîtres et des inspecteurs primaires désormais constitué par l'État, les communes ou les particuliers.
Mais quand elle se réalisa, leur pensée fut déna tarée par les alliés que, pour lutter contre un Gouvernement indifférent et hostile, ils s'étaient donnés à la veille de la Révolution *. La confusion que la coalition de 1823 entre la droite et la gauche avait créée, le mélange des arguments employés tour à tour par les partis servirent les desseins du parti catholique. Tandis que, maîtres du pouvoir,
1. Pour relrouver nettement cette pensée, voir dans Particle <le Weill, cité p. 111, les opuscules et les articles consacrés à l'enseignement par le parti républicain de 1830 à 1840.
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les hommes da mouv^ement créaient une vaste entreprise d'instruction publique et y employaient la liberté comme un moyen indispensable, les catholiques la réclamèrent comme un droit naturel; antérieur à toute constitution, et prétendirent aussitôt Texercer, sans même attendre la loi. Leur journal, /'ili^^mV exigeait la liœncede l'école comme celle de la presse ^ Montalembert, avec Lacordaire et leurs amis de V Agence pour la défense de la liberté religieuse^ oayrSiiilelmsLiiSSi une école, en déclarant que « la liberté se prend, et ne se donne pas » .
Leurs exigences arrachèrent à Guizot des
concessions que le projet rédigé par les hommes de la gauche en 1831 ne leur avait pas accordées* : qu'avait donc de commun avec la liberté l'intervention du curé dans l'enseignement de l'école, son droit d'y opposer, « comme un prin-
1 . Lecanuel, Montalembert, p. 100 et suivantes. — V»» de Meaux, Montalembert^ 1897. — Montalembert, Œuvres et préface particulièrement, enfin sa Défense de l'école libre devant la Cour des Pairs, — Tliupeau-Dangin, VÉglise et l'Étal sous la Monarchie de Juillet, 1880. — Debidour, Rapports de VÉglise, etc., Ctiapitre III.
2. Consulter lejournal VAvenir^X.l, p. 230 à 2 42.— L'Agence avait été constituée dans les bureaux de ce joupnni, le 18 décembre 1830 ; elle publia le procès de V Avenir pour la propagande. (Grimaud, Histoire de la Liberté d'Enseignement, p. 207-232.)
3. Projet présenté le 3 janvier 1833. (Arch, Parlem., !!• série, t. LXXII, p. 130.)
cipe d'ordre et de règle, la religion au développement intellectuel * » ? Pourquoi la suppression des écoles publiques de filles laissées aux congrégations* ? Et pourquoi surtout, dans le texte, l'instruction privée se trouvait-elle placée au premier rang, l'instruction nationale reléguée au titre III, comme si le grand objet de la loi était la conquête de la liberté, et non Torganisation d'un enseignement national ?
Dans cette législation destinée en apparence à acquitter les promesses de la Charte, se marquaient, dissimulées par des protestations de droit, des tendances tout autres que le souci de la liberté et l'esprit même de la Charte. L'auteur les a lui-même avouées, quatre ans plus tard: « l'État devait à TÉglise non seulement la liberté, mais la protection et la bienveillance, et l'autorité publique devait prouver aux catholiques qu'il voulait loyalement et sincèrement la durée, la dignité, et Vextension du pouvoir moral et social de la religion et de ses dépositaires*. »