‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 59 sur 103 · Falloux, Mémoires d'un royaliste, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Falloux, Mémoires d'un royaliste, 1. 1, p

4. Discours à l'Assemblée du 19 janvier 1850 (Lesur, p. 61) : « La gloire de ce Concordat revient à M. de Falloux. »

5. Discours du 18 janvier 1850 (Lesur, Ibidem), Enfin la note de Montalembert dans son Journal : « Nous sommes bien justifiés de notre conflance. »

commencé, Thiers l'acheva. La Gonstitation de 1848 servit ses calculs, comme la Charte de 1830 avait aatorisé la diplomatie de Guizot.

Certes, l'article 9 disait : « L'enseignement est libre. » Mais en vain le parti catholique avait-il essayé d'insérer cette déclaration dans le préam* bule des Droits et des Devoirs des Français, antérieurs et supérieurs aax lois sociales. Une fois de pins, ce que d'abord la nation avait proclamé, à lart. 7 de ce préambule, c'était l'obligation du Gouvernement « de mettre à la portée de chacun Finstruction indispensable à tous les hommes », le droit de l'individu non à l'enseignemeut, mais à l'instruction. Chaque fois que, depuis soixante ans, la France a été consultée librement, qu'aucune préoccupation extérieure, aucune intrigue n'ont troublé Texpression de ses vœux en matière scolaire, c'est toujours le même appel au législateur, le même souci de l'élève plus que du professeur, de Tenfant plus que du père de famille.

Quant à la liberté, et au droit naturel d'être "professeur, selon la définition de J. Simon, ce fut encore un article secondaire, dont les catholiques, comme après 1830, trouvèrent le moyen de faire l'article essentiel, ou « les promesses solennelles de la Constitution de 1848 ». Toujours le même sa-

criflce à la liberté d'enseignement^ de rinstruction nationale, du projet Carnot sur Tinstruction gratuite et obligatoire dont on ne reparlera plus jusqu'à Duruy, comme du projet Barlhe en 1831, et ainsi de la promesse essentielle, capitale des deux Révolutions. Cette noble évocation de la liberté naturelle masqua la reprise des négociations commencées en 1832 par Guizot. Thiers s'apprêtait à mettre, comme il l'a dit, « sa main dans celle des catholiques qu'il avait combattus, qui l'avaient combattu * ».

Nul n'avait plus que Thiers en 1844 défendu la grande institution de l'Université, affirmé plus haut c( que l'esprit de la Révolution voulait une jeunesse élevée par des laïques animés de l'amour de nos lois, jamais par des congrégations ».Le 21 mai 1848, « l'enseignement Carnot, avec au delà un enseignement Blanqui », modifia tout à fait ses intentions et son langage. Il déclara, sur le terrain religieux, avoir fait, avec ses amis totalement fausse route. « Je porte ma haine là où est l'ennemi, la démagogie. Je ne lui livrerai pas rétablissement catholique. Quand l'Université représentait la vieille bourgeoisie française, oh, alors ! je voulais lui sacri-

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