‹ La liberté de conscienceChapitre 74 sur 269 · PARTIE I. ^HISTOIRE · texte numérisé non relu

PARTIE I. ^HISTOIRE

se convertir 1 . D’autres erraient par les chemins, sans asile, traqués comme des bêtes, ou parvenaient k s’expatrier sous des déguisements. Le roi enfin, pour porter le dernier coup, signa à Fontainebleau, le 22 octobre 1685, la révocation de l’édit de Nantes 2 .

Louis XIY, en révoquant l’édit de Nantes, n’ordonna pas aux protestants de se faire catholiques ; il reconnaît lui-même dans l’édit révocatoire que l’abjuration ne peut être prescrite par une loi 3 . Il ne s’attribue que le droit de défendre l’exercice du culte 4 , de chasser les ministres sous peine des galères 5 , de faire baptiser les enfants 6 , et de contraindre les nouveaux convertis à persévérer 7 . Il ne permet pas d’acheter la liberté de conscience au prix de l’exil. Les ministres seuls ont le choix entre l’exil, la * conversion ou les galères ; les simples fidèles sont contraints de rester en France, et de renoncer au moins extérieurement à l’exercice de leur religion. Il fallut aussitôt prendre des mesures contre la dépopulation de la France. Dès le 5 novembre 1685, on prononça des peines terribles contre les officiers de navires et bateliers qui favorisaient l’émigration. Les femmes des nouveaux con-

4. On mettait des inspecteurs à la porte des églises pour connaître ceux des nouveaux convertis qui les fréquentaient ou non. L’instruction du 8 décembre 4680 porte que cette mesure n’a pas produit de bons résultats et qu’on y renonce.

2. Voyez, sur toute cette persécution, P Histoire des réfugiés protestants de France , depuis la révocation de V Édit de Nantes } par M. Charles Weiss, 1. I, chap. il et in.

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