‹ La liberté de l'enseignementChapitre 6 sur 26 · LOI DU 28 MARS 1882 QUI REND L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE OBLIGATOIRE · texte numérisé non relu

LOI DU 28 MARS 1882 QUI REND L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE OBLIGATOIRE

L'enseignement public est gratuit, le clergé est chassé du Conseil supérieur de l'instruction publique et des Conseils académiques1, les instituteurs et institutrices sont formés dans des écoles normales d'où Dieu est à peu près banni, les Congrégations enseignantes et les écoles libres sont en butte à des tracasseries et à des vexations sans nombre. C'est le moment pour les Loges de jeter enfin le masque et de mettre Dieu hors de l'école publique par laquelle devront passer la plus grande partie des enfants de France de six à treize ans. — Tel est Je but de la loi du 28 mars, si justement appelée loi de malheur. Guidés par leurs évêques les catholiques belges ont, au bout de quelques années, chassé honteusement du pouvoir et du Parlement ceux qui avaient prétendu faire de leur pays une nation sans Dieu. Depuis plus d'un quart de siècle, la France, faute d'un parti catholique organisé et dirigé, a livré sans protestation plusieurs générations de ses enfants à l'école athée, devenue trop souvent par la force des choses l'école immorale et anti-patriote 2„

Séance du 3 juin 1881

A M. Corbon qui, au milieu de beaucoup d'arguments et de lieux communs tirés pour la plupart des feuilles anti-religieuses, soutenait que l'Eglise avait toujours méprisé le travail, M. Chesnelong répond en faisant un magnifique exposé de ce que l'Eglise a fait pour honorer le travail et civiliser le monde après l'invasion des Barbares.

Arrivant ensuite au projet de loi lui-même, il y montre l'obligation et la laïcité étroitement liées : « la laïcité y est d'autant plus inacceptable » qu'elle s'impose par l'obligation, l'obligalion d'autant plus oppressive » qu'elle est escortée de la laïcité ». La neulralité dans l'enseignement est impossible vis-à-vis de l'enfant surtout et l'école neutre deviendra avant longtemps une école sans Dieu. Le père de famille ne pourra la plupart du temps instruire son enfant lui-même; comme, dans les cam-

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