CACOPHONIE
à la fois l'idiciiles et odieuses, et (|ui, approuvées d'un certain nombre de badauds, ne feront que compromettre la République et les républicains !
— Moi, répond le ministre, mais je pense comme vous, ce n'est pas du tout là ce qu'il fallait faire. Mais je suis sommé de le faire par vos amis; et, puisque je suis leur chef, il faut bien que je les suive.
Alors je deviens rêveur, et je songe que c'est tout de même une singulière situation que celle où l'on voit une majorité donner pour raison de ses votes la volonté d'un gouvernement qui de son côté donne pour raison de ses propositions la volonté de sa majorité.
Cette situation est peut-être unique dans les annales parlementaires.
— Le plan du général ne vaut pas le diable, me dit-on ; mais il serait d'un mauvais soldat de ne pas le suivre. Ne l'avez-vous pas dit vous-même ?
— D'accord, mais le général consulté déclare qu'il n'a d'autre plan que le vôtre. Et vous n'en avez aucun.
— N'importe, il faut le suivre tout de même.
C'est la discipline dans le galimatias. On mélange tout. On brouille toutes les lois les unes avec les autres. On accepte à propos de ceci ce qui a trait à cela. On se dépêche pour bâcler
n'importe quoi, qui ne servira à rien du tout. On ressemble à un voyageur pressé, qui, faisant sa malle^ met sa chemise dans son habit et écrase ses cigares sous son nécessaire de toilette. Bah! il arrivera toujours quelque chose. Oui, mais qu'est-ce qui arrivera?
Un beau désordre est, dit-on, un effet de l'art. Par malheur, ce désordre manque de beauté, et je crois que l'art lui est complètement étranger. Il me semble que nous faisons de la politique comme nous avons fait de la guerre en 1870, au petit bonheur. Tous les régiments sont mêlés, et l'on marche néanmoins au canon, sans bien savoir où il se trouve. Je ne nie pas que même de cette façon on ne puisse remporter quelque succès ; mais je me défie du résultat final, qui est le seul qui importe.
Clemenceau a dit là-dessus de fort bonnes choses, qui naturellement l'ont fait conspuer, comme il arrive à tous ceux qui ont raison.
Car ce qui est curieux c'est l'intolérance des écervelés. Un homme est-il fidèle aux opinions qu'il a émises toute sa vie, on l'accuse de trahison parce qu'il n'en change pas pour prendre celle qu'on veut lui imposer. Il faut qu'il soit mouton de Panurge, et s'il ne saute pas où on veut le faire sauter on le trait-e de scélér.it.
Je suis de ceux que cela amuse et n'iuquicte guère, assuré par l'expérience que ces crir.es