‹ La liberté de l'enseignement. --Chapitre 12 sur 86 · LE FRUIT MUR · texte numérisé non relu

LE FRUIT MUR

Le mal est né dès le commeûct'm<ent du monde. 11 provient de cette fausse notion de l'Etat qui, m»isï» aujourd'hui» prétend diriger les consciences, dont il s'imagin-e avoir la charge?. L'Etat n-e saurait être ni un professeur de philosophie, ni un professeur de morale; l'Etat n'a à régrler que dt's intérêts matériels. Qu'il nous donne une bonne police» de bonnes routes» qu'il tache de supprimer la misère» qu'il s'efforce de réaliser l'égalité des citoyens et la solidarité humaine, qu'il veiU-e à notre sécurité et à notre prospérité, et, pour le reste, qu'il veuille bien nous ficher la paix !

Cacophonie.

La confusion est inexprimable ; et c'est depuis qu'on ne sait plus ce qu'on veut que chacun le veut avec plus d'acharnement.

Nous avons connu des temps où l'on mettait beaucoup de passion à défendre les idées qu'on avait; aujourd'hui, l'on en met encore plus à défendre celles qu'on n'a pas.

J'assiste à des votes curieux. Quand je cause seul à seul avec ceux qui les émett-ent, il y en a au moins trois ou quatre qui me disent : — Ce que je vote est stupide, mais je ne saurais faire autrement que de le voter ; il faut avant tout éviter une crise ministérielle.

— Yous avez peut-être raison, dis-je.

Et alors je vais trouver un ministre et je l'interrogie.

— Quelle drôle d'idée vous avez de nous faire voter, à nous qui vous aimons, des choses

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