‹ La liberté de l'esprit humain dans la foi catholiqueChapitre 37 sur 48 · V. « Pour nous catholiques, nous adhérons, du fond · texte numérisé non relu

V. « Pour nous catholiques, nous adhérons, du fond

de notre Ame, et pour les motifs les plus raisonnables, à toutos ces vérités, et r/est sur elles que nous fondons notre croyance comnoe notre Boumission h Fautorité de rEglise(4).

a Nous croyons à la divinité de Jésus-Christ, et dans nos sentiments d'adoration nous nous écrions avec saint Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu (9;. » Nous croyons que celui qui a soumis Funivers à des lois immuables^ a aussi établi dans TEglise un ordre régulier et une règle permanente; nous croyons quil a fait de cette Eglise la dépositaire de sa doctrine et de sa puissance ; quil Iqi a commandé d'annoncer sa vérité aux hommes, d'administrer ses sacrements, de veiller à ce que les fidèles observent ses préceptes. Et^ bien que ce soient des hommes qui exercent cette puissance^ les apôtres et leurs successeurs, nous ne croyons nullement qu'ils déploient une autorité arbitraire.

« L'arche d'alliance est portée par leurs mains, mais elle n'est point leur ouvrage ; la parole et la loi qu'elle contient, n'est ni leur parole^ ni leur loi. La parole dont ils sont les échos, ils sont obligés de commencer par l'adopter ; la loi qu'ils promulguent, ils sont tenus d'y croire les premiers. Animés de cette pensée et pénétrés de cette conviction, nous croyons avec une joie profonde et dans une entière liberté d'esprit.

a Ce n'est pas tout encore.

(1) Loin d'exiger une foi aveugle et déraisonnable, l'Eglise catholique enseigne que la religion et l'Église portent des caractères sî évidents de leur origine divine et de leur véracité , que tout homnm impartial peut se convaincre de leur crédibilité. Si les incrédules sont responsables de leur incroyance, en n'est point assurément p^rce qu'ils examinent, mais parce qu'il refusent, sans examen sincère et raisonnable, de croire à la révélation divine.

(2) Jean, xx, 28.

VI. cr Après nous avoir enseigné combien est raisonnable Tau torité qu'elle exerce sur nous^ l'Église veut que nous fassions un usage continuel de notre raison /et que nous la cultivions sans relâche. Et de là vient précisément la fermeté de notre conviction et le plaisir qui y est attaché.

a Plus nous pénétrons avant dans l'histoire^ dans la nature et dans l'âme humaine^ plus nous reconnaissons combien notre foi est divine. Pendant qu'un si grand nombre d'intelligences ne parviennent jamais à s'introduire dans le sanctuaire de la' vérité, qui est pourtant le premier besoin de l'homme, et tandis que le monde continue d'ériger des autels au Dieu inconnu (1), dont parle saint Paul, le catholique trouve dans les dogmes de son Église comme autant de clefs qui lui ouvrent l'accès de ce temple du Très-Haut, où il rencontre, avec la sécurité de la science, la paix souveraine et le bien suprême de son âme, le Dieu pour lequel son âme a été créée.

<K Cette conviction et ce point de vue, la science catholique les justifie aux yeux de tout esprit sincère et impartial par d'irrécusables témoignages. La science catholique présente un spectacle vraiment unique dans l'histoire du monde, et échappe à toute comparaison. Elle n'est pas le produit d'une école, d'un pays, d'un siècle , d'une classe; mais elle est, comme l'Église universelle, une science universelle aussi. Aujourd'hui déjà elle embrasse dix-huit siècles d'existence , et s'étend sur toutes les parties de la terre. Dans toutes les nations et chez

(1) « Il me semble, Athéniens, qu'en toutes choses vous êtes religieux jusqu'à l'excès ; car, ayant regardé en passant les statues de vos dieux, j'ai trouvé un autel avec cette inscription : Au Dieu in-^ connut Or ce Dieu que vous adorez sans le connaître, c'est lui que je vous annonce. » ( Hiscours de saint Paul devant VAréopage, Act. XVII, 23.)

tou8 les peuples, elle compte une multitude innombrable d'hommes illustres par le savoir comme par la sainteté^ initiée k tous les secrets de la science et à toutes les conquêtes de la pensée humaine. Or, tous ces hommes avouent de concert^ avec une parfaite conviction^ nonseulement que leur intelligence et leur volonté ne sont pas en désaccord avec la double autorité de TÉglise, mais qu'ils passent d'autant plus sûrement d'une connaissance à une autre qu'ils se soumettent plus complètement aux vérités et aux lois éternelles que proclame leur Église (i).

VII. « Nos adversaires auront beau contester la justesse de notre point de vue et combattre les données de notre foi par toutes les armes de la science^ ils auront beau fouiller dans les entrailles ^e la terre^ descendre jusqu'aux plus sombres replis de Tâme humaine^ ou remonter le cours de tous les siècles de l'histoire du monde^ pour y trouver quelque chose qui semble prouver que notre foi n'est pas raisonnable : l'Église, exercée à la lutte, ne recule devant aucun combattant, pas môme devant ces insulteurs éhontés qui ont commencé leur triste besogne sous la croix^ en se raillant du chef de l'Église^ jusqu'à ces insulteurs de nos jours qui se moquent de l'Église avec non moins d'audace.

o Mais ce qui est vraiment intolérable^ c'est de voir une partie de nos adversaires actuels essayer de faire

(1) L'incrédulité peut sans doute compter dans ses rangs des esprits distingués ; mais outre qu'ils ne sauraient être comparés avec les sectateurs de la sagesse chrétienne, sous le rapport du nombre et de la valeur intellectuelle, il y a encore un point décisif qu'il ne faut pas perdre de vue. Parmi les représentants de l'incrédulité, on ne trouve que le doute et la désunion, tandis que nous, tout en jouissant de la plus gtande liberté d'esprit, nous nous rencontrons tous pour les choses essentielles dans un centre commun : privilège qui n'appartient qu'à la vérité.

croire que la recherche libre et scientifique est défendue aux catholiques, que notre raison est en désaccord avec notre croyance. Ce langage inspiré par la déraison, par r ignorance ou par la mauvaise foi, est une insuite à la vérité et à Thistoire; il ne peut être que le fruit de l'aveuglement et du préjugé. Eh bien, ce langage retentit non-seulement dans la plupart des journaux, mais encore dans les assemblées politiques, comme Tout prouvé récemment les chambres du Wurtemberg. N'est-ce pas là le comble de l'injustice et de l'insulte envers l'Église catholique?

VIII. « La source d'où pai*ient ces accusations est dans la négation même de tout ordre surnaturel, et par conséquent de toute autorité légitime. Mais ce point de vue n'est pas celui de la raison : car une telle théorie est absurde et insensée. Ceux qui l'adoptent font consister toute la liberté de la: pensée dans un subjectivisme outré et sans limites ; ils ne découvrent le principe d'autonomie qu'à la lumière de la souveraineté absolue du peuple, et traitent de servitude dégradante la libre adhésion de l'homme à un ordre de vérités, à un ensemble de lois supérieures à la raison. Il faut que le son s'harmonise avec le son, l'étoile avec l'étoile : autrement l'ordre général sera bouleversé; il faut que les membres s'adaptent les uns aux autres pour conserver la vie du corps : l'esprit et la volonté de l'homme seraient-ils les seuls qui ne pussent se plier librement à l'ordre établi de Dieu, sans détruire la liberté de la pensée et de la volonté? Ainsi ont disparu, dans un grand nombre d'intelligences, les plus simples notions de toute autorité, si raisonnable soit-elle; pour elles, la liberté n'est plus qu'un abus, et la raison, comme la volonté, a fait place à un subjectivisme absurde et extravagant.

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