‹ La liberté de la presse [microforme]Chapitre 6 sur 6 · CINQUIÈME CAS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME CAS

Jean dirige un journal, organe politique. Pour fuire triompher son parti, et combattre plus efficacement ses adversaires, il blesse souvent la vérité et la charité, Il fulsitie les dires des journalistes, avec lesquels il est en lutte ; il les cuiomnie et leur prête des intentions mauvaises,

On demande :

10 Si Jean est gravement coupable dans l'emploi de ces moyens de polémique; 20 Si les abonnés et les lecteurs du journal de Jean pèchent et si c’est gravement?

RéPoNsE :—Oui, Jean est gravement coupable et pour deux raisons: lo Il calomnie et dénigre le prochain (ses adversaires) ; 20 Il répand des ferments de trouble et de desordre daus la societé.

Le St Pere exhorte fortement les journalistes à respecter, dans leurs polémiques, la charité qu'il appelle {a mère et la compagne de toutes les vertus. et que ie AZoniteur de Rome, interprète de la pensée de Léon XII, definit : la vérité, la justice, et le respect d'autrui.

Mais la verité, la justice, le droit dans la vie pub'ique, voilà les fondements de la concorde et de la paix parmi les hommes! Les fondements de l& sécurité et de la félicité des peuples!

En effet, comme dit Scaranelli : Point de paix sans la justice, nonseulement pour les individus, mais encore pour les peuples. Otez du monde la justice, la force et la violence domineront tout, per-

sonne ne sera maître de ses biens ; aucun ‘homme ne jouira en paix de la vie et de l'honneur.

Il est impossible qu'un état, monarchie où république, puisse subsister. Car un peuple civilisé n’est rien autre chose qu’une “éunioù d'hommes qui observent les lois pour le bien commun : Or, sans la justice, point d'observation des lois.”

La reison de ce fait est que toutes nos inquiétudes, tous nos troubles proviennent de la lésion d’un droit que nous avons à la fortune, aux honneurs, à l'intégrité de notre réputation ou de notre personne, c’est-à-dire, de la violation de la justice à notre égard. Or, on viole la justice par le mensonge pernicieux, comme par le vol. Aussi la Ste Ecriture compare le menteur au voleur. Et elle dit que le menteur vaut moins que le voleur. (Melior fur quam assiduitas viri mendacis). Ecclés. XX. 27.

Il ne faut pas s'étonner du rapprochement : Ces deux vices s'unissent ordinairement. Du reste, le mensonge est une espèce de vol :il enlève Ja vérité aux hommes, souvent la réputation, la paix, la fortune, quelquefois la vie. Il est toujours ignominieux.

L’exposé du cas qui nous occupe dénote qu'un très mauvais esprit préside à la direction du journal de Jean. C’est donc un mauvais jonrnal.

La coopération formelle à son existence est une faute grave.

En connaître la perversité,et y contribuer par son argent, par ses paroles, ou son exemple, ne peut-être excusé de faute grave. C'est coopérer à répandre chez des milliers de lecteurs le mensonge, l'injuste détraction.........C'est attaquer, ou concourir à attaquer les éternelles bases de l’ordre, de la paix, et de la félicité sociale.

Nn disait autrefois aux princes et aux grands de la terre: respectez et faites respecter la justice à vos subordonnés: (Car elle vous a confié sa balance.

De nos jours, disons à tous ceux qui contrôlent par leur abonnement et leur encouragement les voix de la presse : respectez et faites respecter la justice, la vérité et Le droit à seux qui exercent la puissance et détiennent le pouvoir de la presse.

Cest le vœu le plus cher du pays!

S, Tassé, Ptre.

Page 1