‹ La liberté des cultesChapitre 31 sur 116 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

QUE LA PERTE DE LA LIBERTÉ RELIGIEUSE ENTRAINE LA RUINE B£ TOUTE LIBERTÉ.

Nous avons indiqué plusieurs avantages publics attachés à la liberté religieuse. Nous avons encore à in-

(i) ATOUons-le de boooe foi : daos ces secles malheureuses que l'hérésie et le schisme suscitaient, il y a eu du bien, au moins apparent. Au milieu de cette ivraie, l'ennemi même qui l'avait semée affectait de faire paraître du bon grain. On y voyait des hommes modestes, charitables, absUoeiits. » {Sermon pour le troisième dimanche a])rès VÉpiphanie.) « Vous 60 êtes témoins, mes chers auditeurs, et vous savez comment ils toDt unis ensemble, comment ils prennent les IntérOls les uns des autres, cornaient ils se prêtent secours dans leurs t>esoins, comment ils visitent leurs maUdes. Qui fait cela? Ce n'est pas l'unité de la foi, puisque, hors de TÉgiise, ils ne peuvent avoir la foi; quoi donc? l'unité d'erreur, l'uGlCé de mensonge, Tunlté de schisme. Ce petit troupeau où ils sont ramassés, voilà ce qui les lie, voilà ce qui arrête toutes leurs querelles, volU ce qui termine tous leurs différends, voiià pourquoi ils s'appellent frères et se comportent en frères. Quelle honte que l'unité de la foi où nous vivons fasse moins sur nous que ne fait sur eux l'unité d'une fausse réforae! n {Sermon sur la Trinité, Troisième partie.)

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vcKiuer, à l'appui de notre cause, un autre grand / intérôt social, un intérêt dont les gouvernements, à la vérité, ne sont pas regardés comme les défenseurs naturels, mais auquel néanmoins toute sûreté et toute stabilité sont attachées : je veux dire la liberté civile.

Que si les gouvernements, ce qu^à Dieu ne plaise/ méconnaissaient que cet intérêt public est aussi leur premier intérêt, nous nous tournerions alors vers les citoyens qui, enthousiastes des principes libéraux, n'ont encore accordé à la liberté de conscience que quelques regards distraits, et nous leur dirions : « Il n'y va pas de si peu de chose que vous le pensez, d'abandonner la cause de la liberté religieuse : c'est, d'un même coup, renoncer à toutes les libertés. »

C'est d'abord renoncer à toute liberté de pensée. Car comment douter que ceux qui ont obtenu de nous le sacrifice de notre conscience ne nous demandent celui de notre raison? Est-il possible de nous ravir l'une et de nous laisser l'autre? Y a-t-il une hmite précise, ou, pour mieux dire, un abîme entre les sciences purement philosopliiques et la science religieuse? Loin de làj de ces deux domaines, l'un est la suite et le complément de l'autre. On ne peut s'engager dans aucune étude profonde sans se voir rapidement entraîné vers les confins de ces mystères, dont la foi est la révélation ou la consécration solennelle. Tout, dans les travaux de la pensée, nous élance vers l'infini, vaste océan oii la raison sans guide va s'abîmer et se perdre. Toutes les questions, à le bien prendre, sont des fragments ou

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