TÉMOIGNAGE DRS FAITS
les effets du venin jusqu'à rextrémité de son action, un grand nombre encoi'e des maux que nous raconte cette histoire , soit positifs , soit négatifs, eussent été, sans la tyrannie religieuse, épargnés a la nature humaine. . '
De cette source empoisonnée sont sortis, nonnseulement des guerres acharnées et d'épouvantables atrocités, mais la dégradation de contrées et de siècles tout entiers, la dénaturation des plus beaux caractères, Tabrutissement des races les plus distinguées, 4' extinction des sentiments de la nature, des migrations douloureuses et funestes, les empêchements les plus forts au • progrès de la vraie civilisation, là justification de Thypocrisie la plus déhonfée, l'avilissement du ministère des autels et , par un contre-coup inévitable , les sophismes les plus spécieux de l'impiété contre la religion chrétienne et contre toute religion.
Deux passions ont tourmenté la terre,, tantôt séparément, et tantôt combinées \ celle de régner sur les corps et celle d'asservir les âmes. La seconde a été la plus cruelle, et a particulièrement prospéré, comme .une excroissance funeste, sur* l'arbre du christianisme; nous en avons indiqué les raisons. Souvenir déplorable et amer! dispensation devant laquelle la foi s'incline en tremblant! étrange phénomène où l'homme j&rivèle puise une occasion de scandale, et le penseur une preuve nouvelle de la vérité du christianisme ! Le fleuve de vie a roulé du sang dans ses ondes; la parole du Sauveur a réveillé dan& le sein de l'hommie des passions qui semblaient y dormir encore, et le
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christianisme semble avoir été envoyé pour faire suer à la nature humaine toute sa méchanceté !
On n'objectera pas sans doute que ces conséquences étaient fatales, que ces maux étaient nécessaires. Aujourd'hui il est nécessaire qu'ils ne soient plus. De ce que l'homme a été aveugle, il ne s'ensuit pas apparemment qu'il doive l'être toujours. A la vérité, nous n'extirperons pas du cœur humain, par nos discours, la profonde racine d'amertume d'où sont sortis tous ces maux ; le cœur de l'homme irrégénéré sera toujours le même ; mais sa raison est susceptible de progrès ; l'apprentissage a été assez long ; dix-huit siècles doivent suffire à la gestation d'une vérité de bon sens ; la civilisation, qui s'est arrachée avec de douloureux efforts des étreintes de sa plps dangereuse ennemie, l'intolérance religieuse, la civilisation aspire à se dégager pour jamais des entraves qui furent si longtemps, à son insu, la vraie cause de la lenteur de ses progrès ; c'est pour elle une question de vie ou de mort ; je dirais même c'en est une d'égale importance pour la religion, si la religion pouvait périr ; une expérience est faite, il en faut commencer une autre ; il faut voir si la liberté porte les mêmes fruits que la tyrannie.
Nobles victimes de l'intolérance, ou des passions qu'elle sut aiguiser, Roger de Beziers, Jean Huss, Coligny, Barnevelt, apparaissez sanglants sur vos tombes! Troupes de martyrs sans nom, que la cendre de vos bûchers, que l'ossuaire de vos gibets, que la fange de Vos cachots, se remue, se rassemble, et vous rende
Inutiles et épouvantables à nos regards désoles ! Et vous,
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yicUmes sans gloire^ qui n'avez pas su que vous étîea des victimes, et par là même plus dignes de pitié» ètre« immortels qui, répandus comme une vila pou6mère sur la face de ce monde, en ave^ été balayés pair le vent de la mort sans avoir connu ni Dieu, ni sa parole, ni la lumière qui s'échappe de cette parole, ni la noble culture qui orne toute âme à qui la vérité céleste est enseignée, peuples entiers qui, nés à l'ombre de la croix^ n'avez emporté au tombeau qu'une terreur stupide ou de stupides espérances, venez aussi, montrez-vous, dites qui a tué vos esprits et vos âmes, afin que la clameur de l'univers maudisse la violence impie, Thypo* crisie infâme ou la folie, qui vous a condamnés à vivre et mourir au-dessous de l'humanité (1) 1