DU CATHOLICISME
Entre les critiques dont ce chapitre a été l'objet, les deux observations suivantes m*ont frappé.
La première est conçue en ces termes : Une Église essentiellement intolérante serait intolérable.
Si Ton entend par là qu'une Église intolérante n'a pas de droit à la tolérance, et qu'elle ne doit point avoir part au bénéfice de la liberté religieuse, je réponds que la tolérance n'est jamais plus louable que lorsqu'elle s'exerce envers des intolérants. Quant à la jouissance de la liberté religieuse, elle doit appartenir à toute Église, tolérante ou non, qui ne porte aucune atteinte à Tordre civil ou à la morale sociale; Si l'intolérance d'une Église se produit par des faits qui compromettent cet ordre civil ou cette morale sociale, alors l'Église en question doit être réprimée , non pas toutefois parce qu'elle est intolérante, mais parce qu'elle attaque des droits.
La seconde observation est celle-ci : L'auteur du mémoire devait joindre à son morceau sur le catholicisme un chapitre aussi efirayant que nécessaire sur les moyens de détruire le catholicisme.
A cette observation je répondrai tour à tour Oui et Non^
Non, il ne faut pas détruire une Église à cause de ses principes, fussent-ils lés plus intolérants du monde; il faut se borner à lui enlever les moyens d'appliquer cette intolérances aux dépens des droits sociaux. Ainsi, non, il ne faut pas dé-^ truire le catholicisme, si l'on entend par détruire, opprimer^ abolir avec violence, au nom des lois et avec la force publique..
Mais je dis : Oui, si le principe de la séparation des deux;. puissances n'est pas dans le catholicisme ou s'il ne peut^ prévaloir, oui, il faut détruire le catholicisme, si du nioin^ l'on entend par détruire, confondre par des arguments tîré^ de la raison et de l'Évangile, anéantir par des moyens spiri^
tuels et moraux, opérer par rintelligence sur Tintelligence et par le cœur sur le cœur. Oui, je crois qu'il faut détruire le catholicisme, non avec le fer des lois, mais avec le glaive de la parole. Je ne recule point devant cette conséquence des principes que j'ai avancés; je dis qu'une Église qui par son intolérance est opposée à l'Évangile, n'est pas une Église chrétienne ; qu'un chrétien doit désirer, demander sa destruction; qu'il doit y travailler de toutes ses forces, pour la voir remplacéç un jour par cette Église qui, conformément aux instructions de son Maître, invite à éprouver toutes choses et ne connaît de vérité que celle qui est unie à la charité. Voilà le vœu, la tâche de tous les vrais protestants; quant au moyen, c'est celui qu'ont employé les apôtres.
NOTE XVIII, page ilS.
NOTES CONSERVÉES d'un CHAPrTRE SUPPRIMÉ.
(M. Vînet ayant remplacé par une version entièrement nouvelle le chapitre XX de la première partie de son Mémoire , intitulé : Témoignage des Faits, les notes qui se rapportaient à l'ancienne version de ce chapitre auraient dû disparaître toutes avec elle. On a cru cependant devoir conserver les deux notes suivantes. — Éditeurs.)
Ananias et Saphira,
« Les apôtres n'ont fait usage d'aucun autre glaive que de celui de la parole. Le châtiment- d'Ananias et de Saphira (Actes, V) n'affaiblit point notre assertion. Ce miracle y le seul de ce genre dont il soit fait mention dans l'Évangile, était nécessaire sans doute pour autoriser dans les premiers temps la mission des apôtres, et cette réflexion s'applique au don des miracles en général. D'ailleurs, il n'y a rien d'humahi dans cet événement; la main de Dieu y est seule empreinte, et il ne saurait en aucune façon autoriser l'intervention de l'autorité publique dans les choses de conscience.
298 KOTBS.
Deux autres faits (1 Cor. XI , 30^ et 2 Cor. X y 6) peuvent être cités encore. Le premier, au r'este, peut s'interpréter spirituellement.
a 11 n'y a rien de plus ridicule que d'alléguer les exemples de la sévérité apostolique dans cette occasion : comme si Aoanias et Saphira avaient été des hérétiques qui eussent voulu renverser la religion par quelque méchant dogme, ou qu'ils eussent prétendu servir Dieu par leur mensonge ^ comme les autres le prétendent honorer par leurs opinions I Mais je veux qu'Ânanias et Saphira fussent des hérétiques, et qu'il nous soit permis d'imiter les actions du Sauveur du monde et de ses apôtres : n'employons donc pas d'autres armes qu'eux pour les réprimer. A la bonne heure, que d'une seule parole on ôte la vie à ceux qui combattent contre la vérité; bien loin de calomnier Ce procédé, ni de le trouver injuste et cruel, on admirera la vertu de Dieu, et l'erreur se trouvera immanquablement confondue. »
(Conversations sur différentes matière^ de religion^ Entretien It, page 115.)
Les premiers siècles de F Église.
Dès la fin du quatrième siècle, la liberté religieuse trouva des adversaires parmi les docteurs de l'Église. Saint Augustin l'attaqua en forme dans le oours de des controverses avec les donatistes. Mais, dans le même siècle, Hilaire de Poitiers en défendit la cause devant l'empereur Constance, s'élevmt avec force contre l'idée profane de ceux qui voulaient 'donner It force humaine pour appui à la vérité de Dieu.
C'est un regret pour le défenseur de la liberté religieuse de ne pouvoir compter parmi les soutiens de cette cause le plus illustre des Pères de l'Église, et l'un des plus parCuts chrétiens qui aient existé. Saint Augustin figure parmi les pa* trons de l'intolérance. Il n'y a rien dans les notions que nous avons de son caractère qui puisse nous expliquer cette ano-
IfOTBSi 5fSI&
maHé. L'intolépance peut provenir dé l'orgueil; mais quel dtirétien fut {)lus humble 1 de la dureté ; maij» qui fut plus p^éMé de lâ cbarïté de Christ? d'une orthodoxie morte; itittis (pà edt jëfiiais uiie foi plus vitatife? C'est pourtant lut (|tii A dmtlé ad tompellè tntrarë le sens odieux et fiinèété dôrit laftf de lertis se éont empressés dé se prévaloir. Bajlc a ôonsadW tfft de ses OBvMges à la réfutation des ttisixinles d'Atighstîn : {Cùmmentûn'e pkihsophique sur ées paroks <k JéHis-Chrisi : Cùntraihê-ièS cTentrer.) Je n'ai pu nie procurer cet ouvrage ; tttaifil l'analyse étefldué qu'en â faite Désmaizeaiix dans là Vie fÊe Ba^hy en tête d*u<ie édilîoli posthume du grarid Dictionnaire, Ûbûhehëû de penser qtie les points principaux délai questîoiï «Witli»aHêsdariScét ôtivragé kiec une grande su{)ériorité. Vers fat nfêltifi époque^ H liberté litigieuse frdUva, dans l'Église pWfèslânte alors pe^écutéé, quelques zélés déffeiiseurs. Êlie Sfttirin |jublia vth livre considérable sotis ce titi^ : ttéflexibns sttr kè droits de là Conscience. Ce livre est en pàhie polëhïîque L'lrt<teti^ Réfute un ^ahd nombre dé passages dû ComfnmMre ée Ba^le, qui lui paraissent entachés de déîsrtiéj if réfute éjjalement les iiiaximes intolérantes du nn'nistre lurièd, (|(ii, pleiii d'un esprit persécuteur, écrivît néanmoins contre lés (jéffsécutions. Piiflfendorf écrivit Vers lé mônfie temps son Traité ée la Religion par rapport à ht vie civile^ où fon fait ffoir que V Église n'est point nn État, et que là puisstxhee âei princes ne va pas jusqu'à donmer sur là fbi (un Volùitie iii-lî). Le célèbre Locke composa, dans un esprit égaléîîient phiio- §dfltnqiire et chrétien, sa Lettre sur là Jhbtràncèj qu'il î^foiidSt Jdsqn^à deùi fois, à là suite des attaques dont elle fut Tôbjèt, et qui finit par devenir un ouvrage considérable. Je né fa connais que sous sa première forme. Je doute qu'on puisse -ÀeH lire de plus satisfaisant sur la tnatière; et si je Savais tue âtant d'entreprendre mon travail, elle m'eût probablement découragé d'écrire. Je donnerai, dans une autre note, des extraiti^ de cette lettre du philosophe anglais (1). Enfin, sans
(i) Voyez la Note XXXI.
épuiser la liste (1), je citerai un ouvrage anonyme d'une plume protestante, publié deux ans après la révocation de Fédit de Nantes, et imprimé en Hollande, si j'en juge par l'impression, mais sous une désignation de lieu fictive : A PkUadelphk^ chez Timothée de Samt-Amour, Ce petit livre, intitulé Cmwer^ sations sur différentes matières de Religion, renferme des discussions théologiques d'un haut intérêt, où l'auteur fait preuve d'une ^ande indépendance d'esprit, d'une érudition judicieuse et d'une excellente méthode. Deux des entretien roulent sur la tolérance que les protestants doivent avohr l uns pour les autres sur les matières de religion, et sur ceU que les magistrats doivent aux hérétiques ; et Touvrage termine par un Traité de la liberté de Conscience j dédié au Bo de France et à son conseil. Tous ces ouvrages, inégaux e mérite, et, jusqu'à un certain point, différents par les prin cipes, sont de solides réfutations des maximes auxqueU l'autorité de saint Augustin a donné un crédit si funeste-. ^* Nous y renvoyons avec confiance nos lecteurs ; mais nou^s- $ croyons devoir citer quelques-uns de ces fameux textes d l'évêque d'Hippone, qui sont devenus, pour ainsi dire, la Bibl de rintolérance, et qui sont néanmoins assez peu connus.
Mais auparavant qu'il nous soit permis de montrer, égale — ment par des textes, que si un faux système égara la raison^ d'Augustin, la tolérance était écrite dans son cœur par 1^^ & même main céleste qui y avait gravé la foi.
Voici comment il parle aux manichéens, dans son livr^^ in Epist. fundamenti, initio : « Il n'est permis d'exercer au— « cune rigueur contre vous, qu'à ceux qui ignorent qu'on mm « trouve la vérité qu'avec un extrême travail, et qu'on n^-^^® « peut que très difScilement éviter les erreurs, il n'y à qu^ ^^^^ a ceux qui ne savent pas combien il est rare et difficile d» ^K^^ a vaincre les fantaisies de la chair par la tranquillité d'u
(1) « Le discours de Jeremy Taylor sur la liberté de prophétUer (d*< « seigner la religion) est le premier traité qui ait été écrit en Angletei « sinon en Europe, en faveur de la tolérance religieuse, m (Sir Magkintosh.)
a esprit rempli de piété qui osent maltraiter. Il n'appartient a qu'à ceux qui n'ont jamais considéré combien la guérison « de l'œil intérieur de l'homme est difficile pour lui faire a regarder fixement son soleil, d'avoir de la cruauté pour « vous, n n'y a que ceux qui n'ont jamais compris qu'il faut « une infinité de gémissements et de soupirs pour connaître « Dieu en quelque partie, qui osent vous tourmenter; enfin, a vous ne devriez être persécutés que par des gens qui ne « pourraient se reprocher d'avoir jamais été trompés par a aucune erreur. »
Et même dans son épître à Boniface (1), dirigée contre la liberté religieuse, nous trouverons ces paroles : « Non té autem ista conturbent^ fili dilectisstme : hœreses enim et scandala futura prœdicta sunt^ ut inter inimicos erudiamur, ac sic et fides et dilectio nostra possit esse probatior. Fides utique, ne ab eis decipiamur : dilectio autem ut etiam corrigendis eis quœstum faciamus, »
n est pénible de voir succéder à d'aussi belles pensées des arguments comme ceux-ci, que nous laissons à nos lecteurs le âoin d'apprécier :
« Si Ecclesia vera, ipsa est quœ persecutionem patitur, mm qwB facit, quœrant ab apostolo quam Ecclesiam significabat Sara, quando persecutionem faciebai ancillœ. Liberam quippe fnatrem nostram, celèstem Jérusalem, id est^ veram DeiEcclesianij m illa muliere dicit fuisse figuratam, quœ affligebat anciUam, Si autem melius discutiamus, magis illa persequebatur Saram superbiendo^ quàm illam Sàra coercendo. » (Lac. cit.,
cap. vm.)
Saint Augustin paraît avoir attaché du prix à cet argument; car il le reproduit dans sa Lettre à Vincentius.
Il cite encore, à l'appui de ses principes, le verset 38 du Psaume XYIU ; J* ai poursuivi mes ennemis, et je les ai atteints, et je ne m'en suis point retourné avant de les avoir consumés.
On voit qu'ici David, selon notre auteur, représente l'É-
(1) De Correctione donatistarum, ad Bonifacium, caput II.
glise de Dieu, et que les enuemis personnels de David ne sont autre chose que les ennemis de la vérité. On peut admettre cette opinion sans en tirer )es méoies cpnséquences q^e l'évêque d'Hippone. Premièr^jfnent, le$ ep^pifiis de PiWd rdttaquèrent à main arfpée, ^vec )e glaive et noa gvep des doctrines. Homme, c'était son droit; prince, c'était i»on de-r voir de les repousser avec le glaive. Ces adversaires étaient des ipïpies, je )e veux; mais c'étaient aiiissi des «ujeta r&: belles. Ensuite, quand ce n'auraient été qqe des impies, le régime théocratique , ainsi que nous le nu)ntr(ms dans cet écrit, pouvait autoriser des mesures de répression qui sont étrangères à l'esprit de l'Évangile. Cette confu^on, involoatairp chez AMgustjn, volontaire chez d'autres, de deux syatèmes, de deux éconon^ips si profondénient distiQCtes^ a dpnné up prétexte à bien des persécutîpns* l>es ^viersaires d' Augustin, eptraîné^ piar l^pr situation, peut-être plus qui par leurs principes, à devenir les défenseuiis de )a lil^erté religieuse, ne nianquèrent pas d'opposer l'Évaqgite à Tan qenne loi. Ils cherchèrent ^ se prévaloir d6 cp que les apdtr^s n'avaient réclamé aucune protection terrestre. Saint Aggusti répond, dans cette n^éipe épître et idaps pelle à Yincentius, que les apôtres pe l'pnt pas fait, parc^ qq'ils ne pouvaient le faire, attendu qu'aucune puissance d'alors ne s'ii^té^essaî à lepr cause. Mais d'QP vient alors que ce secours leur manqué? d'où vient qu'il a manqué à Jésus-Chpist lui-miêip^ pourquoi s'est-il privé à dessein de toute force ^xUirieure pourquoi a-t-il dit à ses apôtres : Jç votis envoie fiomme brebis au milieu des loups? pourquoi ceux-ci n'ont-il^ paa ré? clamé de lui ces légipns d'anges dont il eût pq s'entourei lui-même à Gethsémai|é? Ou répondra : C'est qu'ils m h devaient pas. Or, c'est précisément ce que nous disons ; 0^ ne le devaient pas. Ils ne devaient pas omettre leur force le bras de phair, substituer au glaive de la Parole le glaiv des batailles, ni le bouclier dp la protection impériale au bou clier merveilleux de la foi.
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En général , dans cello épllre el dans celle ii Vîncentius, igiistin procède sans cE-sse par analogie. On sait lout ce 'il y 8 d'écueils, même potir les bons esprïls, dans celle de raisonnement. On en trouve une preuve dans l'endroit de la première de ces deux lettres, où saint Atigustfn conclut de ce qui se fait régulièrement dans le sein d'une mille, à ce qui doit se faire dans un Ëlal. La différence est nsible; et, pour le montrer & l'autenr, il eût suffi de proifiger le parallèle et l'identité sur tous les points; cerlainelent il eût repoussé un aussi effrayant système. L'autorité Rienielle exactement reproduite dans les rapports de l'Ëlat wer. les citoyens, réaliserait le tableau de la plus insuppurkblti tyrannie. Quelques républiques de rantiqiiilé alfeclfetnt cette existence de famille; et c'est dans ces républiques k^mes qu'on vit s'établir les institutions les plus déuatu- ^s. Toutefois aucune d'elles ne poussa la confusion juRki'au bout ; la loi romaine qui accordait aux pères le droit e vie et de mort sur leurs enfants, ne l'accorda point au ^ou- ^memenl, liors les cas prévus par les lois.
C'est encore à l'aide d'une analogie mal étudiée que l'au- Ftiir met tes sacrilèges dans la même catégorie '{ue les adul- ^n. Cet argument nous semble réfuté dans le chapilre o(i tous avons circonscrit dans les limites de la monde sociale i'aciion coèrcitive du gouvernement.
L'ëpttre XLVU de saint Augustin , celle fi Viucenlius , eH plu» remarquable encore que celle dont nous venons de re- •*vpr quelques trails. II faut avouer que l'auteur y déploie une S'Vode subtilité d'esprit et une grande vivacité d'imagination, 'innore iâ saint Augustin marche appuyé sur des analogies ; "lais il les multiplie avec une étonnante profusion. Hren n'est '''"* propre à séduire des esprils peu exercés ou peu attentifs '(Ile di^j, gimililudes familières qui expriment un rapport safl- "" , et cachent une plus grande dissemblauce. Ce fut en tout "■■niis l'arme principale de l'éloquence aopliisliqne, el elle '"' peut tirer un eSrayant parti lorsqu'elle a préalablement
dissimulé ou fait oublier Tétat de la question, première base à poser dans toute bonne argumentation. Nous allons donner, soit textuellement, soit en substance, quelques-uns des passages qui nous ont le plus frappé dans cette épitre, vraiment classique pour Fintolérance et le fanatisme.
a Si quisque inimicum suum periculosis febtibus freneticum factum currere videret in prœceps, nonne tuncpotius malum pro malo redderet, si eum sic currere permitteretj quam si corripiendum ligandumque curaret ? »
a Si (hœretici) terrerentur et non docerentur, improba quasi dominatio videretur, Sed rursus si docerentur et non terreren^ tur, vetustate consuetudinis obdurarentur, »
On peut répondre à cet allument, i<> que la terreur n'a joute guère à la liberté de Tesprit que Ton veut instruire ;^ ") elle ne peut que le troubler, le déconcerter, et préoccupen:^'^r son jugement : on sait assez quelle sorte de conviction pro — ^3duit la vue d'un péril prochain^ ^^ si la terreur est essetïtielliE:^ Me pour ramener des esprits égarés, pourquoi Dieu n*a-t-il poinP' ^^^t fait usage de ce moyen pour l'établissement de l'Évangile r* ^? Les esprits des païens n'étaient pas moins endurcis dans Ve reur que ceux des hérétiques de nos jours; vetustate consue^ tudinis obdurabantur.
« Et qui freneticum ligat, et qui lethargicum exdtat^ om bobus molestuSj ambos amat, d
a Quis nos potest amplius amare quam Deus? Et tamen non solum docere suaviter, verum etiam salubriter terrere cessât, »
a Putas neminem debere cogi ad justitiam , quum legas pa tremfamilias dixisse servis : Quoscunque inveneritis, cùgue m
TRARE?»
(c Magis Ecclesia persecutionem patitur superbia et impietat^^^ camalium quos temporalibus molestiis atque terroribus dare conatur, »
Est-ce l'Église visible, protégée par les Césars, qui souffie ou bien est-ce l'Église invisible, qui ne fait corps que par un
H KOTRS. 'JO^i
H. foi commune, et qui n'a de protecleur que Dieu? Si c'esl
^V cette dernière, elle n'a point en sa main l'épée de César.
^B « Legimtis non solum quod cwciderunt Judœi Paulum a/ws-
tohim , verum etiam quod cœcideruni et Grœci pro Paulo apos-
tolo Soslhenem Judaum. Nonne simUitudo facti quasi ytrosgue
(xmjungit, et tamen eos causœ dmimilitudo discemit? Nempe
tDeus proprio filio suo non pepercit, sed pro nobis omnibus tradidîi illum. o Voilà Dieu lui-mÉme transformé en persécuteur, et en persécuteur de son Fils adorable. Saint Augustin paraît oublier que le sacrifice de Christ fut volontaire ; tout l'effet moral du chrislianisme tient à cela ; il y a une autre observation ii faire sur ce passage. Les adversaires de saint Augustin soutenaient que c'était un signe caractéristique de la vraie Église que d'être persécutée. Ce grand évêque leur répond avec 'raison que ce n'est point d'être persécutée qui la distingue, toiats bien de l'ôtre pour la justice. Cela est vrai; mais s'en- 8uit-îl que le caractère de ta vraie Église soit de persécuter f n n'y a point de lien entre ces deux propositions.
Plus loin , il cile l'exemple de Nabuchodonosor, d'abord persécuteur des saints, et tournant ensuite sa colère contre les ennemis des mêmes saints. Q voit dans ce prince la double image de l'impièlé qui persécute , et de la vraie Église qui . persécute à son tour. Ce rapprochement nous semble odieux ; la seconde action de Nabuchodonosor n'est pas moins tior- 'Tibie que la première, (Voyez Daniel, chap. III.)
n noslrum, quis vesthvh non laudat legex ab imperatoribui datas adversus sacrificia paganorum ? n
Le malheur des donatistes était de ne pas concevoir la li- - berté religieuse dans son universalité; ce qui les prive de lOute réponse solide à cet argument. Le malheur des dona- Uslea a été aussi le malheur de la cause dont ils étaient alors les représentants. En tout temps , ceux qui ont revendiqué b tiberlé ne l'ont revendiquée que par rapport à eux; et, repoiurant loin d'eux la persécution , ils trouvaient fort boa
qu'elle tombât sur d'autres. Ils s'^ppuyai.ent , dai^ le^v défense, ^ur telle ou telle circonstapce qui leqr ét^it propre, non poipt sur les drpi(s ^bsolps et généraux de la ][>ensée et d§ la cprjççjence. C(Ç ij'^st guêpe que (Jp PP§ jpur§ <JUp Ift fé- Qj^l^ation e§t dé^jntéres^^^ pt pfiilo^ophiguje,
^ yîî(/e^ /(^^"^ jciïïi n(in e^^ cpnsid^qndum qupd guùme cogitur^ &ed qt^l^ $i( i(lud ^y.o cogiti^r^ utrwofi bonym qhU malum. »
l^'af jgufuent est saps force ; aussi longt^paps (|ue le^ (|octripps reiigiei^ses seront ipéyidentes p^ Ipur pâture, ch^cqo restera juge du bîpp ou |iu ifî&l 4e ce$ doctrines : Utrun^ Aonurr^ aut malum.
P^ps 1^ suite 4^ cette Lat^e, ainsi que dans la Ifi h Popîface, Augustip §'^ttache à p^optrer qpe Ips persécp^ioos sopt très propre^ h atteindre le but (ju'on se propo^^, la conversion réelle des infidèles et des héréti(]|u^s.
Dans la Lettre CÇIY, à Don^t^ il pass^ en revue et cherqliç à féfuter les argpinepts très censés de cet évéqpe spr |a liberté de conscience.
Nous croyons ^e\o\iç mettre un terme à ces extraits : mais nous ne finirons point sans pops donner la satisfaction d'eplever aux apiateurs des perséputions sanguinaires l'appui du vénérable évêque d'Hippone. Vqjcî comment il s'exprime dans sa Lettre CXXVII, adressée au proconsu} Donat : a Conngi eos cupimus , non necari ; nec discipUnam circa €0$ negligi txh lumuSy nec suppliciis quitus digni sunt çxerceri, Quœsumus igitur ut y cum Ecclesiœ causas audis.,. pote^tatem occidendi te habere obliviscaris, »
NOTE XIX, page 182.