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fin dernière, c'est la (l('linitioii niôine donnée par Aristote (le la Nature.
Mais prenons garde cependant que, si tous les êtres Liiomme sans exception tendent à une fin, seul Têtre conscient, mie nn
, , . , . , . . . morale.
intelligent et libre, peut agir întentionnellement,en w^e d'une fin. La pierre ({ui tombe invariablement vers le centre, les planètes qui décrivent leurs orbites autour de leur soleil, le germe qui évolue vers un type préfixé, vijgétal ou animal, se dirigent vers leur fin, aveuglément et sans le savoir ; ils sont poussés par leur nature, bien plus qu'ils ne se dirigent euxmêmes. Tandis ({ue l'homme peut connaître la fin qui lui est imposée, se diriger librement vers elle, par des moyens appropriés, ou bien s'en éloigner librement par sa faute.
Cette dilïérence capitale, qui relève infiniment notre nature morale, au-dessus de toutes les créatures inférieures sans conscience et sans liberté, a une grande portée dans la solution du problème qui nous occupe, car si, de fait, une fin supérieure s'impose à notre raison et attire nos volontés, il suffira d'interroger nos consciences avec sincérité pour la découvrir.
Or la réponse de la conscience n'est pas douteuse
L'horaino
elle nous atteste, en premier lieu, que l'homme est esicréé crée pour le Devoir. Devoir.
Sans chercher à approfondir par des analyses savantes cette notion du devoir, — ce qui serait au moins prématuré, — il nous suffit d'en retenir le sens vulgaire. Cette grande voix de la conscience et de la raison, nous apprend que le devoir est une ligne de conduite raisonnable imposée à notre volonté par la Raison éternelle. Sans cesse elle nous dit (|u"il faut
faire le bien et fuii- le mal. et que ce n'est pas là un simple conseil, un idéal facultatif, mais une obligation absolue et sans condition, un « impératif catégorique ». Elle ne nous dit pas seulement : si tu veux être raisonnable et sage, fais le bien, évite le mal, elle ajoute : tu es obligé de le vouloir.
Sans doute, je puis résister à ses ordres et les violer, tandis que la pierre ne peut se refuser d'obéir à la loi de la gravitation qui l'attire vers le centre. Mais la révolte, toujours possible, de ma volonté contre le devoir, est impuissante à abolir le devoir. Après mille révoltes, le devoir n'est encore pas entamé ; il reste ce qu'il était, il réitère les mêmes ordres, revendique la même obéissance; il demeure supérieur à tout ce qu'on lui oppose, parce qu'il est, comme nous le démontrerons, le porte-voix et l'écho de la Raison éternelle et delà Volonté souveraine.
Barrière Yollà uu fait d uuc évldeuce quotidienne et univer-
au scep- .
lidsme sclle, qu'aucuue conscience honnête et sincère ne peut nier, un fait aussi évident que le soleil qui nous éclaire, et Kant a pu justement comparer ce ciel lumineux qui éclaire la conscience de tous les êtres humains, au ciel physique étendu sur nos têtes, comme une voûte immense, qui nous inonde de ses clartés et nous domine de toute part par son écrasante immensité.
Impossible de le nier, impossible de nous soustraire à son domaine absolu. Tous les peuples, même les plus barbares, l'ont reconnu d'une manière théorique ou au moins pratique. Toutes leurs institutions politiques ou religieuses, leur littérature et leurs arts, témoignent que la notion du devoir est une idée courante, essentielle à la raison humaine. Des philosophes seuls ont pu la mettre en doute par nécessité de système.
Iionnele .