‹ La liberté et le devoirChapitre 130 sur 205 · II. LK DEVOin. — LA LOI MOHALE · texte numérisé non relu

II. LK DEVOin. — LA LOI MOHALE

les premiers inventeurs et prop;igateurs de ces cultes ahonii lia bles.M.i Isa près | il usieurs {généra lion s, et lorsque la perversion des mœurs publiques est devenue générale dans certaines tribus, il est bien difficile de préciser jus(in'o(l peut aller la bonne foi, au moins dans les masses po[)ulaiies, car nous devons excepter les esprits cultivés et supérieurs, qui ne peuvent pas ne pas sentir l'état de dégi-adalion morale de leurs frères égarés. C'est à Uieu seul, «scrutateur infaillible des reins et des cœurs», qu'il appartient de peser la responsabilité de ces pauvres gens, dans les balances de sa miséricordieuse justice.

Il suffit tlonc à un homme d'avoir normalement développé sa raison, et de n'avoir pas le cœur entièrement dépravé, pour connaître les premiers principes généraux et concrets de la loi naturelle. Ils sont aussi évidents pour toute intelligence que les autres principes généraux des sciences et des arts.

Ce caractère évident et absolu de la loi naturelle, sanction

^ . . . ,, de la loi

au moins dans ses premiers principes, nous rappelle naturelle, le mot redoutable de S. Paul affirmant que les païens eux-mêmes sont inexcusables de certaines transgressions, et la question inévitable dé la sanction de la loi naturelle se dresse aussitôt devant notre esprit.

Les transgresseurs seront-ils punis ; et les fidèles observateurs, récompensés tôt ou tard?

La réponse n'est plus qu'une conclusion très sim- sanction pie des [irincipes posés jusqu'ici. Puisque la loi ueiie. naturelle nous indique les moyens nécessaires pour arrivera notre fin dernière, il est impossible que ceux qui refusent de les prendre puissent jamais atteindre leur fin bienheureuse ; ils en seront donc privés. Il est pareillement impossible que ceux qui ont pris ces

moyens nécessaires ne l'atteignent pas : ils seront donc bienheureux.

L'obtention de leur fin bienheureuse sera donc la récompense des bons : la privation de cette fin, qui est le plus redoutable des malheurs, sera donc la punition terrible des méchants.

Cette conclusion repose si clairement sur l'essence des choses, que nous ne pourrions comprendre qu'il en fût autrement, mêmepar la toute-puissance divine. Même par miracle, les moyens ne peuvent pas ne pas conduire à la fin, et la fin ne peut être obtenue sans les moyens nécessaires (1). Voilà pourquoi notre sort est irrévocablement fixé par la morl, dans un bonheur ou un malheur éternel.

Sanctions Bleu ditTéreutes en cela des sanctions établies par ^telles."' les lois humalues, qul consistent toujours en des récompenses ou des peines ajoutées à la nature des choses Qi accidentelles, — que partant le législateur investi du droit de grâce peut modifier à son gré, — la sanction résulte ici de l'essence des choses qui est immuable, plutôt que d'un libre décret de Dieu. Aussi, à aucun moment de l'éternité, Dieu ne pourra faire que celui qui a atteint sa fin ne l'ait pas atteinte, ou que celui qui s'en est éloigné n'en soit pas éloigné.

Peut-être, s'il lui plaisait, Dieu pourrait-il mitiger ou supprimer les peines accidentelles, s'il s'en ajoutait à cette peine essentielle ; quant à cette peine essentielle du dam, elle parait impossible à supprimer, sauf toutefois par l'anéantissement du coupable ; mais cette hypothèse est sûrement contraire à la nature de nos

(1) « Ubicuuique est aliquis debitus ordo ad fineni, oportet, quod ordo ille ad finein ducat, recessus aulem ab ordine tinem excludal... Oportet igitur quod, si ordo ille recte positus est, incedenles per iilum ordiiiem tinein boni consequantur, quod est prœiniari : recedenles autem ab illo ordiue per peccatuui a fine boni excludi, quod est puniri. » S. Thomas, Contra Gent., liv, Ul, ch. 140.

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