II. LE DEVOIH. — l-'lDÉE DE DEVOIH DA.NS AfUSTOTE iHo
une idiie si élevée et si suljliine de l^i fin deinirre de l'homme, qui doit être une IJéalilude complète (1), sans lacune dans la durée on la porfeclion, et ayant [)our ol)jet la conliMiiplalioii même de Dieu, il ail omis de conclure qu'un tel bonheui- est trop pur et trop parfait pour être de ce monde, et qu'il exigerait une y'w. (Hernclle, conformément an célèhre principe* que la « Nature ne fait rien en vain ».
dépendant il serait injuste de consiflérer ces omissions rogreltahlcs comme des négations. Aucun texte formel ne nous y autorise, l'eul-étre ces développements, bien mieux indiqués par Platon, se trouvaient-ils dans les parties qui nous manquent de sa morale, car il nous manque pr<'cis('ment, suivant la juste remarque de H. Sainl-llilaire, les géni-ralilés ou les traités généraux.
Il serait donc plus é(|uitable de comjiléter l'œuvre frau;mentaire qui nous reste d'.Xristole, soit par les conséquences logiques qu'elle contient, soit par les brèves indications de sa pensée éparses ça et là, enfin par les théories morales beaucoup plus complètes de Platon, son maître et son vieil ami, qu'il n'a jamais combattues ni reniées, malgré l'opposition des méthodes, et qui paraissent d'autant mieux concorder avec les siennes, (|u'on les étudie plus à fond.
Concluons donc que, si la morale d'Aristole est à développer et à compléter, elle n'est nullement à changer, ni à refaire. Aussi .M- lîrocliard nous parait-il bien mieux inspiré, lorsqu'à la fin de l'article déjà cité, il terminait par ces mots : « Si les Grecs n'ont achevé aucune science, ils ont posé du moins les fondements de toutes. Et cela paraît surtout vrai en morale. Peut-être, après tout, ce que les éléments d'Euclide sont à la géométrie de tous les temps, ce que VOrgaiwn d'Aristote est à la logique immuable, Y Ethique à IS'icomaqttc l'est-elle à la morale éternelle. » — Très bien. Mais aloi's que devient cette prétendue opposition irréductible entre la morale aristotélique et la nôtre, entre la morale des anciens et celle des modernes?
T£/stov ■ oO'liv yào «tî/v/ç ittI. tojv r/j^ î\t(ia.iu.o-jiu:,Elh. Nie, I. X, c, vu, § 7, lin.