‹ La liberté et le devoirChapitre 184 sur 205 · III. CRITFOUE. — KANTISME ET NÉO-KANTISME · texte numérisé non relu

III. CRITFOUE. — KANTISME ET NÉO-KANTISME

On a accusé un te) formalisme de devenir parla N'e.ipa.

un principe uiilitaire

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utilitaire, mais il n en est rien. Il est (au moins cip.

sur ce point de l'universalisation des maximesi parfaitement raisonnable, et guidé par un principe de raison. Qu'importe, si le raisonnable cadre à merveille avec l'utilité publique ; c'est la raison et non l'utilité qui reste le critère du bien. Malheureusement pour Kant, ce critère objectif dont il s'inspire accidentellement, est emprunté par lui à la vieille morale de Tordre, et ne saurait trouver place dans son sj'stème.

Ce qu'on lui a reproché avec beaucoup plus de vé- .m»i»

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rite, c'est que la légalité, malgré son caractère de cadre vu légalité universelle, n'en demeure pas moins une forme abstraite et vide de tout contenu.

C'est un phare sans lumière et invisible, vers lequel on nous ordonne de nous orienter. Sans doute, il faut faire notre devoir, tendre au bien suprême, mais lequel? On oublie de nous le dire, et nous répondre : le devoir pour le devoir, la légalité pour la légalité, n'est pas répondre à la question capitale, objet de l'éternel litige entre les diverses écoles de morale : quel est le bien suprême ?

C'est à remplir ce vide de la morale Kantiste, que ses les néo-criticistes se sont particulièrement appliqués, eLaiem sans trop se demander si leur principe subjectiviste remplir, leur donnait le droit de rechercher autre chose qu'un idéal sans objet réel, forme illusoire de notre esprit.

Tout d'abord, M. Renouvier rejette énergiquement l'antériorité de la loi sur le bien. «Nous repoussons, dit-il, le paradoxe que Kant énonce de cette manière : la notion du bien et du mal n'est le fondement de la morale qu'en apparence ; elle n'est pas déterminée avant ; sa détermination en procède. — La loi morale, au contraire, ne peut être comprise ni définie sans la notion du bien et du mal... Mais la notion du bien

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et du mal n'atteint son universalité et sa pureté que lorsque la loi morale est conçue de façon à produire une formule abstraite, voilà ce qu'on doit concéder à Kant (1). »

Les néo-criticistes recherchent donc une « formule abstraite » capable d'exprimer dans toute « sa pureté » la notion du bien absolu. Mais, comme le leur reproche M. Fouillée, ils se contentent trop facilement de nous montrer que leur formule est abstraite et universelle, sans nous montrer qu'elle est l'expression véritable du bien. Le général est-il toujours moralement bon ; et pourquoi la généralité serait-elle nécessairement bonne? Un joug universel serait-il une liberté ; et un malheur général, serait-il un bien ?

"STd" Cette réserve faite, examinons la <^ formule abstraite » proposée parles criticistes pour remplir le cadre laissé vide par Kant. Leur formule, obscure et majestueuse, comme il convient à leur idéal, est celle-ci : < V humanité fin en soi ». Cette idée de l'humanité fin de l'univers, fin en soi, est une spéculation métaphysique, si jamais il en fut ; aussi Kant dans sa Critique de la raison pratique, n'a-t-il pas osé en faire le fondement avoué de sa morale, malgré des préférences secrètes qui percent assez souvent. Nos criticistes n'ont pas imité les réserves du maître, et ce sont les champions acharnés de la relativité de toutes nos connaissances, qui font appel à la notion absolue de V humanité fin en soi.

Que peut signifier au juste cette formule ? Que l'idée universelle d'humanité soit absolue, comme toutes les idées universelles d'animalité, de vitalité, de rotondité, etc.. Nous l'accorderons volontiers, ces no-

(1) Renouvier, Essais de critiq., Psychologie, III, p. 173.

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