‹ La liberté et le devoirChapitre 48 sur 205 · I. LA LIBEHTé. — LA LIIIKRTK ET LA MÉTAPtlYSIQUE *M · texte numérisé non relu

I. LA LIBEHTé. — LA LIIIKRTK ET LA MÉTAPtlYSIQUE *M

drait-il nécessairement après lui? Gomment le phénomène B serait-il nécessairement déterminé à Texistence et à telle existence, par le phénomène A qui le précède? Le phénomène A a cessé d'être quand le phénomène B commence, d'après la notion môme de succession, qui consiste en ce que l'un des termes cesse à l'instant où le suivant lui succède. Mais si A n'est déjà plus quand B commence, comment B pourrait-il être déterminé par A? Du reste, un pur phénomène n'agit pas, c'est une abstraction de l'esprit; et s'il n'agit pas, il est incapable de déterminer un autre phénomène. Les phénomènes se succéderaient donc dans une complète indépendance, sans se déterminer les uns les autres ; et si cette indépendance n'est pas encore la liberté, comme le voudrait M.Renouvier, elle en est bien plus rapprochée que du déterminisme, car elle est la négation même du déterminisme.

J'entends bien ce que les phénoménistes me repli- La loi quent : la succession des phénomènes est déterminée remplace

pas

par leurs lois. G est la loi qui les régit, en indiquant 'a s"bsle commencement et le terme de leur évolution. G est la loi qui produit et gouverne tout.Ge motde loi revient sans cesse sous leur plume ; c'est la réponse à tout. Mais je crains bien que ce soit un mot incompris et vide de sens.Gar la loi physique, en dehors d'un code qui la concrétise, ne désigne qu'une abstraction ; or dans la nature il n'y a pas de code, ni de tables de la loi ; il n'y a que des agents et des manières d'agir, et ce sont ces manières uniformes d'agir, naturelles aux agents, que l'on idéalise sous le nom de loi. Ainsi la loi de la pesanteur ou de la gravitation universelle des corps, n'existe pas au-dessus et en dehors des corps. Elle n'exprime, d'une manière idéale et abstraite, que la manière d'agir uniforme de ces agents corporels

que nous appelons atomes ou molécules. Supprimez ces actions ou ces agents, il n'y a plus de loi.

C'est précisément ce que fait le phénoménisme : il supprime l'agent et sa causalité, et partant il supprime la loi qui n'est qu'un mode de cette causalité. La loi n'est donc plus pour les phénoménistes qu'un mot vide de réalité, à moins qu'il ne soit un moyen de rétablir subrepticement la causalité efficiente qu'ils ont supprimée. Ils attribuent souvent, en effet, à la loi le rôle causal d'un principe d'opération, d'une véritable substance, à ce point qu'un auteur récent a pu leur proposer de définir la substance par la loi, et partant d'identifier ces deux termes, loi et substance.

Mais n'encourageons pas ces dangereuses équivoques, et demandons nettement aux phénoménistes si, sous le nom de loi, ils veulent entendre un principe d'opération, une véritable cause efficiente. Si non, il n'y a plus sans doute pour eux de liberté, mais il n'y a pas davantage de causalité quelconque ni de déterminisme, comme nous venons de le dire ; — si oui, il leur faudrait démontrer qu'un principe d'opération a toujours un mode d'agir nécessaire et jamais un mode libre, et pour cela il leur faut recourir à des arguments nouveaux.

^ C'est d'abord le principe de contradiction, qui a été

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J,*;^ invoqué à l'appui de cette thèse par les déterministes diction. ç[q tous les siècles. Déjà Aristote connaissait l'objection,et l'exposait avec toute l'ampleur et la force d'un adversaire qui ne la redoute pas. Deux propositions contradictoires ne peuvent être à la fois vraies ou fausses toutes les deux. Ainsi de ces deux propositions : Dans telles circonstances, Pierre péchera, — Pierre ne péchera pas, l'une est nécessairement fausse. Pas

principe

de conira

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