I. LA LIBERTé. — LA LIBERTR KT LES SCIENCES MODERNES
L'âme étant la forme substantielle du corps, c'est encore par un SLcleimnKinent que l'âme agit dans son propre corps. La conscience en témoigne clairement, et la raison nous expliijuo ([ue dans l'acte immanent, les facultés de rame agissent les unes sur les autres, et partant les facultés inorganiques peuvent agir sur les facultés organiques (1).
C'est ainsi que la faculté de vouloir meut la faculté locomotrice: lavolonté commande aux nerfsla marche ou le repos. Que la volonté donne cet ordre avec ou sans liberté, cela importe })eu pour la (juestion présente. Puisque, de fait, lavolonté humaine est tantôt libre et tantôt nécessitée, il faut bien admettre quand même, pour les deux cas, qu'elle meut les forces nerveuses. et physico-chimiques emmagasinées dans nos membres, sans augmenter ni diminuer ces forces, selon le principe de l'invariabilité de l'énergie.
Nous allons essayer bientôt de comprendre le pro- A'='«' cédé de cet acte immanent par lequel nous nous mou- ^ ,^°"* vous nous-mêmes, mais auparavant faisons encore ''*^"'«observer au savant que l'action automotrice de l'âme humaine n'est pas une anomalie dans la nature, une exception surprenante, mais un cas universel pour tous les vivants, animaux et végétaux, qui tous se meuvent eux-mêmes avec spontanéité et immanence, et qui pour ce motif sont dits animés.
Sans faire aucunement varier la somme des énergies actuelles et potentielles des forces physico-chimiques, — comme le constate la science (2), — le
(1) Dans la rigueur de leur langage, les scolastiques appellent cet acte d'une faculté sur une 3iUlve,virlualiter transie)is,y)OUY le distinguer de l'acte qui reste d;ins la même faculté, mais ils n'en sont pas moins l'un et l'autre im»m/i«}/Us, puisqu'ils ne sortent pas de l'ùme ou du composé humain qui les produit. Leur opération est ad intra et non pas ad extra.
(2) Des expériences aussi délicates que possible, ont constaté que
principe de vie végétative s'empare des molécules élémentaires: hydrogène, azote, carbone..., et de leurs aptitudes physico-chimiques, pour les diriger, les combiner en protéine, hydrocarbures, tissus végétaux..., suivant une finalité déterminée.
De même, le principe de vie sensible et animale, s'empare à la fois des forces physico-chimiques et des matériaux élaborés par la vie végétative, pour les élèvera une organisation et une vie plus haute. Il n'est donc pas étonnant que le principe supérieur de la vie raisonnable opère la même ascension des forces inférieures, sans rien retrancher ni ajouter à leur énergie totale.
Reste à expliquer le comment de cette mystérieuse opération de l'action vitale immanente.
pfiMtion' Faire varier la direction ou l'état de l'énergie physico-chimique, soit enlui imprimant une finalité spécifique, soit en la faisant passer de la puissance à lacté ou de l'acte à la puissance, ce n'est pas faire varier la quantité de cette énergie, mais seulement son état ou sa qualité.
Il est clair, en eff"et, d'après les principes même déjà accordés à nos adversaires, que la même quantité d'énergie peut être en acte ou en puissance, dans une direction ou dans une autre, et peut successivement passer par ces divers états, sans augmenter ni diminuer en quantité.
La . Il n'y a donc rien de contradictoire à ce que l'âme
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.peu' puisse faire varier les qualités susdites de l'énereie
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sans physico-chimique emmagasinée dans ses membres,
mécani- gaus faire varier sa quantité.
Sans doute, pour faire opérer ces mêmes changements de qualité par un mobile extérieur, il faudra que ce mobile ait une quantité déterminée de masse
la quantité de travail fourni par les êtres vivants est constamment en rapport avec l'énergie reçue de l'extérieur et emmaffasinée par eux.
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