LA LIHCKTK. — LA LIBEUTK KT LES SCIENCES MODERNES
l'expérience*; — < ces principes de mécanique sont des conventions, non pas absolument arbitraires, mais commodes, c'est-à-dire appropriées à Texpérience > ; — « ce sont des à peu près, des approximations sng<(érées par l'expérience (1). >
Malgré l'autorité de ces témoignages, nous devons reconnaître ({u'ils sont des exceptions, et nous accorderons un principe réclamé parla presque unanimité des savants contemporains. Ce n'est pas par une fissure inlinitésimale, ou sous le couvert d'une équivoque, qu'il nous convient de faire entrer la liberté en ce monde; elle doit y entrer par la grande porte, sans déguisement, et comme il convient à une reine.
Nous accordons par conséquent aux savants que la liberté humaine n'augmente ni ne diminue en rien la somme des énergies physico-chimiques ; et qu'elle n'a aucune prétention à venir troubler les paisibles calculs des physiciens. Mais remarquons bien que c'est la constance de la. quantité ei non celle des qualités de l'énergie qui est affirmée dans ce principe, de l'aveu unanime des savants. Nous verrons bientôt l'importance capitale de cette observation.
Reste à examiner la seconde proposition : on ne qd dirige, ou l'on ne fait passer de la puissance à l'acte '"scœud* ou de l'acte à la puissance, une force matérielle ou p"""p«physico-chimique; que par une autre force de même nature^ produisant un travail mécanique.
Accorder cette proposition, ce serait accorder ou bien que l'âme humaine est matérielle, ce qui est contraire aux certitudes fondamentales de la philosophie ; — ou bien qu'elle est incapable, n'étant pas matérielle, de mouvoir le corps, assertion non moins
(1) l^o'mca^r ré, Congrès international de philosophie, séance du 2 août 1900 ; Reuiie de métaphysique, 1900, p. 557.
contraire aux faits les mieux établis par rexpérience interne.
il est II nous faut donc discuter ce second principe, en les examinant tout d'ai)ord les preuves sur lesquelles il
iransiii- se foude. Ces preuves se ramènent au témoignage de l'observation. C'est un fait constant, nous dit-on, que pour mouvoir un corps en repos ou diriger son mouvement, il faut l'intervention d'une autre force matérielle produisant un certain travail. La nature, ajoute-t-on, ne nous olfre aucun exemple d'un fait contraire. — Nous en convenons, répondrons-nous, il en est ainsi dans tous les cas soumis à l'observation du mécanicien, c'est-à-dire dans tous les cas de transmission de mouvement d'un corps à un autre corps, par choc q\. action extérieure om transitive; mais en conclure qu'il en est de même dans le cas d'action vitale immanente oîi l'être se meut luimême, c'est outrepasser les données de l'observation extérieure où s'en ferme le mécanicien, et conclure c^'-?/. ri genre à yn autre geyire : ce qui est un pur sophisme.
Faux Que si élargissant le champ de ses observations, le
Sm- savant voulait bien s'élever avec le psychologue jusqu'aux opérations immanentes de la conscience, il observerait d'abord que l'âme se meut elle-même, par un tout autre procédé que celui de la mécanique.
Lorsqu'une pensée provoque l'affirmation, la négation ou le doute, lorsqu'elle suscite l'amour ou la haine, les notions fondamentales de la mécanique n'ont plus ici aucun sens. Il n'y a plus de masse, ni de poids, ni de volume, ni de choc, ni de vitesse, ni de trajectoire ou de direction de vitesse, ni de travail produit. Qui est-ce qui voudrait mesurer le travail de la pensée par le demi-produit de la masse par le carré
m v^ de la vitesse — ?t~?
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