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I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES \H

si invraisemblable, et, coinine pliilosopbe du moins, nous n'y trouvons rien à redire, pas plus qu'à la description physiologique de l'eirortaltentionnel.

Jus(ju'ici nous sommes d'accord avec les physiologistes, et si nous nous séparons d'eux ce ne sera que sur les conclusions ou interprétations de ces faits.

Il est certain que l'elfort attentionnel volontaire se Discu»-

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révèle à notre conscience comme cause active ou, ce^raits. pour être plus précis, comme cause excitatrice de l'activité organique. De (juel droit pourrait-on le nier, et soutenir au contraire que l'activité organique est la cause, et que l'ellort volontaire n'est qu'un ellet purement passif, un écho, un reflet, de l'activité organique, en sorte que ce sentiment de causalité et de maîtrise que nous éprouvons dans l'eirort volontaire ne serait plus qu'une illusion de conscience?

Or telle est bien l'interprétation des positivistes. Pour eux, les mouvements des membres, de la tête, de la face, des poumons, que nous avons décrits, l'hyperhémie du cerveau, l'excitation des lobes frontaux, ne sont pas les effets de l'edort volontaire, mais en constituent tous les éléments actifs. Les images cérébrales excitent les nerfs périphériques ou du moins les ganglions sensoriels, et ceux-ci réagissent par action réflexe sur les images cérébrales pour les rendre plus vives : tel serait tout le mécanisme de l'attention. La conscience, la volonté, ne seraient que des témoins passifs de cette réaction physiologique : « Ce n'est pas elle qui fait la besogne, dit M. Ribot, elle en profite seulement (1). »

Rien de plus fantaisiste et déplus gratuit qu'une telle interprétation. Encore une fois, c'est troncjuer les faits, pour les plier à une théorie, au lieu de plier la théorie et de la modeler sur les faits.

(1) Ribot, Phyxiologie de l'altenfjon. p. 3G.

Théorie Poursuivons quand même, et vovons si la tliéorie

de l effort , . ,

d'arrêt, des idées-reilets pourra tenir Jusqu'au bout. Après l'analyse de l'effort musculaire et de l'effort attentionnel, passons à l'analyse physiologique de l'effort de réflexion ou d'ar^^êt qui, nous l'avons déjà dit, constitue la première phase de l'acte volontaire. Le premier effort de la volonté est, en effet, d'arrêter et de suspendre le cours de l'activité spontanée pour réfléchir et délibérer.

Puisque, d'après nos adversaires, toute l'activité soi-disant volontaire, est une résultante de l'activité organique ou physiologique, comment pourra-t-elle s'arrêter et se suspendre elle-même ? Comment le torrent impétueux d'un fleuve pourra-t-il s'arrêter et remonter vers sa source ? comment l'explosion commencée d'un gaz pourra-t-elle s'interrompre ellemême et ajourner la suite au lendemain ? C'est le problème qui se pose à nos savants, et Ton avouera qu'il n'est pas commode à résoudre.

Ce pouvoir d'inhibition, par lequel nous arrêtons parfois à notre gré le cours de nos passions pour les maîtriser, ou le cours de nos pensées et de nos désirs pour les contrôler ou les contempler à notre aise, est le nœud du problème. M. Ribot l'a bien senti ; il a bien compris que tant que l'on ne pourrait expliquer ce fait, sans recourir à l'effort d'une activité supérieure, la volonté libre demeurerait comme dans une citadelle inexpugnable.

Grave Or cettc Citadelle est bien loin d'être prise par nos pour la adversaires. Ecoutons leurs aveux et leurs doléances : « La doctrine courante (spiritualiste) admet (jue la volonté est un /?rt^ auquel les muscles obéissent on ne sait comment. Dans cette hypothèse, il importe peu que le fiat commande un mouvement ou un arrêt. (Donc pas de difficulté dans la théorie spiritualiste.)

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