‹ La liberté morale (volume 2)Chapitre 85 sur 101 · LE CIEL · texte numérisé non relu

LE CIEL

Notre ciel fait notre terre et la vie actuelle est fille plus qu’on ne le croit de la vie à venir. Nous l’avons vu, partout où la mort amène à sa suite l’absorption, la métempsycose ou le néant, les horizons se ferment et se resserrent ; c’est comme la voûte d’une prison qui se scelle au-dessus de notre tête. Notre personnalité précaire et qui va périr semble être devenue dès à présent moins réelle; et l’on sait ce qu’il advient de la liberté lorsqu’on ôte l’individu !

Le ciel de l’Évangile est une éclatante proclamation de l’individualisme. L’identité personnelle y éclate; elle sert de base au jugement, elle se maintient intacte dans l’éternité. Je parle du ciel de l’Évangile et non de celui de la tradition; si nous consultons le Paradis du Dante au lieu d’ouvrir le Nouveau Testament , il est certain que nous trouverons là quelque chose qui, sans aller jusqu’à l’absorption orientale, s’éloigne beaucoup du bonheur promis aux rachetés sur « la nouvelle terre où la justice habite *. »

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