‹ La liberté morale (volume 2)Chapitre 97 sur 101 · L’ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

L’ÉGALITÉ

par les lettres que les apôtres adressent en divers lieux L J’en dirai autant des Agapes ; tous ceux qui s’efforcent d’en faire un acte d’égalité sociale oublient qu’elles étaient un acte de fraternité religieuse. C’étaient des repas où l’on communiait et qui reproduisaient ainsi le souper où la Cène fut instituée. La première épître aux Corinthiens ne laisse subsister aucun doute sur ce point. Relisez le chapitre XI : « Quand vous vous assemblez de cette manière, ce n’est pas manger la cène du Seigneur; car, lorsqu’il s’agit de prendre le repas, chacun prend par avance son souper particulier, en sorte que l’un a faim et l’autre fait bonne chère. N’avez-vous pas des maisons pour manger et pour boire? ou méprisez-vous l’Église de Dieu? »

Impossible de parler plus net ; s’il s’agit de manger et de boire, vous avez vos maisons; s’il s’agit « d’annoncer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne, » maintenez la précieuse et douce égalité de tous les frères. — Pourquoi ceux qui ont découvert un nivellement social dans les agapes primitives ne le découvrent-ils pas aujourd’hui dans ces soirées religieuses que les chrétiens de Londres offrent quelquefois aux pauvres gens qu’ils évangélisent? Les rangs s’y confondent; on y prend du thé ensemble; mais aussi on y prie, on y chante les louanges de Dieu, et personne ne peut s’étonner que les distinctions s’y effacent comme à l’égîise.

1. Je ne veux pas redire ce que j’ai dit ailleurs et ce que la plus simple lecture des Épîtres rend évident. Les devoirs des riches sont rappelés à chaque instant par les apôtres; mais parmi ces devoirs, celui de mettre tout en commun n’est jamais mentionné. Décidément le christianisme soeialiste n’était pas encore découvert.

Pour que la liberté des relations entre les diverses classes subsiste, il importe de maintenir leur vérité. Ce qui est faux n’est jamais bon : la fausse égalité ne produit que de la gêne, des froissements, de l’irritation; elle amène la guerre et non la paix. Dans la crise démocratique que nous traversons et que doit marquer, espérons-le, l’heureux avènement de la classe ouvrière , le succès dépend d’une seule chose. S’adres sera-t-on à la fausse égalité ou à la vraie, au socialisme ou à l’Évangile ?

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