‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 146 sur 196 · LES FAUSSES POSITIONS · texte numérisé non relu

LES FAUSSES POSITIONS

mieux en accord avec le caractère de mon père, si simple, si désintéressé, si dépourvu de toute ambition et de toute prétention?

La question ne fut pas même posée alors. Mon père trouva très-naturel de prendre, après la mort de son vénérable parent, le titre qu'il lui transmettait. Bien plus, avec la confiance trop absolue qui accompagne d'ordinaire la loyauté, il ne pensa pas qu'il fût nécessaire le moins du monde d'assurer à une transmission aussi légitime la sanction officielle que, dans la situation qu'il occupait à cette époque, il eût certes obtenue sans difficulté.

Ce n'était qu'une formalité ; mais le jour vint où nous regrettâmes qu'elle eût été négligée. Ce jour-là (c'était vers la fin de la vie de mon père) il n'eut pas d'hésitation : il écrivit à l'Empereur, le priant de lui accorder par voie gracieuse la régularisation expresse qu'il avait omis de réclamer au premier moment. Elle est venue après sa mort, sous la forme délicate d'un décret impérial qui autorisait l'érection à Orange de la statue du comte de Gasparin.

De plus habiles que' moi auraient tû ces choses. J'ai tenu à les dire, restant ainsi fidèle à nos principes de sincérité. Je ne saurais d'ailleurs parler de la liberté qu'en homme libre et à la condition de ne pas conserver dans l'arrière-cœur, même à titre de souvenir,' la moindre trace d'une réticence gênante.

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