Le meme fait se reproduit en Egypte
imilaient leur souverain et que chaque gouverneur de province disposait d'un pouvoir auquel on ne songeait guère à résister.
Individualisme et liberté, c'est tout un: or, quelle est en Perse la place de l'individu? Le Zend-Avesta avec sa morale annulée par son dualisme, le règne d'une caste de prêtres qui réduit la vie entière en pratiques et en formules, un code sacré qui est en même temps un code civil, réglant à la fois la religion, les mœurs, la politique, la liturgie et l'économie domestique, en voilà plus qu'il n'en faut pour réduire au néant les convictions personnelles. La Perse, selon la méthode païenne, charge la nation de -croire, au lieu et place des individus.
Gela ne l'a pas empêchée d'avoir une réforme, trèsnationale aussi et opérée de haut, celle de Zoroastre. Elle a eu, en outre, des philosophies et des sectes, celles-ci inclinant à la métempsycose indienne, celleslà penchant vers le scepticisme ; mais nous avons vu tout cela dans d'autres pays, où les fantaisies philosophiques et sectaires ont^ conservé, comme en Perse, ce caractère accommodant qui évite de mettre en péril l'unité et sait se prêter à l'accomplissement des rites.
Telle a été la Perse. J'ai dit le bien et le mal. Tout en signalant les causes de servitude morale qui ont pesé sur elle, j'ai reconnu avec joie ce qui la rend supérieure à l'Inde et à la Chine. La Perse a eu le ciel sur sa tête et la terre sous ses pieds; elle a connu les espérances éternelles, elle s'est proposé, non d'échapper à la vie, mais d'en remplir les devoirs. Il y a là tout un côté sain de ses croyances; il explique la vigueur d'une nationalité qui a été si lente à mourir.
LA PERSE
Lorsqu'après cinq siècles de domination des Parthes arsacides, les Perses se lèvent comme un seul homme sous la conduite d'Artaxercès, lorsqu'ils rejettent leurs oppresseurs en Scythie et fondent la dynastie glorieuse des Sassanides, le Zend-Avesta reparaît avec eux, les idoles tombent, les temples sont abattus, le culte du feu recommence et un concile national, composé de quatre-vingt mille mages, manifeste la puissance d'une foi que le polythéisme avait supprimée sans parvenir à la détruire.