‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 44 sur 196 · II, Rois, xvnr, 28 et suiv · texte numérisé non relu

II, Rois, xvnr, 28 et suiv

nations, que les chefs de nations sont tentés de se transformer en dieux. Quand Nébucadnetzar ordonne de dresser sa statue dans la plaine de l'Euphrate et qu'il exige que ses peuples viennent l'adorer, il donne un exemple qui deviendra plus tard une règle.

Jéroboam fondant ses veaux d'or n'a fait qu'adopter le principe païen, pour s'en faire un rempart contre Jérusalem et sa vérité exclusive. — « Ce vous est trop de peine de monter à Jérusalem, dit- il aux dix tribus. Voici tes dieux, ô Israël, qui t'ont délivré du pays d' Egypte. »

Je m'arrête, de peur de me répéter. A côté des doctrines religieuses ou irréligieuses qui ruinent la liberté morale, nous avons vu le régime des castes peser presque partout sur l'Orient. J'ai montré ce qu'était la caste sacerdotale dans l'Inde, en Perse et en Egypte. J'ai montré aussi l'antique Orient envahi par le monachisme; ceux qui s'imaginent que les peuples chrétiens ont inventé les moines oublient d'ouvrir les vieilles annales des brahmanes ou des disciples de Bouddha.

Enfin, le fait valait la peine d'être signalé, la liberté politique est en blanc dans l'histoire entière de l'Asie. Quel est celui de ces peuples, Hindous, Chinois, Japonais, Persans, Égyptiens, Assyriens ou Syriens, dont le nom rappelle la plus fugitive idée de liberté? Sauf l'exception qu'il faut toujours faire, celle du pays d'Israël, il est rigoureusement vrai que l'Orient a appartenu sans réserve et sans interruption à l'absolutisme.

Et pourtant, l'Asie est un noble pays, et j'aurais bien mal rendu ma pensée si je ne lui avais pas rendu jus-

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