LES DEBUTS DE NOTRE RACE E N ORIENT
Il faut commencer par le commencement. A une époque qui précède l'histoire, j'entrevois, dans le massif central de l'Asie, au sein des contrées dont l'antique Arya, le Hérat d'aujourd'hui, fut la métropole, un peuple qui en a enfanté beaucoup d'autres et qui semble être supérieur sous plusieurs rapports à la plupart de ses enfants. Ce sont les Aryas, ces descendants antiques de Japhet.
J'aime ce début de nos annales. Mes regards se reposent avec plaisir sur la nation primitive et pastorale de laquelle sont sorties presque toutes les nations qui ont fait parler d'elles ici-bas. Quand j'aurai nommé les Indous, les Persans, les Grecs, les Romains, les Slaves, les Germains et les Gaulois, j'aurai, pour
ainsi dire, épuisé la liste des grandes civilisations, de celles qui ont exercé et surtout conservé une puissante influence sur les destinées de notre globe. N'est-il pas remarquable qu'en dehors des tribus dont les ancêtres gardaient leurs troupeaux dans les vallées de Tlndoukoush et sur les bords de l'Oxus, il ne reste aucun peuple qui ait aujourd'hui une forte action ici-bas? Chine, Egypte, Assyrie, Arabie (ia Judée est à part), voilà des noms illustres ; tous appartiennent au passé.
11 y a plus, lorsque, nous plongeant dans ce passé, nous désirons sonder les destinées du monde païen, c'est principalement chez les nations issues des Aryas que nous ramène une telle étude. Sans négliger les documents qui ont une autre origine \ nous ne pouvons le contester cependant, les grandes sources historiques jaillissent chez les Indiens et chez les Grecs.
Enfin, et ceci n'est pas moins frappant, les Aryas, quoiqu'ils habitent l'Asie, ne sont pas plus Asiatiques qu'Européens. Ils sont là, qu'on me passe l'expression, avant l'Asie et avant l'Europe. Ils représentent par conséquent un type unique, le type premier, dont les traits, plus ou moins grossis ou dénaturés, se retrouveront et dans le monde oriental, et dans le monde gréco-romain, et dans le monde celto-germanique.
Par malheur, les Aryas nous sont très-peu connus. La science moderne a fait des prodiges pour pénétrer jusqu'à eux. Elle nous a montré dans les hymnes du Rig-Védaun monument qui remonterait, dit-elle, jusqu'à
1. On comprend pourquoi je laisse à part la Bible, sauf à y revenir.