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CHAPITRE IV

LES GERMAINS ET LES SCANDINAVES

Je devrais peut-être m' arrêter ici. Après les Grecs, les Romains et les Gaulois, qu'avons-nous d'important à découvrir en Europe? N'est-ce point assez d'avoir visité les deux peuples classiques et le plus illustre des peuples barbares?

Eh bien, non; il nous manque quelque chose. Par delà le Rhin, au sein de cette forêt Hercynienne qui va de la Gaule à la Bohême, j'aperçois une nation puissante qui aura son rôle à jouer dans la constitution de notre monde occidental, surtout dans la fondation de nos libertés. Là sont les Barbares, grand mot que j'appliquais à tort aux Gaulois et qu'il faut réserver à la race germanique. Sans les barbares, que seraient devenus les civilisés? Sans l'esprit germain, que serait devenu l'esprit latin? Sans ce jeune sang, que serait devenue l'Europe vieillie?

Ouvrez Tacite *. Je m'inquiète peu de savoir s'il a exagéré, s'il a forcé les couleurs d'un tableau qui devait faire ressortir, par le contraste, les laideurs de la

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