‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 88 sur 196 · LE CLERGÉ ET LE CULTE · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ ET LE CULTE

société religieuse que fondent les apôtres est essentiellement laïque. Elle a sans doute ses fonctionnaires, les anciens 1 et les diacres; mais l'idée de clergé n'apparaît pas. Les anciens et les diacres enseignent, distribuent, président, maintiennent l'ordre; ils ne sont pas des intermédiaires entre le peuple et Dieu , ils ne constituent pas un ordre à part. Toute âme est en relation directe avec le Seigneur, en contact direct avec la vérité; chacun est invité à écouter, à lire, à comprendre, à aimer, à agir ; chacun est responsable ; chacun entre dans cette grande école de liberté qu'on nomme le gouvernement de soi-même.

Que le célibat ecclésiastique n'existât pas alors, il me semble vraiment inutile de le prouver. Les deux épîtres spéciales, celles qui règlent l'organisation, n'envisagent pour les officiers de l'Église d'autre situation que le mariage 2. Je ne dis pas que les célibataires soient exclus, je dis qu'ils ne sont pas prévus, tant le cas était rare et tant on était éloigné de considérer le célibat comme constituant une garantie morale ou un degré supérieur de sainteté.

Nous n'apercevons donc rien dans les Églises apostoliques de ce. qui constitua plus tard et de ce qui avait constitué auparavant chez divers peuples la spécialité cléricale. Tous les chrétiens se trouvent sur le même pied vis-à-vis de Dieu, et en même temps les plus dignes sont appelés à maintenir l'ordre sans lequel il

1. On sait que le Nouveau Testament désigne indifféremment la première classe de fonctionnaires ecclésiastiques par les noms d'anciens ou d'évéques (surveillants). Actes, xx, 17 et 28; I Timothée, m, 1 et 8; Tite, i, 5 et 7, etc.

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