‹ La liberté moraleChapitre 28 sur 122 · LA DURETÉ · texte numérisé non relu

LA DURETÉ

nous sommes chargés non de gémir, mais de travailler. Et il travaille, et il le fait joyeusement, en fils de la maison. Il aime le service de son Père céleste : il se sent chez lui, il obéit à des commandements qui lui sont précieux, il combat sous un drapeau dont il est fier. Aussi n'est-ce pas ici le soldat de rencontre, ramassé par les racoleurs, enrégimenté de force ; c'est le volontaire, champion de la meilleure des causes.

Auprès de Thomme libre représentez-vous maintenantresclave. Enchaîné par ses haines, réduit à leurs voluptés amères et empoisonnées, marchant dans la nuit qu'elles font, il ne peut ni relever la tête vers le ciel, ni respirer à pleine poitrine une bouffée d'air pur. L'oppression des sentiments mauvais est sur lui. La malveillance qui siège en lui attriste tout autour de lui, elle dépeuple son cœur et sa vie. Ce qui réussit le blesse, ce qui grandit lui fait tort, ce qui est heureux l'offense. Sa passion venimeuse rêve je ne sais quel nivellement dans le mal. Et plus il va, remarquez-le, plus ses griefs s'accumulent.- N'a-t^il pas vu ceci dans la version diabolique de l'Évangile : « Vous ne pardonnerez pas vos o&nses à ceux que vous avez offensésl »

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