‹ La liberté moraleChapitre 44 sur 122 · Lisez le Violon de fcûience^ par H. Ghampfleuiy · texte numérisé non relu

Lisez le Violon de fcûience^ par H. Ghampfleuiy

seul. Qu'il me soit permis cependant de signaler eii;11 terminant une des idolâtries qui menacent notre indé- '^ pendance, Tidolâtrie de la liberté. "3

Fait étrange, la liberté nous asservit, lorsqu'elle de-.'' S vient une idole; nous cessons d'être libres, dès qu^. J nous cherchons d'une certaine manière la liberté. Qui j^ n'a rencontré des hommes que préoccupe, que do- J mine, qu'absorbe, on peut le dire, l'idée fixe de leur -i indépendance ? Ils sont toujours en garde et sur la dé- A fensive. Leur chère indépendance ne serait-elle pas j menacée? Cette affection, s'ils s'y livraient, ne les gê-^ j nerait-elle pas? Ce devoir, s'ils l'acceptaient, ne:^ ressemblerait-il pas à un joug? Cette vérité, s'ils y ,^1 croyaient, ne ferait-t-elle pas d'eux ses serviteurs? Ils se . j défient de leurs émotions, de leurs convictions; ils se ■] défient d'eux-mêmes et des autres. Ils ne se consacrent \ à leur patrie que sous toute réserve ; ils n'ouvrent leur cœur à la foi qu'à condition de rester les maîtres. Au -■"■ fond, il n'y a pour eux que leur idole ; leur passion les gouverne ; elle dicte leurs idées et règle souverainement ' leur conduite ; ces idolâtres de la liberté personnelle sont des esclaves.

J'en dirai autant des idolâtres de la liberté politique. 11 est bon certes de l'aimer et je crois que personne ne l'aime plus que moi; mais nous ne sommes plus libres, si notre passion libérale est un fétichisme, si tout autre progrès nous devient indifférent, si tout autre intérêt s'efiace devant celui-là, si tout moyen nous semble bon pour atteindre ce but. Que pensez-vous de la liberté morale des gens qui n*ont plus qu'une pensée, qui la subissent, qui la suivent, qui mettront au besoin sous leurs pieds, la justice et

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