‹ La liberté moraleChapitre 6 sur 122 · LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LA VÉRITÉ

avaient pensé cela. Par malheur , Kant est venu essayer sa fatale distinction, renfermant les règles de la raison dans les limites de la pensée individuelle, et ne rétablissant ensuite à titre de lois suprêmes et absolues que les seules règles du devoir. Depuis Kant, le scepticisme est à Tœuvre.

Restaurons la royauté du vrai auprès de celle du bon; mais écartons ce qu*a souvent eu d'excessif la théorie des idées innées. La conscience et la raison sont des lois et non des recueils; nous possédons la notion innée de devoir et non une nomenclature de devoirs ; nous possédons la notion innée de vérité et non une série de vérités toutes formulées. La règle est en nous, non l'application; ni l'idée du Dieu vivant, par exemple, ni l'idée de l'immortalité personnelle ne sont innées, pas plus qu'elles ne sont universelles.

d^ndifférence. Gomme il peut changer à son gré les lois de la con« science et de la rûson, comme le mensonge n*est préférable à la droiture que parce que Dieu le veut, comme deux et deux feraient cinq s*il le voulait, il en résulte que la vérité et le devoir sont dépourvus de toute valeur propre. Ajoutons cependant que îes Cartésiens ont eu soin de corriger Descartes sur ce poiut-là.

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