CHAPITRE VI
lES SÉDUGTIOIfS DE LA DÉFAITE
Les séductions de là défaite sont la pierre de touche au moyen de laquelle on reconnaît les cœurs chevaleresques, qui mettent de Thonneur dans le devoir et de l'idéal dans la morale. Les indépendants qui ne savent ni transiger ni fléchir, et en qui se réalise cette fenne domination des principes à laquelle les Anglais donnent un nom dont je regrette que nous ne possédions pas l'équivalent, consistency, trouvent un certain charme à accepter la défaite, à opposer le droit au nombre, à résister aux vainqueurs, à remonter les courants.
Il y a là pour eux un charme et un attrait. Oui, les âpres jouissances de Tisolement et du péril les attirent. Volontiers ils se détournent d'un succès et vont à une cause perdue, à une vérité désavouée. Ce sont là de vraies tentations à l'usage des généreux, et je plaindrais ceux qui no les auraient jamais ressenties.
Entendons-nous bien cependant : les généreux deviendraient absurdes s'ils ne pouvaient vivre que dans les oppositions et dans les minorités. Il est une disposition maussade, une passion d'isolement, d'où sort le mauvais individualisme, celui qui dissout et ne fonde