‹ La liberté moraleChapitre 80 sur 122 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

Les dissentiments qui ont été acceptés le jour du mariage se croient souvent le droit d'être tolérés plus tard, et la guerre qu'on leur déclare après coup leur fait Feffet d'une trahison. De là des luttes douloureuses : la foi risque de s'y fatiguer et de s'y amoindrir, lei forces morales risquent de s'y user, au point de ne plus offrjr aucun appui à la liberté.

Qu'il y ait lutte ou compromis, l'unité qu'on n'a pas su vouloir en se mariant tend à se rétablir aux dépens du mariage lui-même. Dès ce moment, quel esclavage ! Les principes qu'on professe, les livres qu'on lit, la société qu'on voit, l'éducation, l'établissement des enfants, tout est matière à querelles ou à concessions. On est tenté, quoi qu'il arrive, de se satisfaire à bon marché : de bons rapports, une tolérance réciproque, des tran- ■Actions où chacun met du sien, n'est-ce pas déjà beaucoup ? N'est-il pas insensé de former des rêves plus ambitieux de bonheur ? C'est avec ce pauvre bagage qu'on s'avance vers les jours diflSciles, vers la maladie, vers la mort, vers l'éternité.

Et l'on aurait pu s'avancer d'un pas si sûr, avec tant de fermeté et de joie! La famille digne de ce nom possède tous les éléments de la véritable indépendance. Là se trouvent des forces pour les faibles, des richesses pour les pauvres, des principes, des avertissements, des secours, de la liberté pour tous : là habite la grande droiture; là, sous le regard de Dieu, sous l'influence des convictions vigoureuses, sous l'action vivifiante du devoir, on s'est mis ensemble à servir la vérité; là ni détours ni compromis ; là les fronts se relèvent, là on se sent en sûreté, là on échappe aux servitudes et aii?

nivellements, là on apprend à ne pas s'inquiéter da nombre et de la force, mais à s'inquiéter du droit. Si Tavenip libéraA de nos sociétés doit être sauvé, comme je Tespère^ il sera sauvé par la famille.

Page 1