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sOTiscriplioi» extorquées qui produise un bien quelconque? Il serait préférable qu'où donnât moins ^ qu'on donnât mieux*
> Mais on ne donnerait pas moins, au- contraire. La joie de la bienfaisance &it sa force et sa grandeur. L'œuvre que nous choisissons est toujours celle que nous accompltssons le plus fidèlement. Sans nous isoler, tant s'en faut, des œuTres conununes dont la nécessité ^ évidente et que nous aimerons davantage quand dks s'imposeront moins, nous abriterons notre participation sous le voile de Tanonyme, évitant avant tout une charité bruyante qui met en oubli le grand précepte : « Que votre main gauche ne sache pas ce ipie fait la droite. »
Ainsi reparaîtra la liberté de celui qui donne ; et du même coup, ceci n'importe pas moins, la liberté de celui qui reçoit. L'aumône joyeuse n'a jamais humilié rindigent. Ce qui rabaisse et ce qui pourrait l'asservir, c'est l'aumône plus ou moins contrainte, celle où le cœur n'editre pour rien et où les mains ne se rencontrent pas.
M. Jules Simon semble n'avoir prévu que celle-là, h»rsqu'il a réclamé la suppression complète de la bienfaisance. Je conçois la préoccupation qui l'a dominé : la fierté du pauvre est un sentiment précieux qu'on ne saurait trop ménager ; elle est une des conditions essentielles de son indépendance. Travailler, ne pas demander, se suffire, s'adresser aux associations mutuelles plutôt qu*à l'aumône, c'est excellent. La charité qui ne respecterait pas ces susceptibilités généreuses, qui détruirait cm a&iblirait ces indépendances, &rait beaucoup plus de mal que de bien.
Mais, tout en maudissant avec M. Jules Simon la charité qui ruine les énergies et qui écrase au lieu de relever, la charité aveugle ou hautaine, celle qui croit que l'argent est tout et qui pense qu'on peut aider les gens sans les aimer ou les aimer sans veiller sur le trésor de leur dignité morah/, je maintiens contre lui que la bienfaisance sera toujours nécessaiFe. Hélas, il ne faut qu'avoir vécu un peu au village ou monté quelquefois les escaliers de Tindigence trois fois indigente des grandes villes, pour ne conserva aucun doute sur ce point. Il est des cas d'exception, maladie, vieillesse, abandon, chômages prolongés, désastres agricoles, famines, où le secours devient une nécessité absolue.
Ne disons pas aumône; disons charité, je le veux bien. Mais avouez du moins que la charité est indispensable, à moins qu'on ne la remplace par le droit au travail, ou par quelque institution de ce calibre. En dehors du socialisme qui établirait l'égalité par la misère universelle, je ne vois que la charité. Elle est, elle sera le doux lien entre les classes; c'est à elle qu'il appartient de fonder la paix sociale, de détruire beaucoup de servitudes et de n'en pas fonder une seule.
Si sa mission est belle, elle n'est point aisée à remplir. Il faut qu'elle aime; il faut qu'elle respecte; il faut qu'elle encourage les eflorts personnels; il faut qu'elle s'adresse aux consciences et aux âmes. Jamais elle ne s'acquittera bien de sa tâche, si elle se borne à donner de l'argent. Elle doit savoir donner et elle doit savoir refuser ; l'un n'est pas moins indispensable que l'autre. Son premier devoir est de se mettre en défense contre cette ignoble exploitation qui s'organise partout, de lettres, de demandes effrontées, de vagabonds allant