‹ La liberté moraleChapitre 93 sur 122 · Intîtuïée îa Mort ch Wallmstem · texte numérisé non relu

Intîtuïée îa Mort ch Wallmstem

mon souvenir. Poussé par son orgueil et aussi par les manœuvres odieuses de Plccolomini, Wallensteîn s'est décidé à trahir Fempereur. En vain Max , le fils de son ennemi, l'amant de sa fille Thécla, le supplie-t-il de placer le devoir avant la fortune, de tomber s'il le faut , de rester digne de lui-même ; en vain ses régiments fidèles viennent-ils l'implorer à leur tour, mettant leur épée à son service, prêts à le suivre partout et malgré tout, pourvu que sa résistance ne soit pas une trahison. Le sort en est jeté. Et il faut voir alors comme les deux victimes du devoir, Max et Thécla, sont broyées dans le sauvage conflit des haines et des ambitions ! Max est là, éperdu de douleur; il ne peut s'arrachei^ de ce lieu où il laissera tout ce qu'il aime; il reste, mais il ne fléchit pas; la main de Thécla qui tremble dans la sienne lui communique à chaque instant le courage du sacrifice. — Cependant un autre acteur, un acteur terrible, une reproduction moderne et bien supérieure du chœur antique, l'armée elle-même va entrer en scène. Les cuirassiers de Pappenheim sont inquiets; ils craignent qu'on ne retienne Max, leur chef; ils viennent le chercher jusque chez Wallenstein. Ils entrent, toujours plus pressés, l'épée nue, et l'on sent 4 à mesure que leur nombre augmente , que la nécessité inexorable entre avec eux. Ces deux mains qui se tiennent, tout un monde de violences va les désunir; on entend presque avant qu'il ait éclaté le mot terrible de Wallenstein : « Séparez-vous! n Scheidet!

Ce mot a tranché comme le glaive. C'en est fait, il faut partir. Sonnez, trompettes de Pappenheim I Assaillez de partout cette passion vouée au malheur 1 Que vos sinistres appels redoublent! L'armée réclame

son jeune commandant ; elle l'aura, sonnez I Oh I que n*est-ce lé signal de la mêlée I Encore, encore I Arrivez encore, entassez-vous, serrez vos rangs; formez peu à peu un poids auquel on ne puisse résister et qui entraine Max dans Tabimel Vous le voulez, le voici. Mais prenez garde, il n'est pas bon d'avoir un désespéré pour chef. Vous l'entendez, c'est lui qui vous le crie : Qui vient avec moi doit être prêt à mourir, » Wer mit mir geht, der sei bereit zu sterben.

Et maintenant, nous savons quels rapports il peut y avoir entre l'émotion littéraire et la liberté. Max et Thécla, ces deux sublimes figures, les plus passionnées, les plus touchantes, les plus vivantes, les plus pures que la poésie humaine ait créées peut-être, nous ont fait ressentir, rien qu'en passant près de nous, quelque chose de ce qui fait l'indépendance morale*

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