‹ La liberté moraleChapitre 96 sur 122 · DANS L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

DANS L'ENSEIGNEMENT

Le lecteur m'accordera que nous sommes ici au cœur de la question de liberté. Si la tradition latine nous fait nombre d'intelligences fourbues et faussées, nombre de caractères dépourvus d'initiative et de vigueur, il est clair que notre indépendance morale courra de grands risques. Avec une conviction déjà ancienne et que les années ont mûrie, je réclame le rajeunissement de nos collèges. — Je voudrais d'abord y détruire les doux monopoles, celui des Latins et celui des anciens, mettant les âmes en relations vivantes et réelles, d'une part avec Athènes , de l'autre avec l'Évangile , avec ce développement historique et littéraire qui procède de lui. Je voudrais aussi renverser ces murs de couvents, ces fenêtres grillées qui s'élèvent entre nos élèves et la vie; je voudrais leur donner des champs, des arbres, des exercices physiques, des bateaux (à l'anglaise), de l'air et de la lumière en abondance.

Au delà du Rhin, les gymnases n'ont point d'internes, et ceux des élèves dont les parents sont absents sont aisément placés dans de bonnes familles. Nulle part le régime de la caserne n'est imposé à l'âge qui demande le plus de tîaresses et de liberté. La caserne combinée avec le latin , voilà un résumé de notre méthode éducative auquel nos descendants refuseront de croire et qui n'explique que trop ce qui nous manque en fait d*initiative individuelle. Quand on a été caserne de si bonne heure, on ne trouve pas trop mauvais d'être enrégimenté plus tard *.

i. Lisez dans un livre charmant qui vient de paraître, charmant et loyal et respirant d'un bout à Pautre Tindépendance morale. Souvenirs d'un ex^fflcier, la description et ce qu'était en 1812 la réclusion des élèves de Saint-Cyr.

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