VIE DE CHANNING
Le nom de Channing commence à se répandre en France, et depuis quelques années le pieux et libéral Américain a conquis chez nous plus d'un lecteur et plus d'un disciple. Aussi accueillera-t-on, je pense, avec faveur le nouvel ouvrage qui vient de paraître sous le titre de Channing, sa vie et sa doctrine \ Dans une préface qui n'a que le défaut d'être trop^ courte, car personne ne pouvait mieux parler de Channing et de son biographe, M. de Rémusat nous apprend que le livre qu'il présente au public a été écrit en français par une dame anglaise qui ne veut ni qu'on la nomme ni qu'on la loue. Qu'une étrangère soit l'auteur de ce travail, oii les pensées les plus sérieuses sont exprimées dans un langage excellent, il eût été diJQScile de le supposer; mais peut-être eût-on reconnu la main d'une femme dans certaines pages où l'on nous fait pénétrer dans l'àme de Channing pour nous en dévoiler toute la tendresse et toute la beauté.
L'auteur, quel qu'il soit, a raison de repousser toute louange littéraire; car la seule gloire qu'il ambitionne, c'est de propager une doctrine vivifiante , s'il a fait un bon livre , c'est en s'oubhant lui-même pour ne songer qu'à son héros. Il admire, il aime Channing, et ne pense qu'à communiquer
' Paris, lR67,in-8.
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aux autres son admiration. C'est ainsi du reste que se font les bons livres; ce sont ceux oii nt)us mettons notre âme; ceux où le public charmé trouve non pas du bel esprit, mais d'énergiques convictions. Cette vie de Clianning est une œuvre pieuse, où l'on n'a pensé qu'à défendre de grandes et saintes idées, c'est cette simplicité même qui en fera le succès.
Je ne crois pas que dans notre siècle il y ait de figure plus aimable ni plus respectable que celle de Channing. Sa vie est tout d'une pièce, c*est ceUe d'un . chrétiei} dont l'esprit est actif, la foi ardente, le eœvff généreux; Channing raisonne sa croyance et fègle sa vie sur ce qu'il croit. Il y a beaucoup de efarélîens aujourd'hui, mais Q y en a peu de cette façon. On est chrétien- à ses heures, à l'église, au seraoton,^ êe qui n'empêche pas qu'en d'autres moments on soit homme du monde, agioteur, ambitieux, égoïste ; Ckaiming est chrétien partout et toujours. Comme* l'Évangile est pour lui la perfection de la raison, c'est de ce divin livre qu'il tire la règle de toute sa vie, c'est là qp'il va chercher la solution de tous les problèmes qui troublent aujourd'hui les États et les sociétés.
Voilà ce qui fait l'originalité et Texcelleiice de ee moraliste excellent. Quand on en veut faire wê théo^ logien, on s'étonne de ne pas trouver cheai lui ees beaux et savants systèmes qui amusent un ^siècle et ne lui apprennent rien ; mais Channing se soucie peu de la théologie; il cache ce qu'il sait avec autant de soin que d'autres l'étaient; suivant sa propre expression, il ne veut être qu'un philanthrope ehrétieit Ce n'est pas une théorie qu'il a trouvée dons IHÊvangile» c'est une vie no^veUe, une tie qui doit régénérer l'homme et la société.
Qu'est-ce qui constitue la vie chrétienne ? C'est la
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réalité de la vie spirituelle, c'est la sainteté de Tifidividu. Ghanning croit sincèrement que notre existence terrestre est une épreuve, et que Jésus-Christ est venu sauver chaque âme en particulier ; ce sont là les deux vérités, les deux maximes qui le guident dans sa conduite et dans ses écrits. C'est avec celte double loi qu'il juge toutes les ^questions morales jf.: pohtiques et qu'il les décide avec une justesse met veilleuse.
Les idées de Channing sont le contre-pied de celles qui régnent aujourd'hui; nous subordonnons volontiers l'individu à l'Église, à la société, à l'État. Tout an contraire, en religion, comme en morale, comme en politique, Channing ramène tout à l'individu et en fait la pierre angulaire de l'édifice. L'Église, l'État, la société sont pour lui des abstractions qui n'ont pas (Teiistence personnelle; leur perfection n'est que celle des individus qui les composent. C'est pour chacun de nous que le monde a été créé, c'est pour chacun de nous que le Christ a apporté l'Évangile. La science suprême, c'est donc de perfectionner l'individu, c'est-à-dire Pâme humaine, et de lui assurer le plein développement de toutes ses facultés.
Si la société la plus parfaite est celle où chaque individu a le plus d'énergie intellectuelle et morale, c'est évidemment c^Ue où règne le plus de liberté. Tout ce qui arrête l'essor de notre âme, tout ce qui affaiblit notre responsabilité, est un mal moral et un danger politique. Voilà ce que Channing a mieux senti et mieux dit que personne ; qu'on lise par exemple cette lettre écrite il y a vingt ans et qui semble datée d'hier ;
« Si je devais décrire en peu de 'mots l'Éiat ou le pays
qui me semble le plus beau, je dirais que c'est celui où la nature humaine a son plus libre et son plus parfait développement. Le pays le plus heureux et le plus grand^ c'est celui dont les institutions et Tesprit permettent à chacun le libre usage de ses forces et de ses affections. Le pays le plus heureux est celui où il y a le plus d'intelligence, le plus de liberté pour la pensée, le plus de dévouement et d'amour, le plus d'imagination et de goût, le plus d'industrie et d'énergie, le plus de vertu privée, le plus de conscience et de piété. Les richesses ne sont estimables que lorsqu'elles représentent un énergique emploi des forces humaines, elles n'ont de prix que lorsqu'elles aident à grandir nos facultés et nos affections. L'homme, l'individu, est le seul titre de gloire d'un pays, et c'est l'amélioration, le développement de l'individu qui est io \ éri table intérêt de TËtat.
« Dire que c'est la vertu qui fait le bonheur d un
peuple n'est point une idée neuve, je le sais; mais le moment approche où l'on sentira cette vérité comme on ne l'a point fait jusqu'ici. Un esprit nouveau s'éveille en Europe; il y a partout un vaste ébranlement, la société demande une aulro ( Tganisation ; des forces morales peuvent seules soutenir les institutions du vieux monde. Les moyens surannés par lesquels on imposait l'ordre, je veux dire la force militaire, les religions d'Ëlat, l'éclat et le faste des cours, ont perdu une bonne part de leur efficacité, et cela non point par des causes temporaires , mais par le progrès même de l'esprit humain, ,. La superstition et l'ignorance ne peuvent plus servir à réprimer les masses. Il faut y substituer une religion plus pure, une moralité plus élevée, sinon, l'avenir du monde est bien sombre. Il est certain que les gouvernements sont af^ faiblis; ils ont perdu la confiance des gouvernés ; le peuple est plus intelligent et plus uni, et à moins que des principes d'ordre ne remplacent la force extérieure, à moins que les gouvernements ne se réforment eux-mêmes en réformant la société, nous pouvons nous croire à la veille de toutes les horreurs d'une époque révolutionnaire.
« Il se peut que ces réflexions soient fondées sur une connaissance imparfaite de l'état du monde ; mais je ne puis douter que nous ne traversions un temps d'épreuve, d'où sor-
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lira avec plus de force cette vérité : que la justice seule fait la stabilité des gouvernements, que la prospérité des peuples a sa source dans ramélioration morale, dans une religion pure et éclairée, et dans un esprit d'amour qui pénètre la nation tout entière et qui embrasse l'humanité ^ »
Le grand mérite de cette biographie de Clianning, c'est qu'elle met en pleine lumière les principes que le moraliste a mieux établis que personne et qu'il a suivis dans leurs applications les plus délicates. Ghanning n'est pas un philosophe de profession, il n'a point construit un système de toutes pièces, ni inventé une langue nouvelle , mais, à la façon de Socrate, il a pris une vérité première, une idée féconde, qui est pour lui la clef de la vie humaine, et qui lui sert à résoudre tous les problèmes sociaux. Cette idée, c'est l'accord, je dirais presque l'identité du christianisme, de la morale et de la politique. Ces trois doctrines ont un même fondement et un même objet; toutes trois supposent que l'homme est un être intelligent, libre, responsable, immortel; toutes trois se proposent ou doivent se proposer l'amélioration, la perfection de l'individu. Quand elles s'éloignent de cette vérité, elles s'égarent et sont un fléau; quand elles s'y tiennent, elles font la grandeur des sociétés.
Bien avant qu'on s'occupât de socialisme en Europe, Channing avait vu poindre à l'horizon cette doctrine funeste, et il avait indiqué le remède. Tout ce qu'on a essayé depuis, il l'avait blâmé comme impuissant. Offrir aux masses le bien-être par des institutions sociales, par de grands travaux, par un violent essor donné aux fabriques, ou bien comprimer
' Channing^ta vieei sa doctrine, p, 274.
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les mauvâléefl pâsdions de la foule pni' uû goirremement fort et pat des baïonnettes , tout cela pour Éîhanlïîiig c*ésf élever une digue que té flot emportera dans uù jôxxv d*ûrage. Son système à lui, c'est de s'adresser à l'individu, c'est de lui apprendre à se çpnnçdt|*e et à se respecter, c'est de l'amener à ^lancEeç ^an'iTEvairigile cette soif qui le dévore, et due Içs' jgruissances matérielles ne feront jamais
?Û*trntçr? O^est pâi* l*éducation qu'il veut sauver àyenir. « J^suis unuiveleut, disait-il, maisjevoui ârais accomplir mi mission en élevant ceux qui ft sont au dernier rang^ en tirant les classes laboft'néqsé^^e' leur abaissement. Toutes les institutions « sociales sont défectueuses, quand elles lie tendent ((pas à élever les dernières classes au nivéan des a classes supérieures par l'intelligenpe et le âeîitin méni. ^
Céftè élévation personnelle' que Chahuîng a recommandée au pipuple dans d'admirables discours, ff sèntâî.t qu'elle n'était possible que par lé libre etfort c(e rindividù, C'est dé Phomme qu'il attendait tgut; aussi personne n'î^-t-il combattu avéo plus d'éfoquèncé ï'iiérésîe' dès temps modernes, cette toùtepuî^sahcé dé TÉtat, qui substitue lé mécanisme de l'administration à l'énergie individuelle. Channiug a mis le doigt sur l'erreur, en nous montrant comnxent, dans ce retom* aux idées païennes, nous confondons deux forces distinctes : l'État et la société. Sans doute il y a dans le monde beaucoup dé mal qui peut être guéri, beaucoup de bien qui peut être fait par une action comiiiune, mais cette action appartient à la société, et non point à l'État. C'est à l'association, c'est à l'union volontaire d'individus amples d'^ même esprit, qu'il faut dem^mdef le d^
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TbtiètfteHt et lô sacrifice; ce n'eét point & TÉtat, qui n^a d'atitfc fnlssiori que de faire régner la justice, et qui ne peut favoriser un intérêt sans en blesser mille autres. Le secours qull donne, c'est aux citoyens qu'il l'emprunte ; comment sait-il si celui qui paye mérite moins de ménagements que celui qui reçoit? La charité privée est féconde, parce qu'elle est libre et Volontaire; celle de l'État est presque toujours stérile; et c'est son moindre défaut.
C'est ainsi qu'en ramenant tout à l'individu et à la Inerte, Ghanning résout, en se jouant, les problèmes lés plus délicats. Le meilleur système pénitentiaire, le Seul digne de ce nom, c'est celui qui améliore le coupable et lui rend l'espoir de se régénérer; l'association la plus respectable, c'est celle qui, faisant la plus grande part à l'action individuelle, évite le mieux la double tyrannie de la passion et de la foule. Que de gros volumes sur l'éducation en disent moins que ces aimples paroles , qu'on croirait sorties de la bouche de Pénelon ; a Honorez l'enfant I Saluez son entrée « dans le monde avec le sentiment de sa mystérieuse « gratideur, avec le sentiment qu'une existence im- « n^ortelle est commencée, que Dieu [vient d'allumer (( une flamme qui ne s'éteindra jamais. Honorons «l'enfant; c'est sur ce principe que repose toute « bonne éducation. Jamais nous ne saurons élever « l'enfant, jusqu'à ce que nous l'ayons pris dans nos « bras, comme fit Jésus, et que nous ayons setiti ) « profondément que le royaume du ciel est composé « de ceux qui ressemblent à ces petits. Dans cette (( courte sentence Jésus nous donne l'esprit de la vé- « ritable éducation, c'est faute de le comprendre, (( qu'on seconde si mal l'élément immortel, qui est \\ dftW3 Vàme dç rejrfwt^ >^ Partput le respect del'in-
dividu, partout Tidée chrétienne; c'est la maxime constante de Ghannîng; il en fait l'application à toutes choses, fût-ce aux plus petites, et c'est avec la grâce d'un saint qu'il donnera tout un code pour la toilette des femmes.
* « Quant à la toilette, écrit-il, évitez tout ce qui est singu« lier. Gardez-vous de la vanité, qui se cache tout autant sous le mépris des usages établis que sous le culte de la mode. Ne vous habillez jamais pour être remarqué. En même temps il est bien de faire entrer le. bon goût dans nos vêtements aussi bien que dans nos manières ou dans l'arrangement de notre maison. La toilette convenable est celle qui est Texpression d'une beauté et d'une dignité intérieures; mais c'est à un autre siècle qu'il appartient de faire cette découverte. Cette lettre me fait sourire. Moi, devenu un professeur de grâces, cela me semble un peu déplacé.' On me dir^ : Médecin, guéristoi toi-même. »
Cette doctrine, si bien liée dans toutes ses parties, GhanningTa professée durant quarante ans, et, mieux encore, il l'a pratiquée toute sa vie. Rien n'est plus commun que d'énoncer en langage magnifique des principes excellents qu'on garde pour les autres. On fait des maximes comme La Rochefoucauld pour mépriser les hommes à son aise, et passer sa mauvaise humeur sur la société. Cette vertu, toute en parole, n'est qu'un égoisme raffiné. Channing, au contraire, a vécu comme il a écrit, non point par l'effet naturel d'un caractère doux et facile, mais par l'effort énergique d'une volonté chrétienne. Cet homme délicat, frêle, toujours malade, porté par sa nature même au mysticisme et à la rêverie, cet homme a lutté sans cesse contre lui-même, contre les vices et les erreurs de son temps. Son bien-être, sa repu-
lation, sa vie même, il a tout risque pour défendre, chaque jour, le pauvre, l'ouvrier, Tesclave; il a cent fois bravé le dédain des riches et des sages pour maintenir hardiment les droits de la liberté en politique, comme en religion. Dans ses nombreux écrits, il n'y a pas une attaque personnelle; on voit que son cœur est sans fiel, mais il défend la vérité avec le zèle et l'ardeur d'un apôtre. D'où lui vient cette force qui triomphe ainsi des faiblesses du corps et des défaillances de l'àme? Elle lui vient de l'Évangile. C'est en Dieu qu'il aime la liberté, c'est en Dieu qu'il aime les hommes ; toute sa vie n'est qu'un cri d'amour et de reconnaissance pour le Christ, qui a affranchi l'humanité en révélant aux rois, aux peuples, à chacun de nous, quelle est la grandeur d'une âme immortelle, et à quel respect elle a droit.
Je ne puis entrer dans le détail de cette vie si sainte , je veux laisser au lecteur le plaisir de lire une biographie si bien faite, mais j'en détacherai un dernier passage. C'est à la souffrance qu'on reconnaît le chrétien. Contre des coups qui nous abattent, nous n'avons en nous-mêmes d'autre force qu'une résignation stoïque ; comme l'homme de Pascal, nous nous sentons plus grand que le monde qui nous écrase. Mais, s'il y a quelque grandeur dans cet orgueil, qu'il y a peu de consolation pour notre incurable misère ! Le chrétien va plus loin : Channing reconnaît un bien dans ce qu'il nomme la discipline de la douleur, ce bien, c'est de faire entrer la religion dans notre cœur, de changer le simple assenfiment de notre intelligence en une foi vivante, de transformer le vague d'une autre vie en une réalité qui saisit notre âme, de nous mettre en communion directe avec Dieu. Ce ne sont pas là pour Channing
tSSO LA LpBftTÉ »I1CIÈUSB.
d^ graHd»fl Méas qu'il enseigine en ses heureux jours, ie'est ^ q^'ii Bent «a moment de l'épreuve h plus eni#U6| c'e«t ca qu'il répète but le tombeau de son eoffint. Pour hii, la mort est la porte de la yieéteriielie^ et e'est dans les mains du meilleur des pères qu'il remet avec confiance le trésor qu'il a perdu.
K Jlon doux» moB aimable enfant, écrit-il dans son journal, Je ne reverrai donc plus ce sourire, qui pour sa mère et pour moi était comme un rayon du ciel ! Et quand nous rentrerons dans notre demeure, nous le chercherons en vain. Ohl quel Vide dans le cœur d'un père que la perte d*un enfant I
ti Mais ne peasei pas, écrit^il à une amie, ne pense^pas, «aalgré tout de que je dis, que Je sois en dangjor d'être abattu. Je souffre, mais je n'a| jamais oublié que mon fils appartenait i un pèrci meilleur que moi et qu'il était destiné à un monde meilleur. Je sais qu'il est entre les mains de Dieu dans la mort comme dans la vie; Je ne puis croire que le progrès d^iHie Ame immortelle soit limité à cette terre. Non, la mort né rempt pas les lient qui uaîBsent le père et l'eofant» Quand je:sppge â mon e&fanti à sa beauté, à sa douceur, à la tendresse qu*il éveillait en nous, à râxôeque Dieu lui avait donnée et qui commençait à s^ouvrîr, Je n^ puis douter que Dieu ne l'ait en sa garde. »
. Qu'ajouter à ces belles pages où l'espoir du chrétîeii éj^ret sans l'affaiblir, la douleur du père? Toute la vie de Ctannîng est pleine de ces grands exemples, et je ne puis mieux finir qu'avec les nobles paroles de son biographe :
^ Jjiisqu'à llieure suprême cet homme de bien ff fut jeune de cœur, jeune d'enthqùsiasme , jeune «de foi et d'espérance. Il nous a légué plus que « ses écrits, plus encore que son souvenir; il nous « a lé^Vté ls| noble et douce assurance qu'une vie « consacrée tout entière à Dieu et à la vérité, qu'une
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« vie passée dans le dévouement aux grandes et a belles choses, dans le culte de la pureté intérieure <( et dans Tamour de nos semblables, conserve à Tàmc <c une jeunesse et une beauté étemelles. Admirable « et consolant spectacle, qui, dès ici-bas, nous donne « et la conscience du rôle que Dieu nous assigne , et m le sentiment do notre immortalité. »
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