BUNSEN ET SAINT HIPPOLTTB. Î
du christianisme ; si les martyrs en sont un peu abaissés, la religion en sera d'autant plus relevée. Quelle force était-ce donc qui élevait au-dessus d'eux-mêmes des hommes si semblables à nous, et qui cependant allaient d'un pas si ferme à la mort?
Cette force que nous admirons aujourd'hui sans oser nous y livrer, ce n'était pas une vaine superstition, un fol enthousiasme, c'était l'amour de la vérité ; non pas de cette vérité creuse qui n'est qu'un vain amusement de l'esprit, mais de cette vérité qui est Dieu même, et qui, une fois connue, est la loi du «œur et de la vie. « Dieu, dit une belle prière que la tradition attribue à celui,que l'Orient ému surnommait la Bouche-d'Or, Dieu bon, Dieu ami des hommes, donne-nous la connaissance de la vérité dans ce monde, et la vie éternelle dans l'autre I » C'est là toute la pensée des premiers chrétiens. ChercherJa vérité, être Ubre pour la poursuivre et pour la pratiquer, c'était tout leur désir et le seul but de leur vie. C'est pour cela qu'ils se sacrifiaient sans hésiter, au grand étonnement des proconsuls , gens d'expérience, qui ne comprenaient pas qu'on aimât mieux mourir pour une idée que de s'incliner devant le génie de l'empereur en lui brûlant un grain d'encens. Pensez à vous, c'est la première parole que le juge adressait aux martyrs : consule tibi. Ils n'ont pas suivi ce conseil qui leur assurait une vie paisible et honorée, à la condition d'étouffer leur conscience; ils sont morts en défendant contre les rois et les princes la liberté de croire, de penser et d'agir, n'entendant céder qu'à Dieu, parce qu'ils ne relevaient que de lui seul. C'est ainsi que ces insensés, ces gens sans prudence et sans calcul ont renversé l'ancien monde et fondé la société moderne, en lui donnant pour base le res-
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pppt de rindÎYÎdu, la justice, la liberté, Faraoa? des f hommes : noble héritage qui ne nous appartient qu'à condition de le défendre avec autant de courage qu'on en a mis pour nous le conquérir! Comprend-on maintenant quelle est, au milieu de leurs faiblesses et de leurs passions, la grandeur véritable des martyrs, et leur exemple n'est-il pas de ceux qu'aujourd'hui même, malgré toutes les lumières du siècle, il est bon 4'étudier avec respect, ne f&t-ce que pour demander à ces grands cœurs ce qui nous manque : le secret d'une foi que rien n'ébranle, et d'une cobstance (jue rien n'abçitt
Déeambre ISit.