‹ La liberté religieuse: 3:e édChapitre 31 sur 31 · M. BARCHOU DE PENHOEN · texte numérisé non relu

M. BARCHOU DE PENHOEN

BSSAI d'une philosophie DE l'hISTOIRB.

Écrire aujonrdliui une philosophie de l'histoire suppose une foi robuste et un courage peu commun. De la philosophie, le nom même est odieux, quant à Thistoire, qui donc y voit encore une science ? C'est, tout au plus, un drame, qui permet à la curiosité humaine de suivre les jeux de la force et du hasard ; que peut-on tirer de tout cela, sinon les excellentes leçons de Machiavel ? Notre siècle est positif, chacun n'y croit qu'à ce qui lui sert; dès lors, à quoi bon ces chimères qui charmaient Turgot à la veille de 1789, et qui, plus tard, faisaient oublier à Condorcet la proscription et Téchafaud? Ces rêveries stériles n'ont jamais donné ni le pouvoir ni la fortune. C'est ainsi que nous nous trouvons bien sages, parce que nous sommes très-personnels ; nous n'imaginons guère que cette science que nous dédaignons a, depuis longtemps, signalé comme une maladie ces idées dont nous sommes si fiers, et qu'elle en sait la cause, la durée et le déclin. Ce n'est pas chose nouvelle qu'une société assaiUie par les révolutions; quiconque s'est trouvé en mer par un orage, a vu, en une heure et dans un cadre étroit, le tableau que l'histoire nous a tant de fois présenté. Dès que le péril met à nu tous les cœurs, on voit parmi les passagers, comme parmi l'équipage, des gens perdus d'ef-

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froi, qui implorent à genoux Dieu, depuis longtemps négligé, tandis que d'autres s'étourdissent dans i*ne ivresse brutale, et s'oublient eux-mêmes pour oublier le lendemain. Quelques-uns, soutenus par l'orgueil, regardent avec dédain le flot qui menace, et bravent la force aveugle qui les tue; seul, quelque marin éprouvé reste au gouvernail sans se troubler, et, les yeux fixés sur le compas, cherche à maintenir la direction du vaisseau. Lui aussi n'ignore pas que sa vie est dans la main d'un maître, et c'est pour cela qu'il lutte avec courage contre le vent et la mer, sûr, non pas de son salut, mais de la voie, remplissant son devoir, et du reste, laissant faire à Dieu.

Ce pilote est l'image de l'homme, à qui l'étude aurait révélé les secrets de l'histoire. Au milieu des terribles épreuves d'une révolution, le philosophe marcherait résolument devant lui, sans s'effrayer du triste spectacle qui l'environne. Seul debout au milieu de l'abattement et de Tivresse de la foule, il serait plein d'espoir et de force, attendant que la nue déchirée laisse enfin revoir le ciel, et que les lois étemelles qui gouvernent l'humanité éclatent à tous les yeux.

La comparaison serait bonne, pensera-t-on, s'il en était de l'humanité comme de la nature, si des lois fatales enfermaient l'une et l'autre dans un cercle immuable; autrement ce prétendu sage n'est qu'un fou d'une espèce particulière ; il ferait mieux de répéter le cri de la multitude, et d'adorer l'écho comme le conseillaient les anciens, qui avaient autant que nous l'habitude des révolutions. Le marin connaît le point d'arrivée comme le point de départ ; le nord ne change pas, et il n'y a pas de tempête étemelle; mais l'humanité, d'où vient-elle? où va-t-elle? N'est-

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elle pas battue de tous les vents, emportée par toutes les doctrines î La folie d'hier répond-elle de la sagesse de demain plutôt que d'une folie nouvelle et contraire? Qu'est-ce d'ailleurs que l'humanité? une abstraction, un mot. U n'y a ici-bas que des hommes, l'individu seul a, une fin. Chacun de nous yieii^t à son tour jouer sur la scène du monde non pas un (Ole, mais une pièce tout entière dont il est le seiil actemr; quand l'épreuve est faite^^ tout est terminé. Réduire i des lois constantes, à yn développement régulier l'infinie variété des idées, des passions, des erreurs humaines , c'est un nouveau rêve de cetto science des chimères qu'on nomine la philoçpphiç^

Malgré l'autorité de ses défenseurs, cette opinion m'a toujours paru médiocren^ent juste. Elle a deux grands défauts : elle donne un démenti à l'histoire, et elle amoindrit la Providence* Elle ^'est pas philosophique sans doute, mais elle est encore moins religieuse ; ce n'est point là le cachet de la vérité.

Et d'abord, cette opinion est aussi contraire à la raison qu'à l'expérience; il est vi3ible que Dieu a créé l'homme intelligent et sociable; or l'éducation, le développement de l'espèce, est pour des êtres intelligents la conséquence forcée de la vie en commun. La suite des hommes, a dit Pascal (et l'humanité n'est pas çii^tre chose), peui être considérée comme un même homme qui qpjprendrait toujours. Nous ne prenons pas le fianxbeau dans la ms^ de nos pères pour le remettre à nos enfants; chaque âge aUume une torche nouvelle à la flamme durable du pc^ss^, et s'ayanoe en jetant sur la natnre une clarté plus vive et qui porte plus loin. Dans la vie matérielle, nous sommes i;içhes de toutes^ les intentions , de tqns le^ çapi« taux accumulés par nos ancêtres ; nous travaîl|ûxis

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^ aVeè la fôWe diè TÎngt générations; îl en ^t dft même dans la vie itttellectucUe. Là aussi notï^ trésor se composa éte touteîs les Vérités j de toutes les leçoils que nous oht léguées les siècles. Moïse, Platon^ Aristole, léS Pèi^ de TÉglisè, Galilée, Déscartes, Newion ont pensé pour iiousj leurs idées sont notre héritage, et ijùand nous Tatirons atigm^nté^ il se^ eeluî de iiois nereûx.

n est donè évident ijuts t)ia(}tie génération nott«>

-yellts é uhe vie plus intense, ciar aux conqiiétes et aux idées dé ses pères elle joint son trafail et ses idées. Ainsi du iiôtê de la force et de Hntelligence, il j^ a progrès. Est-il vrai que Fesprit s'élève sans que le cœur y gagàe? C'est nne allégation qu'on répète si souvent qu*on oublie de la prouvée. Cependant toutes les facultés de l'homme sont solidaires, et il est difficile de mieux èoimaître le bon, le beati, le vrai sans led aimei^ davantage. 11 6st possible «}ue l'individu ne soit pas meilleur moralement, parce qu'avec plus de lumières il a des devoirs plus impérieux à remplir; mais l'humanité vaut mieux, Car son idéal s'est élevé. Peut-on, par exemple, comparer notre société, qtiî veut réduire le prolétariat, à celles qui oïit VéCtl àe l'esclavage ou du servage, et sans aller si loin, pense-t-on que notre siècle accepterait les désordres doût ne s^effrayait pas la cour polie du jgrand rôiî

Ce mouvement des esprits est-il uniforme? Non sans doute, il s'en faut qu*on aille du môme pas. Il y a encore des barbares dans les bas-fonds de la société, et tous les jours nous Voyotis d'honnêtes jfçens qui en sont restés au moyen âge* La civilisation a ses traînards comme les armées, ce qui n*empôclic point qu'elle avance. Et, chose rtniarquablc, il en

est des nations comme des bommes : chaque peuple a son caractère individuel et sa marche particulière. Son caractère? il suffit d'ouvrir César pour voir qu'il nous reste encore du fonds gaulois; sa marche? quel est le peuple de l'antiquité dont nous ne puissions suivre la jeunesse, l'Âge mûr ou la décrépitude? La Chine ne nous montre-t-elle pas une nation qui se meurt de vieillesse, tandis que les États-Unis nous donnent le spectacle d'une vie exubérante, et qui déborde sur le nouveau continent? L'Europe, qui sô sent jeune en face de l'Asie^ se trouve vieille quand elle regarde l'Amérique, l'Australie est encore au bei*ceau.

SI la vie est partout, quoiqu'à des degrés divers, si les peuples ont une existence comme les individus, n'est*ii pas permis de se figurer l'ensemble des nations, ou l'humanité, comme un être moral et libre dont on peut étudier et suivre le développement? N'est-il pas chaque jour plus visible qu'il y a un courant qui emporte toutes les nations ? Les unes . échouent à la rive, pendant que les autres s'en détachent et prennent la tête du mouvement; mais le flot avance toujours , et U semble, qu'un doigt divin lui creuse le lit qui le porte vers un océan in« connu.

Demandons-nous maintenant si ces idées qui ont fait la joie de grands esprits sont ou non religieuses. Est-ce offenser Dieu que de supposer que la création de l'homme n'est pas une œuvre isolée, et par cela même stérile, mais qu'elle est au contraire une part d'un plan divin? La philosophie de l'histoire n'a point d'autre objet que de rechercher ces lois étemelles. L'observation de la nature nous indique dans tous les phénomènes physiques un ordre invariable et néces-

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saire; Tétade des sociétés nous révèle un ordre moral plus admirable encore. A côté du développement physique, qui est la loi, la vie des corps organisés, elle nous appelle à contempler le progrès sans fin qui est la loi des esprits ; elle nous fait suivre la marche constante de l'humanité vers la vérité, la justice, la beauté étemelle, et nous montre ainsi Dieu tirant à lui les hommes et la terre se rapprochant du ciel.

N'est-il pas à craindre qu'on affaiblisse ainsi la liberté et la responsabilité humaines? Non assurément. Il y a une philosophie de l'histoire qui est fataliste, c'est celle qui au lieu de considérer l'hu* manité comme la suite des hommes, en fait une espèce de Léviathan qui absorbe l'individu; mais ce n'est pas la doctrine qui nous relève à nos propres yeux et nous rattache à Dieu, en nous montrant que la liberté entre dans le plan de la création, et qu'il nous est permis de nous associer à l'ordre divin par l'usage régulier de notre volonté. L'homme s agite et Dieu le mène^ a dit Fénelon; mot profond et vrai s'il veut dire que l'individu ne peut point contrarier les desseins de Dieu en abusant de la liberté, et qu'il sert malgré. lui l'ordre du monde par ses malheurs et son expiation; mais parole dangereuse si, en fai« sant l'homme étranger au reste de la création, on ne lui donne d'autre intérêt que le sien, fût-ce un intérêt étemel, car c'est le mener tout droit à un mysticisme stérile ou à un égo'fsme sans limites.

On voit sur quoi repose la philosophie de lliistoira quand on la dégage de formules inutiles. L'homme libre, intelligent, sociable, est par cela même capable d'un développement indéfini, puisque chaque génération profite de l'expérience acquise en y ajoutant ses propres découvertes. Ce développement

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gui est là loi et la vie des esprits» est par cola même Tordre au monde moral i et si la liberté humaine est dans le plan divin, il faut bien qne le progrès y fioit aussi, car èë sOnl dent ohoses inséparables* Mais s'il est possible d*entrevoir cetie ombre de la pensée divine^ n^est-il pas interdit à notre faiblesse de i'élever plus haut; les lois suprêmes qui gouvernent Tbiimanité ne sont-elles piaB le secret de Dieut

Connaître Tordre du monde matériel dans la mesuré de noire intelligence, Dieu nous l'a permis* Tous les jours la science lève nn coin du voile et nous montre dans les corps organisés une suite de transformations régulières, le développement » la vie. Pourquoi ne serait-il pas possible de remarquer dans l'etlstence des peuples des phénomènes analogues et de les ramener aussi à des lois constantes 7 S'il j a une zègle, elle est essentiellement raisonnable; pourquoi notre raison, faite à limage de la raison divine, n'en pourraît-elle rien découvrirT

C^est donc une œuvre sage et pieuse que de rechercher dans l'histoire la loi des événements* Reste à dire maintenant comment on peut étudier la marche de lliumanité, et s'assurer qu'il y a dans les sociétés un progrès, je ne dis pas continu (il faut faire la part des orages), mais régulier. Que faut-il observer, et quelle méthode peut conduire à la vérité?

En ch point la philosophie de l'bistôire n'a pas échappé &la destinée commune. Au lieu d'étudier les faits et de dégager les idées qu'ils couvrent* on a débuté, suivant l'usage, par des systèmes improvisés tout d'une pîècei iBt comme la science est nouvelle, on est a peine sorti des premières illusions. Qu'on ; faôse tourner l'humanité dans un cercle, ainsi que le I veut VicOt ou qu'on place la loi de son développement

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dans les lois de notre esprit, comme le prétend Hegel, c*est toujours là même e^^uf} tt*est l'hôihttle, qui, au lieu d'observer les cbosôs, â'etiferme Btt !ùi-nlême et se prend au mirage de sa pensée.

Cependant, îl faut bien le t'écontialti^, tjtl'il s'agîssë du monde physique ou du nionde des intelligences, il n'y a qu'une seule voie qui n'égâfe pas; c'est celle que Galilée Bi Bacon oiit ouverte. Recueillit* lies phénomènes, les observer dans leur détail et datis leur ensemble, les rapprocher, les classliBéi^j c'est-â-dife les ramener à des lois générales que le temps et l'observation simplifieront de plus en plus, telle est la seule méthode que la raison avoue; tî'est â peu près la seule dont la philosophie de l'histoire n'ait pas encore essayé. Et pourtant, sllest quelque chose qui caractérise notre siècle, et par ^uoi il marquera dans l'histoire, c'est, dans toutes les études, la sincérité de la méthode et rhonnètété dfe la recherche. Des systèmes, depuis longtemps persoUtie li*eh VfeUt plus dans les sciences naturelles i on éothmelice à n'en pas votdoir davantage dans leà recherches qui ont l'homme pour objet. ReUgiori, langage, politique, philosophie de l'histoire, toutes ces études lié doivent plus avoir désormais qu'une même devise i Là mérité pour ta vérité.

Le livre de M, Barchou de Penhôëii î'emplit-ll toutes les conditions que nous venons d'indiquer? Non, pas tout à fait, à ce qu'il me semble; on dirait que Tauteûr a hésité entre une première éducation et la direction naturellement droite de son esprit. Il a vécu trop longtemps avec Ballahche, Herder et Hegel pour ne pas aimer les systèmes et les formules ; mais il a tiré de son propre fonds des observations jllëtes et des vues nouvelles. La pensée fondameiitale est excel-

lente; M. de Penlioën est un spiritualiste qui a reconnu la vraie base de la philosophie de Thistoire, Au dix-huitième siècle, on a bien proclamé la perfectibilité et le progrès humain; mais en n'assignant à l'humanité d'autre but qu'elle-même, on s'est condamné à ne faire qu'une œuvre stérile. La fin de l'humanité ne peut être que celle de l'individu, c'est- - à-dire une fin divine, et, comme l'a dit spirituellement M. Bunsen, il n'y a de philosophie de l'histoire que pour celui qui croit vraiment que c'est Dieu, et non pas le diable, ou son masque le hasard, qui gouverne le monde.

Lintroductîon, qui porte le titre de Dieu et de r Univers y est une étude métaphysique qui montre un esprit rompu aux méditations les plus délicates. L'auteur veut, non pas nous expliquer Dieu et la création, mais nous donner une image affaiblie de ces deux mystères qui nous échappent. C'est en se servant de comparaisons ingénieuses, qu'à l'exemple des Pères de l'Église et de Bossuet, il veut nous faire entrevoir la Trinité et le Verbe divin. J'avoue que ces hardiesses me donnent le vertige ; la tête tourne à ces hauteurs; on ne se sent plus sur le seul terrain ou la science peut se tenir. Toutes ces comparaisons sont impuissantes et me paraissent peu légitimes. Dans les choses où nous pouvons procéder du connu à l'inconnu, la comparaison est un sûr moyen de nous conduire de l'un à l'autre; mais du compréhensible à l'incompréhensible comment jeter un pont sur l'abîme? Quelle est la mesure commune de deux termes incomparables? Ces romans métaphysiques sont-ils innocents? Non, ils enivrent l'esprit, et pour être moins grossier que l'ivresse matérielle, ce n'en est pas moins un excès qui énerve rapidement

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L'homme n'est pas fait pour recréer le monde'par un effort de sa pensée ou un rêve de son imagination; il est fait pour étudier les phénomènes et y rechercher pieusement les vestiges de la pensée divine.

Tu longe sequere et vestigia pronus adorp.

' Je ne suivrai pas non plus Tautenr dans ses h3rpothèses sur la supériorité des premiers hommes et Ténergie des langues primitives ; les idées de M. de Bonald ont fait leur temps; mais je signalerai comme un des bons morceaux du livre le chapitre de la So^ ctété. C'est là que dans un esprit vraiment scientifique, c'est-à-dire en acceptant les faits au lieu de les imaginer, M. de Penhoën prouve contre Rousseau et Gondillac, que la société, le langage, la croyance sont des faits primitifs ; en d'autres termes, que nous ne connaissons l'homme que sociable, parlant et religieux : il y a là des germes que l'humanité peut développer à l'infini, mais qu'elle ne crée pas. Jean- Jacques, se raillant de l'idée bizarre qui fait sortir le langage d'une convention, comme si pour contracter il ne fallait pas d'abord se comprendre, disait ingénieusement : La parole paraît avoir été fort nécessaire à Vimtitution de la parole. Et avec une inconséquence peu philosophique, le même homme faisait sortir la société d'un contrat, comme si des individus qui dé- Ubèrent sur un contrat ne constituaient pas déjà une société, n ne lui est pas venu à l'esprit, comme le remarque finement M. de Penhoën, que la société paraît avoir été fort nécessaire à l'institution de la «ociété.

Après avoir établi ces principes solides, l'auteur

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crayonne A grands traits, tlans ime suite de efopitres bien faits, le inonde primitif, le monde ôHefttàl^ ie monde persan, la Grèce, Rome, le cbrîsllanisme et la barbarie , la féodalité , la renedssancé , les temps modernes, le monde de l'avenir. C'est un cadre immense, et pour traiter an pareil sujet en deux volumes il faut nécessairement se borner à une esquisse rapide, au risque de négliger des traits caractéiisâqties. Mais dent vtdutnes^ è'én e^l asseft pôuV effrayer notre nonchalance, pent^^lre était4 sâ^ de ne pas àfler pttis loiit.

C*e8t un beau Sujet que cfeltiî dû nionde prîmtKf . tt est bon dé ramener la pensée sur ces premières inventions tple Tantiquîté divinisait et d*où est sortie* la Civilisation. Le premier bienfaiteur de ITiumanîtô a été celui qui, à force de soiils et de pattence, a tiré le blé d'une herbe Insignifiante; c*est la première moisson qui, en donnant à lliomme plus que-^sa nourriture journalière, a permis là division dti travail, et remplacé la vie errante et vagabonde par la vie en commun. Tous nos progrès sont venus de cette découverte oubliée comme son inventeur. L*hîs»=toire dô l'Orient est bien touchée ; quand M. de Penhoèn parle de Tlnde, on reconnaît un homme qui a publié èûr ce grand pays un ouvrage estimé. Dans ie rôle i^uli attribue à la Perse, é là Phénicie, A la Grèce, 11 y à des vues fines et nouvelles; mais quand rautetit «'occupe de Rome, la formule repsù^lt, et une tornittle étroite. Rome, suivant M. de Pcnhoên, est fatltê pour ëoûihettre îô monde ; la conquête, c'est là sa vie tJXtérîeure. An dedans elle représente là lutte du patriclat et dis k plèbe, lutte Incessante qtii finit par la victoire de la démocratie. Le pouvoir itnpériat est le symbole et le résumé du triomphe popu-

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laire; la plèba est épidsAe an momeint «taie oA eUe Feznporte.

H est permis de lire antremeitt Hiifllcxire romidpe, et il me semble ^e Tatiteur a eonfonclii deioi elioies : la riraHté des patricien» et cka pléhétena (gA mmplit l^s temps les plus glorieux de la républiques la l^tte de l'extrême richesse et de l^extzème odsèjre» qv^ assombrit les derBie» )oi»f de la liberté^ ci*està<^^ tme époque oh àefn)» loagtemiMi le iiaftrieiiiii*e«îstaît plus. Oe tnt bien la foule qai fit l'empire, citte B'ent pas plutôt la puissame qv'dle abdiqua entre les mains d'an eheft mais eelto ftoale^ eennpoeèe 41tar Sens, d'affranchis, de gladiateumt n^ètaU pdiB(tle peuple qui arait fait la conquête du mandai^ GeliiiÀ4è, les guerres eirilei et le hixe tin^aieni tii^« lu» 'démocratie n^est done point resposaable de l^mplrers et S ne faut pas dire que « GéMf eal Huunsae le plus « complet de l'histoire, qull lénae un monde aneleiQ, a qu'il ouvre un monde ncnrreatt, » eaf TUaléâfe n*admîre que la grandenr morale^ et Céaar n'a »en fondé qutin despotisme éerasasit.

H.' de Penboën ne l'ignore pa»| & a écrit de b^uies pages sur la réTOhttion qui changea le mande, et qui ne fut pas Toeuvre du dictateur* Ce n'est pas Tempire, qui ne fut qu'un cadavre, c^eat le christiasàsHie qui, en renouvelant l'homme inléfienrt * tronsfaisié les sociétés. Cest une remarque profonde de l'aatear, que nos idées politiques ne sont qu'oa reflet de nos eroyances religieuses : les eastes de l'inde ttwnent au ^tte de Brabma^ le despotisine est ttoA dt Coran aussi nécessairement que l'égalité et la liheité ont découlé de l^vangile. Il n^eft àomic pas de religion qui dans ses résultats ait produit de pb» {prands changements que le efaristianiMne; mais il faut dire

aussi qu'il n'en esl pas qui ait été plus pacifique dans ses moyens. Son secret pour réformer les institutions, c'est de changer les idées et le cœur des hommes, vérité qu'ont souvent oubliée ceux qui se sont servis de l'Évangile pour justifier, ce qu'il condamne, les révolutions.

Je ne puis suivre l'auteur dans ses études sur la royauté mérovingienne, qu'il nous montre, suivant la spirituelle expression de Gibbon, a construite par les évoques comme* une ruche par les abeilles; » c'est aussi en passant que je signale l'excellent chapitre où il nous représente Charlemagne rétablissant l'empire d'Occident et essayant de restaurer celte puissante organisation romaine dont le souvenir domina le moyen âge et en inspira toute la politique. La peinture du treizième siècle est faite avec amour, le portrait de saint Louis me semble la meilleure page du livre. M. de Penhoën a bien senti comment à cette grande époque le catholicisme, pénétrant l'homme tout entier, renouvela la poésie, l'art et la science; plus tard il indique aussi, mais avec moins de faveur, comment la réforme a émancipé l'esprit humain plus que ne le voulaient ses auteurs, et comment il est vrai de dire qu'elle a préparé la révolution et le monde moderne. M. de Penhoën ne recule pas davantage devant les questions sociales, qui sont le problème de l'avenir; dans tout ce qu'il dit on reconnaît un homme qui a beaucoup lu, et, ce qui vaut mieux, beaucoup réfléchi. C'est plaisir que de revoir toute l'histoire et d'étudier le présent en al aimable compagnie.

Quelque critique qu'on puisse faire de l'œuvre de M. de Penhoën^ ce n'est pas assurément d'im esprit ordinaire de s'attaquer à un tel sujet, et il est beau

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d'essayer. On se trompe si on ne croit pas à l'utilité de pareilles études; elles sont excellentes par le ton qu'elles donnent à la pensée. S'il est une philosophie qui ramène à des idées graves et reli^euses, c'est la philosophie de l'histoire. A s'étudier lui-même l'homme peut s'éprendre d'une folle vanité; quand il observe les événements et qu'il en cherche la loi, il se sent d'autant plus petit qu'il voit Dieu plus présent et plus grand. Sans doute dans la jeunesse, quand on est tout entier à la cupidité ou à l'ambition, on ne sent pas le besoin de pareilles lectures; mais il n'y a pas que des gens heureux ou qui s'étourdissent; il faut des sigets sérieux pour des cœurs éprouvés. Quand le milieu de la carrière est passé, quand, parvenu au faite qui partage la vie, après un dernier regard jeté sur ces années si vite évanouies, sur tant d'espérances envolées , on descend d'un pas involontaire vers cet horizon qu'on croyait naguère si loin et qui nous touche; quand on entrevoit ce crépuscule qui sans doute est l'aurore d'un monde meilleur, alors on se demande ce qu'on est venu faire ici-bas. Fatigué des doutes et des passions, dégoûté des révolutions qui changent les hommes et laissent d'étemels problèmes, on veut savoir ce que sont ces idées qui ont bercé notre enfance et décidé de notre vie. Le vrai, le beau, le juste,. est-ce un rêve de notre esprit? L'humanité ne poursuit-elle qu'uno. chimère? Heureux alors celui qui, en étudiant renchatnement et la marche des événements humains, reconnaît dans ce^ idées la substance même des choses, la seule chose qui dure quand passent toutes les apparences, Dieu même gouvernant le monde par sa providence étemelle: heureux surtout celui qui peut se dire qu'au milieu de tant de

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MJtUpBses el de fautes II a da mobu ehdrehé H ^fMié |{ fom^ If^^fasyeè^^ s^est aàsôèiè porxt kne h^m»

I ^"^irectio^ Ve^ hauf^ éï (^ll petit s*^Àafid

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