‹ La liberté religieuse: 3:e édChapitre 30 sur 31 · M. Ë. LEGOUVÉ · texte numérisé non relu

M. Ë. LEGOUVÉ

prit. Mais, pour ne parler que de la famille, en sommes-nous encore aux maximes du bonhomme Chrysale; n'y a-t-il de plus docte entretien pour la femme que celui de son ménage? Non, tout a marché depuis Molière; chaque jour une découverte nouvelle remet à Findustrie les soins de la maison. La navette, le fuseau, le rouet, le cuvier, le fourneau ont fait leur temps; aujourd'hui, la femme n'est plus la première servante, mais l'économe du logis; le loisir lui est venu, et avec le loisir la pensée. La question n'est plus d'assoupir son âme, mais de la diriger.

Qui sera le directeur? Est-ce le père, est-ce le mari? Ce dernier,^ qui vient tard, est d'ailleurs un guide peu sûr. Combien d'époux, au lieu d'élever leurs femmes, en font d'abord leurs maîtresses, et bientôt après , leurs servantes , les corrompant par leur amour, autant que par leur dédain. De loin, sans doute, il y a quelque chose de poétique dans l'ignorance naïve d'une jeune femme, qui se livre à son époux comme une autre Psyché, et croit parce qu'elle aime. Mais, quand viennent les épreuves delà vie, où trouvera-t-elle cette force morale, cet appui intérieur que rien ne remplace? I^e là, chez les femmes riches, l'ennui, la vanité, la coquetterie, le goût du luxe et des spectacles, toutes ces maladies d'une âme inoccupée. Nul souci pour la grandeur du nom qu'elles portent; nul soin de leur propre élévation. Esclaves de leur ignorance, elles s'en vengent, comme tous les esclaves, en abaissant le maître à leur niveau, et la première victime de cette mauvaise éducation, ce n'est pas la femme, c'est le mari.

L'État a un intérêt plus grand qu'on n'imagine

dans cette éducation qu'il néglige. Ce n'est pas seu-

. lement pour elles-mêmes qu'on instruit les femmes,

ce sont elles qui élèvent le genre humain. Dans la première eiifance la force de l'exemple est si puissante, la vivacité et la profondeur des impressions sont si grandes, «pie ]e dirai, sans crainte de paradoxe, que notre éducation est faite le jour où iious la commençons. Sans doute, eji entri^nt au collège, nous ne savons ni grec, ni latin, ni histoire» pi géographie, mais notre cœur a déjà reçu des empreintes que rien n'effacera; religion, bonté, courage, colère, envie, ambition, vices et vertus, tout pous a été inspiré par la mère qui a veillé sur potre berceau; elle a une part dans le génie môme, car je ne sais pas un grand homme qui n^ait été gui^é d'abord par une main maternelle. Élever un homme, c'est former un individu, qui ne laisse rien après lui; élever une femme, c'est former les générations à venir. L'éducation des femmes sera donc le souci du législateur, quand on comprendra qu'il y a des problèmes que ne résout point la sagesse du passé*

Que doit-on enseigner aux femmes? Tout, répond M. Legouvé, toutes les sciences, tous les arts, suivant les dispositions particuUères de chaque individu. Ne craignez pas de leur dopneir une ipstruction solide, et faite pour des hommes; de mêpie que deux plantes tirent d'upe même terre des sucs différents, ainsi, dans une même leçon, un jeunehonune et une jeune fille trouveront pour leur esprit une nourriture utile et diverse, chacun, suivant sa nature. Ne craigne? pas que cette éducation ôte aux femmes leur grâce et leur chacme; la connaissance des belles choses n'étouffe point l'àme; ce qu'elle détruit, c'est la sensiblerie des salons. Une femme, qui saura le latin, l'auteur va jusque-là, n'en aimera pas moins son mari : nous^ avons l'exemple d'Hé-

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loise; il est moins dangereux de lire Virgile^ que ces romans maladi&y qui flétrissent le devoir et dégoû** tent de raction«

Aux études qui occupent l'esprit, rauteuf demande qu'on joigiie des pratiques sérieuses, et qui, de bonne heure, habituent 4 se mêler de la yie. Qu'on mène la jeune filïe au lit du pauvre et du malade ; qu'elle s'accoutume & l'aspeet et au tredtement de la misère* Soigner des maux réels, c'est empêcher le cœur dé s'énerver par une vague et Inutile sensibilité. Enfin, le couronnement de cette éducation, ce qui la complète et la garantit, c'est la religion ; mais) en ce point, M. Legouvô glisse trop vite. C'est là que Tinstruction approfondie est surtout nécessaire. Il semblé reçu que, pour les femmes^ la religion est aitioùr^ et rien de plus ; on ne leuif demande qu'une toi îidïVé qui ne i*aisonne pas. Mais cette foi, qui n'eèt fondée que sur des impressions d'enfance, ne tient pas toujours contre l'incrédulité du mari, ou contre le« chagrins de la vie, tandis que des études bieh faites et sagement réglées établiraient eti chaque famille un apostolat irrésistible, et feraient passée aux enfailts, comme la meilleure part de l'héritage, les lumières et la piété de leur mère^

Ce qui, pour M* Legouvé, donne tant de prix à l'éducation, c'est que seule elle assure aux» femmes la vi;^e liberté. Mais cette Ubertéf la raspectons-nOus dans son emploi le plus délicat, le mariage? Trop souvent n'est-ce pas le père qui marie sa fille, sans la consulter, eans éclairer son chois? Qu'est-ce que ce contrat chez nous? Un engagement solennel et réfléchi, ou une affaire, et moins qu'une affaire, un coup de dé ? La peinture qtt'en fait l'auteur est d'une triste vérité.

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« Que dirons-nous de nos usages? A peine l'engagement est-il yris, qu'on se précipite vers la réalisation^ comme si tous Ces gens n'étalent travaillés que d'une crainte, celle de se connaître 1 Dans leur impatience fébrile, qui ressemble à la conscience d'une mauvaise action ignorée, ils se bâtent d'abréger encore les quelques jours que la loi et l'Église ont posés comme intervalle entre les accords et le mariage; trois semaines leur paraissent un trop long espace pour donner à ces deux inconnus* qui ne se quitteront plus, le temps de s'étudier. A force d'argent, on réduit ces trois semaines à quinze jours, ces quinze jours on les réduit à onze. Pendant ces onze jours môme, on mesure les heures d'entretien aux jeunes futurs ; on prend soin surtout qu'ils ne se parlent jamais sans témoins. S'ils allaient se déplaire! si le mariage allait se rompre! car toutes les craintes des parents sont portées sur ce point. Que le mariage soit heureux pour la jeune fille, la question n'est point \à, il faut qu'elle se marie. Quant au jeune homme, son rôle de fiancé se réduit généralement à quelques visites officielles, qu'il maudit justement (car le ridicule s'y trouve joint à l'ennui), à l'envoi quotidien d'un bouquet commandé une fois pour toutes, et qu'il se hâtera de supprimer le lendemain de son mariage; puis les heureis qui lui restent, il les emploie à ranger sa vie et ses tiroirs, à congédier sa maltresse, à brûler les* lettres indiscrètes, et bien assuré désormais de ne plus aimer, il se prépare à son personnage d'époux. »

Quel remède trouver à cet abus si bien signalé 7 M. Legouyé croit qu'on marie trop tôt les femmes. A seize ans, est-on autre chose qu'un enfant? n voudrait reculer le mariage jusque vers vingt-deux an«, âge où le corps et l'esprit ont tout leur développement. C'est un bon conseil, et que l'auteur appuie d'un motif qui n'est pas indigne d'attention. C'est qu'à seize ans on n'aime pas encore, et que le seul fondement légitime d'une union qui dure toute la vie, c'est l'amour. — C'est la raison, disent les gens positifs. — La réponse de l'auteur est catégorique :

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« Poser pour base du mariage la raison seule, c'est y « poser l'adultère. L'homme qui arrive au mariage <( avec une âme refroidie et rassasiée , peut se con- « tenter du commerce de cette paisible déesse, mais (( la jeune fille n'a pas encore aimé, et il faut qu'elle « aime. Et par amour, -nous n'entendons pas cette « affection froide et sans sexe, qui se compose d'un a mélange d'estime, de reconnaissance, de considé- « ration, et de mille autres sentiments inférieurs, « nous entendons l'amour I Qu'il soit honnête, hono^ « rable, solide, mais qu'il soit lui I Lui seul, en effet, « peut soutenir la femme dans cette longue carrière «de devoirs et de douleurs; lui seul, précepteur (( sublime, lui donne la force qui sait souffrir, et la «force qui sait soulager. » poète 1 j'ai peur que vous n'ayez raison contre les sages, mais ils se riront d'un enthousiasme qu'ils ne comprennent point. N'espérez pas les convertir; dans leur prudence et leurs calculs , les enfants du siècle ressemblent toujours un peu à ce prince du monde que sainte Tliérèse trouvait trop puni de son orgueil en le sachant incapable d'aimer I

Après avoir parlé de la fille , M. Legouvé passe à l'épouse; là les difficultés augmentent, car ainsi qu'il le remarque finement, quand on parle d'affranchir les jeunes filles, on a pour alliés tous les pères, quand on'parle d'améliorer le sort des femmes, on a contre soi tous les maris.

Il y a une chose qui nest pas françaisey disait Bona* parte au Conseil d'État, c'est quune femme puisse faire ce qui lui plaît. Le Premier Consul avait raison ; jamais rien de pareil ne s'était vu dans les coutumes de la monarchie, et le Code en ce point, comme en beaucoup d'autres, a consacré la tradition. Suivant nos

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lois, l'épotase est toujours mineure; sa personne et ses biens sont en la garde du mari. Qu'il soit brutal ou incapable, la femme est sans défense^ ce nceud qui rétouffe, elle peut le rompre dans un eas extrême, mais elle ne peut jamais le desserrer^ Le législatenr a voulu que la femme sentit toujours qu'il n'jr a de salut pour elle que dans une soumksion absolue; il a si fortement constitué le mariage que, danë nos mœurs, reurage est à la foie synonyme de deuil et de liberté.

Cette idée d^affranoliissement attachée à la mori du mari n'est-elle pas la condamnation d'une autorité excessive? M. Legouvé l'a em; il écrivait au milieu des illusions républicaines; il voyait tomber atiprès de lui nue souveraineté moins absolue que celle de l'époux ( il entendait proclamer que le pouvoir existe au profit non pas de celui qui l'eteree ^ mais de celui qu'on protège; il a jugé que le despotisme conjugal avait fait son temps i et qu'au fûyer do^ mestique comme dans l'État il n'y avait plus do place pour des magistratures irresponsables. U a donc cherché le moyen de limiter la toute-puissanco du mari.

Pour cela il a songé au conseil de famille; c'est A ce tribunal domestique, déjà chargé des intérêts de l'orphelin, que M. Legouvé remet la cause de la femme; c'est là qu'il place le côhtrôle devant lequel s'inclinera le mari. L'intention est bonne et l'idée ingénieuse, mais je ne crois pas qu'elle résiste à l'application. L'auteur, qui fait de spirituelles comédies, sait quel rôle la belle-mère joue ordinairement sur la scène^ et il a pu voir dans le monde plus d'un ménage brouillé par l'excès même de l'amour et du dévouement maternel. Quahd à la belle*mère

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on aura joint les oncles et les cousins, et qu'à ce con* seil en aura donné une autorité effective sur la personne et les biens du mari» aura*t-onfait autre chose que d'organiser la guerre dans Tintérieur de la famille ? L'union des époux est trop intime pour sup* porter Im secours étranger; une femme» qui aime son mari , souffrira sans se plaindra ^ ou du moins gardera pour elle seule le droit de reproche et de gràee; quant ft celle qui ne roit qu'un ennemi dans son époux, le plus sage est de s'en remettre aux tribunaux. Dans cette communauté de Tie^ dans cette association intime et perpétuelle de deux personnes, il faut, de toute néeessif^, qu'il y en ait une qui commande, et ii n'y a qu'elle ^vle qui doive commander; l'abus possible tient à la nature même du contrat; je ne croîs pas au ménage l*eprésentatif*

Ce n'est pas que M. Legouvé n'ait raison pour le fond des èhoses; les maux qu'il dénonce, chacun les voit; son seul tort est de demander aux institutions ce que les mœurs seuTes peuvent donner^ La loi, les réformateurs l'oublient trop souvent^ la loi n'est pas la morale : c'est un filet à larges mailles, qui n'est bon que pour arrêter le crime et le désordre; elle laisse passer plus d'un abus. Lui demander une action plus énergique, une répression plus é^oite, c'est, du même coup, gêner la liberté^ et souvent faire plus de mal que de bien. Pour punir un mari coupable, c'est mettre en suspicion tous les époux, et jeter un ferment de discorde dans tous les foyers. C'est à l'opinion, c'est à la raison, c'est au zèle des hommes de bien qu'il appartient d'élargir les prérogatives de la femme, et il me semble que le présent répond de l'avenir. Il est plus d'un ménage où M. Legouvé trouvera l'idéal qu'il poursuit. Gràec a Dieu^ il

ne manque pas aujourd'hui de femmes qui soient les vrdes compagnes de leurs époux, mêlées à leurs affaires, à leurs peines, à leurs plaisirs. L'œuvre est en progrès ; il est probable que la loi ne ferait que l'entraver.

Mais ce qui nous semble une vue juste et féconde, c'est de réserver à la femme une part de sa dot, et de lui en laisser l'administration. C'est chose facile avec le développement de la richesse mobilière, et sans grand danger, puisque l'on peut empêcher l'aliénation du capital; ce n'en serait pas moins une mesure d'une grande portée. C'est toujours le pécule qui affranchit l'esclave ; créer à la femme un intérêt personnel dans la maison ;*c'est, avec le sentiment de la responsabilité, lui donner le goût du travail et de l'économie. Il ne s'agit pas de ramener le régime dotal, de séparer les époux par la fortune, et de faire d'un mari pauvre le premier serviteur d'une feiûme riche, mais simplement de garantir à l'épouse une honnête liberté. Cela ne changerait rien dans les bons ménages, et l'on éviterait un scandale criant; on ne verrait plus des maris, qui souvent doivent tout à leurs femmes, leur vendre le pain même de leurs enfants au prix de l'humiliation, et quelquefois de la honte. A-t-on peur que cette part confiée aux femmes ne se dissipe dans leurs mains? Ce serait une crainte chimérique; en fait d'économie, elles en remontrent aux plus habiles. Elles n'ont pas le génie des affaires; elles ont celui de Tordre et de l'épargne. Que de veuves, jetées tout à coup au milieu des embarras d'une succession, ont défendu, comme des gens d'aff^s^ires, leur patrimoine et l'héritage de leurs enfants? Quelle maison de commerce réussit, sans qu'on y signale le concours et l'assiduité d'une femme? Voilà, dira-t-on,

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des détails bien prosaïques chez un homme qui fonde le mariage sur Tamour. Ceux qui font ce reproche n'ont jamais compris la grandeur du mariage. La poésie, elle n'est pas, j'en conviens, dans un comptoir, ni dans des registres, pas plus qu'elle n'est dans une robe de velours, des dentelles et des diamants ; elle est partout où deux cœurs s'entendent et se répondent, et cet accord, il sera toujours plus sûr de le demander à des travaux communs qu'à ces plaisirs du monde, qui fatiguent et qui séparent.

n est encore un bon chapitre, sur lequel je regrette de ne pouvoir insister, c'est celui où M. Legouvé demande un meilleur salaire pour la femme qui vit du travail de ses mains. Si l'insuffisance de l'éducation est le malheur des femmes riches, l'insuffisance du salaire ei^t le fléau des ffiles pauvres; la misère en corrompt plus que la paresse ou la coquetterie. Quel moyen cependant de relever le prix de la journée? Il en est un : c'est d'ouvrir des voies nouvelles à l'industrie féminine, et de renverser ainsi la proportion de l'ofiEre à la demande. H y a une foule de pro» fessions sédentaires, qui ne conviennent pas à la santé de l'homme , et que la femme remplit avec plus de délicatesse et de soin. L'Angleterre confie à des femmes le télégraphe électrique , rAmérique leur donne ses écoles, ne pourrions-nous leur ouvrir quelques-uns de nos magasins? Est-ce la fonction d'un homme que d'auner de la soie ou d'essayer un cachemire? n y a là une réforme qu'il faut demander à l'opinion.

La meilleure page du livre, c'est, pour moi, celle où l'auteur prend en main une cause désespérée, et cependant bien respectable, la cause des vieilles fiUes.« Pauvres femmes, dont l'isolement représente

4i8 tk UBEKTâ HÈUGlEiiiE,

soQTont ime ferta ou nn malhettf, fiôtt» rejèttms sur elles le plus lourd fardeau de la ^e; gouvernanteSy institutrices, dames de ediii][»agnie^ gardés malades, nous les condamnons à une dottieèttcité perpétuelle, et quand elles ont életé les enfant» q*« négligent les mères, nous les i^écompeUftoàn dB leuHi sacrifices par le ridicule. Eh même terni», ^ thOndifi respecte régolsine des tîeux garçohs; ce' ^oht de» convives qu'on recherche partout. D'ojfc vient cette différence? Est-xse donc que, sans lé sa¥crtr^ houe avons de nous-mêmes une si haute estime^ que, chez une femme , nous considérions comme wï crime d'avoir dédaigné, ou de n'avoir pas su mériter siotH amour î

Dans là har£essè avec laquelle 11- aborde tôui II» problèmes, M. Legouvô n*a ^as reculé devaftl la femme citoyenne; en logicien intrépide, il demaMQ pourquoi, dans un pays de suffrage universel, i% vote est interdît aux femmes. H n'a pu trouver tine raison valable pour justifier cette exclusiouj et^ dé fait, dans son système, il n'y en a pas-. Si voter est une fonction publique, une ma^trature qui n'appartient qu'à ceux qui ont tout â la fois intérêt et capacité, il est clair qu'on peut n'y point admettre les femmes; mais si le suffrage est de droit naturel, si chacun a droit de concourir au gouvernement de son pays, au moins par son bulletin, par quel motif écarter les femmes? Comme incapables? Combien de femmes sont plus intelligentes que la moyenne des électeurs ! Comme en puissance de mari? Gela n'est vrai que d'un certain nombre: D'ailleurs, si le vote est de droit naturel, comme là liberté^ comme la propriété, loin d'exclure les fernihéti et les mineurs, il faut, ^ur que leurs droits né soient

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pas sacrifiés ou qu'on les appelle au scrutin, ou tout au moins qu'on les y représente. Ainsi le veut la logique; on y gagnerait aumoins cet avantage de donner au suffrage universel une sincérité qui lui manque, car, jusqu'à présent, c'est encore un monopole. Nos démocrates les plus avancés n'ont imaginé qu'une aristocratie; leur sufilî^age universel met en interdit les deux tiers de la nation. Dans nos lois électo;:ales, nous avons tour à tour donné le pouvoir à la jpropriété» à r^rgexit, au nombre : il ne serait pas mal peut-être de songer à la famille. C'est une combinaison qui aurait, au moins, le mérite de la nouveauté*

n 68t peraiis maintenant de juger un livre où l'auteur, avec une bonne foi parfaite, soulève et résout de ai grave» questions. Avant tout, c^est une bonne aetion« Éerit avec âme, on y sent à chaque page l'accent d'un homme de bien, qui brave les préjugés et combat pour la justice* C'est un bel éloge, je n'en connais ni de plud grand, ni de plus durable. M- Legouvé a eu des triomphes plus brillants; le suceès d'un livre n'est rien auprès de Féclat et du bruit du théâtre, mais peut-être y a-t-il là quelque chose de plus doux que le» applaudissements. H me semble, du moins, que le fils de celui qui a chanté k Mérite deê Femmes, a dû songer plus d'une fois que rien ne vaut ces pages que nous laisson» avec confiance aux mains de nos enfants, moins comme un titre de gloire, que- comme une image de notre âme, ces pages qui, lorsque le temps a fané des œuvres plus célèbres, gardent encore un parfum de bonté, r 'honneur et de vertu*

^pt^O^llÇQ la^é^

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