V. BARCHOU DK PEXHOF.y
d'essayer. On se trompe si on ne croit pas à l'utilité de pareilles études ; elles sont excellentes par le ton qu'elles donnent à la pensée. S'il est une philosophie qui ramène à des idées graves et religieuses, c'est la philosophie de l'histoire. A s'étudier lui-même l'homme peut s'éprendre d'une folle vanité; quand il ohserve les événements et qu'il en cherche la loi, il se sent d'autant plus petit qu'il voit Dieu plus présent et plus grand. Sans doute dans la jeunesse, quand on est tout entier à la cupidité ou à l'amhition, on ne sent pas le besoin de pareilles lectures; mais il n'y a pas que des gens heureux ou qui s'étourdissent; il faut des sujets sérieux pour des cœurs éprouvés. Quand le milieu de la carrière est passé, quand, parvenu au faîte qui partage la vie, après un dernier regard jeté sur ces années si vite évanouies, sur tant d'espérances envolées , on descend d'un pas involontaire vers cet horizon qu'on croyait naguère si loin et qui nous touche; quand on entrevoit ce crépuscule qui sans doute est l'aurore d'un monde meilleur, alors on se demande ce qu'on est venu faire ici-bas. Fatigué des doutes et des passions, dégoûté des révolutions qui changent les hommes et laissent d'éternels problèmes, on veut savoir ce que sont ces idées qui ont bercé notre enfance et décidé de notre vie. Le vrai, le beau, le juste, est-ce un rêve de notre esprit? L'humanité ne poursuit-elle qu'une chimère? Heureux alors celui qui, en étudiant l'enchaînement et la marche des événements humains, reconnaît dans ces idées la substance même des choses, la seule chose qui dure quand passent toutes les apparences , Dieu même gouvernant le monde par sa providence éternelle : heureux surtout celui qui peut se dire qu'au milieu de tant de
faiblesses et de fautes il a du moins cherché la vérité et aimé la justice, qu'il s'est associé pour une heure à la direction d'en haut, et qu'il peut s'abandonner avec confiance à cette main adorable qui ne l'a pas soutenu sur les vagues et guidé au milieu 4^s tQMrni entes pour le briser au port.
Mars 1854.
TABLE DES iMATIERES.
La liberté de conscience (Jules Simon) 4
La liberté religieuse en Allemagne (Stahl et Bunsen). 73
L'Immaculée Conception 150
— Réponse au révérend Père Gagarin. ... 201
Channing et sa doctrine 210
Vie de Channing 241
M. Bunsen et saint Hippolyte 252
M. Renan et les langues sémitiques 27i
Frédéric Creuzer 306
Fabiola 332
Les corporations monastiques au sein du protestantisme (M™* de Gasparin) 352
Louis de Léon , 372
Un bouddhiste 387
Condition morale des femmes (M. Legouvé). . . . 403 Essai d'une philosophie de l'histoire (M. Barchou de
Penhoën) 420