PRÉFACE. XIX
Si rexpérience profitait aux peuples , si le passé pouvait nous instruire, ne serions-nous pas frappés depuis longtemps des leçons que nous ofTre l'histoire. Partout où règne la liberté religieuse les Églises sont puissantes, l'Évangile régit l'opinion et les mœurs. Voyez au contraire où l'on trouve l'ignorance et le fanatisme, et à leur suite le despotisme et le silence, c'est toujours dans les pays qui imposent le dogme comme une loi de l'État. Cette unité prétendue , dont se glorifient l'Espagne et ritalie, c'est la mort ; en Angleterre et aux États- Unis, chacun peut discuter la vérité, et atta<p.ier l*Évangile, c'est là cependant que la foi est \ivante; elle y a plus de soldats que d'ennemis. A Rome on est catholique ou athée, à Londres il y a sans doute des hommes qui ont rompu avec les Églises établies, mais en trouverait-on un seul qui blasphémât le Christ? On oublie toujours que Dieu ne nous demande que notre cœur et notre amour, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus volontaire et de plus personnel ; toute loi qui ordonne une foi officielle trouble donc Tordre divin ; c'est la force qui impose le mensonge ; c'est l'ignorance ou la polilique qui déchire l'Évangile.
On dira peut-être que la liberté religieuse n'intéresse pas seulement l'individu, et que partout où il y a eu des Églises indépendantes, des communautés maîtresses de leur foi et de leur culte, on a vu naître des gouvernements libres, comme en IIol lande, en Angleterre, aux États-Unis. Cela est vrai, c'est une raison de plus pour soutenir la plus sainte des