‹ La liberty et les conservateursChapitre 1 sur 11 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

IMPRIMERIE DK CHARLES SCUILLEft

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LA LIBERTE

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LA LIBERTE

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tout tout et comment lei peoples an

si prêts à croire qu'Ut ne tout ries.

MoMmoinn. (Ftfrkfék)

IftToix est libre comme ne 96e... Et j'aime le UtterlA.

VàTOLtOK IIL {St$ OffmTCt. — JMM ISSi.)

Le 22 novembre 1832» la France proclamait TEmpire.

Le nouveau pouvoir dont nous n'avons, d'ailleurs, en ce moment, nia rechercher ni i apprécier les origines, proclamait les principes de 89, la souverainetA de la nation ; il déchirait qu'il n'entendait suspendre le fonctionnement de quelques-unes de nos libertés qu'au nom d'une nécessité passagère, pour sauvegarder la sécurité publique menacée, protestant de sa ferme volonté de les restituer entières au pays dès que les partis auraient désarmé, dès que la tranquillité serait rétablie.

loo-lii?

C'est dans ces coi)di|io|i9 gup Ip pftcte fut consenti, entre la France Souveraine et le nouvel Empire, dont elle acceptait les services et enregistrait les promesses.

Bientôt la tranquillité fut complète : ni^Ue résistance ne s*était produite ; tous les partis avaient commis des iàutes, ils le sentaient, ils se turent

ti*essQr donné à Tactivité nationale servit de dérivatif. Vivement sollicitée, celle-ci se porta toute entière vers les travaux de la paix ; elle flt de grandes choses : la richesse 9*açcnit?

En même temps notre position grandissait et s*éleva\^ en Europe. /

Tout souriait au nouveau pouyoir,

Prospère à Tintérieur, respectée au-dehors, la France attendait rexécution du pacte, comptant sur le «c couronnement de rédiflce k. Cependant, à mespre que la fortune devint plus avare de ^e^ faveurs, que les « points noirs ? firent ressortir les fautes et les eirreurs, )es iippmdences et les desseins pial conçus» un vague utalaise

saisit les esprits etratteutepul))iquelut plus iuquiète.Stu* diantrétatgénéral desaff^lres, spudsgiitlesprépçcupfitions des esprits, 1« pays constata que I4 sépufité lui piauqufut, et, se rappelant à quel prix il croygit TavQir aç)ietèe,

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se prit à reconnaître que, dans un moment de lassitude, il avait trop légèrement abandonné la défense de ses libertés et qu'on lui faisait trop longtemps attendre la restitution promise.

C'est pourquoi il se réveille aqjonrd'lmi et réclame.

lA Frgpce est dans son droit, puisqu'elle n'avait aliéné sa liber^ que jusqu'an rétablissement de la paix publique, et que la paix règne partout

De cette attitude nouvelle, il serait aussi déraison-^ nable qu'inutile et dangereux de s'effrayer, car la peur est mauvaise conseillère.

Il faut prendre le fait pour ce qu'il est : c'est le réveil de la nation qui rentre dans sa voie, c'est le vieux génie de la France qui se remet en marche; il prétend, d'ailleurs, ne réaliser son dessein que par le simple exercice de ses droits, sans agitation,, sans désordre.

Il était, ce nous semble, facile de le prévoir.

La nation n'avait pas eu le droit d'abdiquer la liberté, et s'était trompée lorsqu'elle avait cru pouvoir acheter la sécurité au prix de cette abdication même provisoire.

La sécurité n*e8t point.seulement la tranquillité de la

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vue ou des intérêts matériels rassurés, elle est, surtout, Tappaisement et le calme développement des intérêts intellectuels et moraux.

C*est en effet la gloire et la force de Tétre humain, de poursuivre d'une âme plus haute le triomphe des aspirations do son intelligence que la satisfaction de ses appétits matériels, appât grossier que lui tendent, quelquefois, ceux qui veulent le corrompre ou le dominer^

La vérité, le beau, le juste l'attirent et le passionnent, élèvent son cœur et ses pensées. Il voudrait voir régner autour de lui quelque chose de Taccord et de Tordre que la Providence a établis dans la nature. Cette recherqhe de ridéal qu*il poursuit comme père de famille et comme citoyen. Ta conduit â Tétude des conditions meilleures de la vie commune, dans TEtat où le sort Ta placé, par conséquent â Tétude du gouvernement même de cet Etat Successivement, — mais après quelles épreuves ! — il a abandonné la théorie de la violence, qui n*a qu*un temps, celle du privilège, qui froissait sa raison et son sens moral, et enfin, au dix-neuvième siècle, il est arrivé â poser les principes de cette constitution nouvelle que tous les peuples acclament â leur tour, qui est devenue la grande charte du monde civilisé :

La souveraineté de la nation, c'est-â-dirc la liberté ;

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car la liberté est la seule garantie de Texercice et de la conservation de la souveraineté.

Elle est le droit de chacun et de tous, du faible comme du fort, du pauvre comme du riche, des minorités qu*eUe défend contre les pressions injustes, comme des majorités qu'elle protège contre elles-mêmes et contre les entraînements du pouvoir. -

La recherche de la sécurité avait ainsi révélé à rhomme le rôle de la liberté ; la sécurité, à son tour, devait donc procéder de celle-ci, et c'est en vain que notre pays Tespérait de l'arbitraire.

L'erreur ne pouvait être étemelle, et, aujourd'hui qu'elle est dissipée, nous nous prenons i nous étonner qu'elle ait pu, un seul instant, être admise ; notre étonnement est celui-là même qu'éprouvait Montesquieu lorsqu'il disait : « Je ne puis comprendre comment les » princes croient si aisément qu'ils sont tout, et comment » les peuples sont si disposés à croire qu'ils ne sont » rien. »

Cependant cette double croyance a encore d'ardents proséljies et, en présence de cette rentrée du pays dani la vie publique, quelques personnes, prises d'une inquiétude sincère, conseillent au pouvoir la rèsistanc^e et s'en

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vont disant : « Serrons les rangs, voici la révolution qui » s'agite. »

Non, la révolntion ne s*agite pas. La France n*en veut point; elle sait trop ce que ces tempêtes coûtent à It prospérité publique, à la liberté I (1)

Elle sait, ainsi que le lui rappelait il y a quelques jours un publiciste célèbre (2), que < la liberté durable n'est » pas la liberté qui déborde le soir d'une révolution et » qu'une réaction emporte ; la liberté durable, c'est la li- 1^ berté acquise^ c*cst la liberté qui, uniquement par son » propre poids, creuse lentement et profondément son » lit »

Aussi, la France n'a4-elle jamais couru les hasards des révolutions que sous la pression d'une nécessité plus forte que sa volonté même, car, ne l'oublions pas, les révolutions sont des effets, non des causes ; c'est pour-

(1) € Les rërolations fkites par les masses ne profitent souvent » qa*aax chefs, parce que le peaple croit, le lendemain de la vie- » tolre, son onvrage achevé, et qn'il est dans son essence de se » r^pQser Ipngtejnps ip (oqs les pÏÏot\9 tpfïi }n\ a faltn- |K>|ir » vaincre. >

(Napoléon III. Se$ Œuvreê. Tome I*)

(S) M.-Emlle de Olraidin.

LA ^^LIBERTE

ET

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