La librairie de Charles d'Orléans
Ce n'est pas sans une excuse valable que l'on peut reprendre l'une des questions traitées par M. Léopold Delisle. Je la dois donc au lecteur, comme je lui dois l'aveu que, malgré d'assez longues recherches, j'ai ajouté peu de chose à la description de la librairie des ducs d'Orléans insérée dans le Cabinet des Manuscrits (t. I, p. 98-121) '.
Mon objet est tout autre. En 1907, j'ai publié une courte notice faisant connaître que le ms. 25458 du fonds français de la Bibliothèque Nationale formait l'exemplaire original des poésies de Charles d'Orléans, revisé par lui et contenant d'assez nombreuses transcriptions de sa main {Le Manuscrit autographe des poésies de Charles d'Orléans, Paris, 1907, in-8 de 92 pp.)-
Il m'était impossible de joindre à cette étude l'histoire et la collation des autres manuscrits justifiant mes conclusions; d'autre part je n'avais pu donner que quelques exemples de l'écriture de Charles d'Orléans. Ce dernier dossier qui, dans son ensemble, aurait dû être mis sous vos yeux, je vous le présente aujourd'hui, incrédule ou candide lecteur.
L'écriture de Charles d'Orléans n'est pas rare. Si nous ne connaissons plus que par d'anciennes descriptions les livres de piété qu'il transcrivit pendant sa captivité en Angleterre, nous possédons encore de grandes lettres autographes, des notes sur des actes transcrits par les clercs de sa chancellerie, les ex-libris qu'il traçait sur les volumes de sa librairie.
Cette dernière recherche m'a entraîné à étudier les volumes qui passèrent entre les mains du poète.
Un album de phototypies est donc tout à la fois le prétexte et l'excuse de ce présent travail : je le livre avec confiance aux méditations de mes confrères en paléographie.