‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 28 sur 224 · Dupont-I-crrier, La captivité de Jean d'Orléans, op. cit · texte numérisé non relu

Dupont-I-crrier, La captivité de Jean d'Orléans, op. cit

Ce sont là des circonstances bien défavorables au développement de la pensée comme à l'accroissement d'une librairie. Charles conserva du moins à son service, après la mort de Louis, M" Nicole Garbet, devenu maître ès-arts ', qui demeura son confesseur ^ ; nous avons lieu de croire que ce religieux resta à Blois, attaché à la chapelle Sainte-Constance : du moins, en 1418, surveillait-il des travaux exécutés aux jardins du château de Blois, proches de cette chapelle K

Le pauvre Charles d'Orléans allait en ce temps de la faillite à la défaite * : il faut donc noter, dans des circonstances aussi critiques, le soin qu'il prit de la librairie paternelle.

Dès l'année 1409, la librairie avait été déménagée de la rue de la Poterne et conduite au château de Blois \

A la mort de sa mère il ne manqua pas de faire prendre les volumes qu'elle possédait, la Bible en français en deux volumes, un Perceval le Galois, les Histoires de Troie, le grand Ovide, Gyron le Courtois, deux Missels, un Bréviaire, les Evangiles, un Ordinaire et les Épîtres ^. Ces volumes étaient estimés 440 livres, somme qui dépassait la prisée de tapis, cependant magnifiques, et celle du linge, qui était abondant ".

Le grand travail de la traduction de la Bible, malgré la pénurie du trésor, fut continué ^ En 141 1, Charles acheva même de payer à Guillaume de Senlis un exemplaire de voyages de Mandeville qu'il avait acquis de son père, Jean de

1. Il prend ce titre dans la quittance du 2 février 1406 (Bibl. Nat., P. Orig., 1277, n»3).

2. Ordonnance du 18 juin 1408 (Bibl. Nat., P. Orig., 1277, n° 5) et quittance du 28 octobre (Jbid., n° 6); Valentine de Milan lui marqua sa confiance et lui continuait la pension de 100 livres « Nous confians à plain des sens et loyaulté suffisant, discrecion et bonne diligence dudit maistre Nicolas qui, depuis le trespassement de feu nostre dit seigneur, a servi nostre dit ainsné filz etencores sert continuellement oudit office. » P. Orig., 1277, n" 4.

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