‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 34 sur 224 · Deux chemises a livres, l'une noire et l'autre de drap · texte numérisé non relu

Deux chemises a livres, l'une noire et l'autre de drap

d'or vermeil ' .

Mieux que tout autre document cette liste de livres nous révèle les idées et les occupations de Charles d'Crléans pendant sa captivité.

Cn remarquera d'abord le grand nombre d'ouvrages pieux, de saintes histoires, de dévotes oraisons qu'il se prit à lire et où, sans doute, il trouvait réconfort et patience, ces Bibles, les Psautiers, les Missels, les Bréviaires, les Vies de Saints, les traités de saint Augustin, les Sommes diverses. C'est un fait que sa captivité lui fit aimer les livres pieux et le rendit volontiers dévot. Il s'intéressait aux Manuels de confession.

I. Revu à Blois le 30 avril 1440 par Pierre Sauvage, garde des sceaux, et Jehan Hardouin, secrétaire.

XxX LA LIËRAIRtÈ

aux traités sur les vices et les vertus, et, solitaire, aux écrits des théologiens qui définissent les désirs de la chair.

Frère Nicolas Bocher, dominicain, son confesseur, prieur du couvent des Frères Prêcheurs à Blois, lui envoya un Confessionah ainsi qu'une Épître sur la patience (ms. lat. 2049). En 1434, frère Thomas, de l'ordre des Mineurs, professeur de Théologie à Londres, lui adressa un traité latin, Vlnslructorium Providi Peregrini. Charles d'Orléans avait communiqué à ce religieux le Testament du Pèlerin de Gerson, ouvrage très en honneur dans la famille d'Orléans, et l'Anglais, son indigne orateur, en fit toute une paraphrase '. Au couvent des Cordeliersde Londres, il emprunta encore un livre d'Oraisons, qu'il oublia de rendre. Elle est l'œuvre, sans doute, d'un religieux de France, rumé par la guerre, cette Deploratio super civitatem et regionem qui, à la façon d'un psaume, narre les désastres du temps-. Enfin parmi les objets de piété dont il forma comme une collection nous remarquerons des chapelets de toutes sortes, des patenôtres comme l'on disait. En 1417, il en achetait de Hans Belyne et des Vittori, orfèvres ' ; dans la liste de 1440 nous trouvons deux layettes de ces patenôtres qui étaient de jais noir ■^.

Nous possédons encore deux des livres de prières qu'il rapporta de sa captivité : l'un (ms. lat. 1201) est surtout formé d'une suite de traités ou d'extraits de saint Bernard, de saint Augustin, de Hugues de Saint-Victor et de Jean de Hoveden. L'autre recueil (ms. lat. 1196), avec une foule de prières pour les saints suivant les circonstances de la vie, renferme certaines oraisons plus personnelles et plus touchantes : nous y rencontrons le sermon de saint Bernard sur nos devoirs envers nos ascendants, la messe que l'on disait en temps de guerre, la prière de Salomon pour ceux qui gouvernent, les prières pour les prisonniers et les navigateurs. Avec quelle ferveur Charles devait les réciter ! Enfin nous y trouvons des

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