‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 67 sur 224 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

Tout en condamnant ces ménestrels, légers compagnons et faiseurs de bourdes, l'austère Philippe de Maizières a cependant loué la coutume de les former en sacrée compagnie à l'honneur de Dieu et de la majesté royale, comme naguère en usa Moïse : « lesquelles grosses troupes tu feras sonner doucement à l'élévation du Saint Sacrement, aux armées, dans toutes les solennités royales; et les trompettes aussi qui seront partout devant le Roi. Et c'est encore une chose convenable que le roi ait des ménestrels de bas instruments pour se récréer et faire bonne digestion après conseils et travaux '. »

Charles ne méprisait ni les trompettes ni les concerts sacrés et, dans sa domesticité, on retrouvera toujours l'organiste- et les chantres ^ : il ne dédaigna qu'avec la vieillesse les concerts de tambourin * qui sonnaient au matin les Mays joyeux :

Quant j'aiouy le tabourin Sonner pour s'en aller au May En mon lit fait n'en ay effrav Ne levé mon chief du coissin En disant : il est trop matin Ung peu je m'en rendormiray... >

De sa vieillesse il dira encore allégoriquement :

Dedens la maison de douleur Ou estoit très piteuse dance, Soussy, Vieillesse et Desplaisance Je vy dancer comme par cueur...

Le Tabourin nommé Maleur Ne jouait point par ordonnance Dedens la maison de douleur.

Puis chantoientchancons de pleur, Sans musicque ne accordance :

D'ennuy, comme ravy en trance, M'endormy lors pour le meilleur Dedens la maison de douleur ''...

Cette image lui est suffisamment chère pour qu'il la reprenne encore une fois :

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