LX LA LIBRAIRIE
Deux manuscrits répondent à ce signalement'. En 1449, nous voyons encore le duc d'Orléans offrir à Madame d'Argueil une copie de ses poésies ^ Entre 1450 et 1453 ^ un Italien, que Charles d'Orléans avait sans doute ramené d'Asti, eut communication du recueil des poésies de sa jeunesse •♦. Rentré chez lui, pour s'entretenir dans la pratique de notre langue, il mit en latin les poésies savoureuses et si pleines d'enseignements de son maître >.
C'est peu de temps après que Charles d'Orléans fit exécuter pour son usage la copie qui forme l'exemplaire original de ses compositions ^ (ms. fr. 25458): les pièces y étaient rangées suivant leur forme, et au-dessus des chansons on avait réservé le parchemin blanc pour y inscrire la musique correspondante. Dans la suite, à différents moments de sa vie,
1. Ms. de l'Arsenal, n" 2070 (Sensuit le livre que fist Mons"' d'Orléans lui estant prisonnier en Angleterre ouquel y a dedans contenu plusieurs belles ballades et rondeaulx (sic) envolez a madame sa femme...) ; Bibl. nat., ms. fr. 19153 (Cy commance le livre que Monseigneur Cliarles duc d'Orléans a faict estant prisonnier en Angleterre) représentant une autre rédaction, indépendante, mais certainement antérieure i 1440. A cette famille se rattachait le ms. conservé au château de Chambéry en 1498 « LJng livre de papier moyen, escriptàla mains en vers, tractant de monseigneur d'Orléans estant en prison en Angleterre » (A Piaget, dans la Romama, 1893, p. 427) et celui qui se trouvait dans la bibliothèque des ducs de Bourgogne aux armes du duc d'Orléans (Barrois, Bibliothèque protypographique, Paris, 1830, n° 1400 et G. Doutrepont. op. cit., p. 379). — Le beau ms. du British Muséum, Reg. 16 Fij. ne contient pas non plus de pièces postérieures à l'année 1441.
2. Bibl. Nat., P. Orig. 12,1, Fricon, n° 6. — Ce curieux document a été découvert par M.-J. de Croy (Un portrait inédit de Charles d'Orléans dans les Mcm. de la Société des Sciences et lettres de Loir-et-Cher, t. XIX). — C'est vraisemblablement un exemplaire de ses poésies qu'il fit copier en 1461 pour Mademoiselle de Roygny (B. N., P. O., 2475, pièces justificatives).